Bonsoir tout le monde !
Désolé pour le retard, j’avais beaucoup à faire aujourd’hui.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 798
Ils arrivèrent en vue des portes.
Mercedes, que Grid trainait par la main, s’arrêta soudainement.
« Attendez une minute ! »
Elle observa les soldats montant la garde à la porte et s’arracha doucement de l’emprise du jeune homme, les joues roses. Elle sentait encore sa chaleur au bout de ses doigts.
« Pourquoi ? Que se passe-t’il ? »
« Où pensez-vous m’emmener ? »
« Hors de l’empire, évidemment. »
« Quoi ?! Je ne peux pas partir ! »
« Comment ça ? » Le forgeron fronça les sourcils. « Ce type du nom de Gyuratan, là ? Il semble occuper une position élevée vu la façon dont il se comportait tout à l’heure, non ? »
Il avait remarqué que personne ne semblait avoir remarqué la véritable identité de Gyuratan. Les démons étaient les ennemis communs de l’humanité, aussi auraient-ils agi s’ils avaient su. C’était de sa faute si Mercedes était dans la panade.
« Il a dit que tu étais un traître. N’es-tu pas en danger, du coup ? Il va te piéger comme il a piégé Piaro par le passé. »
« Mais j’ai l’obligation de révéler à tout le monde l’identité de Gyuratan. »
« Et tu penses que les gens te croiront ? »
La jeune femme lui répondit avec un sourire amer : « Personne ne me croira. Je n’y crois pas moi-même. »
Gyuratan était devenu le 4e Chevalier il y a 15 ans et pendant tout ce temps, il était passé pour un humain parfaitement normal sans que personne, que ce soit Mercedes et ses yeux de lynx, les magiciens et les prêtres célèbres, ne remarque qu’il était un grand démon. Sa capacité à cacher sa véritable nature était extraordinaire ; il avait beau être affaibli, il restait assez puissant pour tourner les humains en ridicule.
« Mais une occasion se présentera à moi si je suis patiente. Je garderai ma position jusqu’à ce que ce jour arrive. C’est mon devoir. »
Maintenant qu’un grand démon non-identifié s’apprêtait à plonger l’empire dans le chaos, la 1ère Chevalière devait l’arrêter. Devant son expression résolue, Grid dit d’un ton incertain : « Mais si Gyuratan dit à l’empereur que nous nous sommes rencontrés aujourd’hui… »
Elle disparaitrait avant que l’occasion qu’elle attendait ne se présente. Malgré tout, la jeune femme lui adressa un sourire plus brillant que le soleil.
Elle peut sourire comme ça ?
Ce n’était pas un sourire qu’on assimilait à la figure d’une noble chevalière. Le jeune homme ne put s’empêcher de rougir en admirant sa beauté.
Mercedes sourit devant sa réaction, évita son regard et s’expliqua : « Je nierai tout en bloc. Tout comme on ne croira pas mes allégations comme quoi Gyuratan est un grand démon, les gens ne croiront pas ses mensonges à mon encontre. Cependant, si je fuis, je n’aurais pas l’occasion de les nier. Par conséquent, je vais rester. »
« Et si Gyuratan t’attaque directement comme aujourd’hui, dans le pire des cas ? Que feras-tu ? Je ne pourrais pas t’aider. »
« Pour qui me prenez-vous ? » Une lueur brilla dans les yeux clairs de la jeune femme. C’était sa fierté de 1ère Chevalière de l’Empire, celle qui avait forcé le forgeron à s’incliner lors de leur première rencontre, qui ressortait. « Ça s’est très mal passé aujourd’hui mais si je dois à nouveau l’affronter plus tard, je pourrais faire de mon mieux. »
Elle n’avait pas enfilé son armure parce qu’elle était normalement en détention à domicile, et elle s’était prise le sort du grand démon parce qu’elle le prenait pour un épéiste. L’agitation et la confusion l’avaient gagnées dans cette situation où elle ne savait pas qui croire et où elle était enfermée chez elle.
Ça allait cependant mieux à présent. Elle savait qui était son ennemie, et à qui elle pouvait se fier.
« Roi Surstuffé. »
« Oui ? »
« Ne vous inquiétez pas. Je vais dissiper les accusations calomnieuses autour de votre cher Piaro, comme je l’ai promis. »
« … D’accord. »
Grid savait à quel point le passé de Piaro lui pesait. Il voulait désespérément le débarrasser de ce poids et l’en libérer. Et de plus…
« Tu dois faire attention à toi. »
Il voulait également Mercedes. Il avait besoin de personnes puissantes et talentueuses, et la jeune femme remplissait ces conditions. Cette déclaration la figea d’ailleurs sur place, et elle finit par demander : « … M’appréciez-vous ? »
C’était une question difficile. Il hocha la tête : « Ce n’est pas seulement que je t’apprécie ; je te veux. J’y pense toutes les nuits. »
Qui au monde ne désirerait pas une noble chevalière comme elle ? Et Grid l’estimait plus que quiconque. Mercedes prit sa déclaration autrement, cependant. Ses oreilles virèrent rouge carmin et elle ne put lui faire face. « Vous êtes trop agressif. Êtes-vous comme ça avec tout le monde ? »
Elle lui demandait en gros s’il était un coureur de jupons, mais notre forgeron ne comprit évidemment pas. « Je n’agis pas ainsi avec tout le monde, non. Je sais que je ne devrais pas le dire, mais je ne peux m’en empêcher. Tu es spéciale. »
Il savait qu’elle était la chevalière de l’empire, mais il voulait qu’elle devienne sienne. Son ardeur fut transmise de façon un peu déformée.
« A-ah bon ? » Balbutia Mercedes, méfiante.
Cet homme n’est pas ordinaire.
Il semblait être un séducteur, le genre de personne à avoir une femme différente chaque jour à son bras. Elle ne le haïssait cependant pas. Il était le bienfaiteur de Piaro et d’Asmophel, et celui qui lui avait donné une chance de laver le déshonneur des anciens Chevaliers Rouges, en plus d’être l’homme qui lui avait sauvé la vie. Il n’avait pas l’air d’être un sale type.
« Je ne vous demanderai pas ce que vous faites à Titan. Je ne douterai pas de mon bienfaiteur mais cela étant, cessez d’ébranler mon cœur, s’il vous plait. Il ne peut rien arriver, de toute façon. »
Comment pourrait-elle épouser le roi d’une autre nation en tant que chevalière de l’empire ? Ce serait abandonner sa patrie, c’était impossible ! Et au moment où elle sourit amèrement… Grid lui saisit un poignet afin de transmettre sa volonté : « Je n’abandonnerai pas. N’avais-tu pas dit en voyant Piaro que tu me revaudrais ça même si tu devais tout donner pour ça ? Ne dois-tu pas tenir ta promesse ? »
« … Donc vous ne voulez pas une petite amie ou une épouse, mais une esclave. »
« Hein ? »
« Vous n’avez aucune délicatesse. »
« … ?? »
C’était quoi ce bordel ? Grid réalisa tout à coup que ses paroles pouvaient être comprises autrement. Il n’avait pas arrangé son cas en touchant les poignets de la demoiselle avec son agilité élevée.
« Vous ne pensez pas aller trop loin dans le harcèlement à me toucher en me couchant d’un regard aussi avide ? C’est ce que vous attendez de moi en récompense pour avoir sauvé ma vie ? »
« … »
Sa récompense pour avoir réussi la quête était d’être pris pour un pervers ? Il devint aussi embarrassé que déçu.
« … J’imagine que je n’ai pas le choix si c’est ce que vous voulez. » Elle leva alors la main vers son cou. Le jeune homme fixa sa clavicule en déglutissant nerveusement. La suite ne se passa pas comme dans son imagination, cela dit. Mercedes détacha le pendentif pendant à son cou et le lui remit. C’était un pendentif fait d’argent blanc avec un motif rose élégant.
« C’est… ? »
« C’est un symbole de ma famille. Utilisez-le si jamais vous vous retrouvez dans une situation délicate dans l’empire. Ça vous aidera. »
Ttiring~
[Vous avez terminé la quête secrète !]
[Votre affinité auprès de Mercedes a augmenté de 50.]
[Vous avez obtenu le Pendentif de la Famille Vaintz.]
[Pendentif de la Famille Vaintz]
[Durabilité : 31/33]
[+100 Charme.]
[+100 Noblesse.]
[Un pendentif transmis à travers la lignée directe de la prestigieuse famille Vaintz de l’Empire Saharien. Vous pouvez vous en servir pour prouver votre identité partout dans l’Empire. Vous avez une grande probabilité d’être traité avec beaucoup de respect.]
[Poids : 5]
[Conditions d’Utilisation : l’héritière de la famille Vaintz ou une personne reconnue par l’héritière.]
« Ne t’est-ce pas précieux ? »
Ce pendentif symbolisait Mercedes, l’héritière de la famille, ou quelqu’un proche d’elle. Il était du coup étrange que le jeune roi le reçoive. La jeune femme secoua la tête devant son inquiétude : « Ça ne représente rien pour moi, roi d’une autre nation. »
Menteuse.
Cet objet était une preuve de statut au sein de l’Empire Saharien. Autrement dit, il lui permettrait de se déplacer à travers l’empire quelle que soit son apparence. Ça allait indubitablement lui être utile.
« En es-tu bien sûre ? Et si j’abusais de ton autorité et te mettais en danger, toi et ta famille ? »
« Votre Majesté, Piaro et Asmophel vous ont choisi, non ? Je ne pense pas que quelqu’un comme vous abuserait de mon pendentif et quand bien-même vous le feriez, ce serait pour une bonne raison. J’accepterai les conséquences de ma décision. »
« … D’accord. Est-ce que ça veut dire que tu tiendras parole ? » Demanda Grid avec un grand sourire.
Il adorait sa franchise. Plus il apprenait à la connaitre, et plus il lui faisait confiance.
Il lui adressa un court adieu : « Merci, et bonne chance. »
Mercedes posa un genou à terre et dit poliment. « Merci Roi Surstuffé, j’apprécie. J’arriverai à mes fins, pour l’empire et pour Piaro. »
Ils pourraient alors se retrouver sans crainte.
***
Mercedes retourna à son manoir où Gyuratan l’attendait.
« Tu n’as pas fui ? Tu es vraiment revenue ? Tu as donc si hâte de mourir ? » Dit-il de son ton habituel comme si rien ne s’était passé il y a quelques heures.
Après avoir confirmé qu’il n’y avait personne alentour, la jeune femme répliqua : « Tu ne t’attendais pas à me revoir ? »
« Eh bien, je ne voulais pas que tu reviennes en fait. »
Serait-elle partie avec Grid que le démon aurait pu l’accuser de toutes sortes de choses auprès de l’empereur. Il aurait pu aussi massacrer sa famille en les faisant passer pour des rebelles. Malheureusement, elle était revenue mais ça n’était pas réellement un problème. Il pourrait la tuer sans problèmes.
« Il est facile d’inventer des crimes de toutes pièces. Il y aurait eu une grosse opposition mais tout s’arrangerait une fois que j’aurais tué tout le monde, comme lorsque j’ai tué la famille de Piaro ! » Dit Gyuratan avec un sourire mauvais. Son ton et son attitude étaient dignes d’un grand démon.
Il avait mentionné Piaro afin de provoquer la jeune femme, qui l’avait évidemment percée à jour.
“Une provocation aussi triviale est indigne d’un grand démon. »
« … »
« Bon, je suis nerveuse et je ne peux pas facilement me contrôler. Si nous nous battons alors que je suis pleinement préparé, vous ne pourrez éviter d’attirer l’attention et votre identité finirait par être révélée. Maintenant, dites-moi : que voulez-vous faire ? »
Gyuratan réalisa quelque chose en la regardant : « Essaies-tu de conclure un accord avec moi ? »
Conclure des accords originellement était une spécialité des grands démons, pas de leurs pactisants. Peu de gens étaient capables de rejeter la tentation d’un grand démon, et la jeune femme le savait.
« Je veux que chacun s’occupe de ses affaires, que tu ne révèles à personne que je suis un grand démon. Mon nom est Astaroth et tant que mon invocateur n’a pas obtenu ce qu’il souhaite, je dois rester incognito. J’utiliserai toutes mes forces pour remplir mon contrat, sache-le. »
« Votre invocateur… ? »
Mercedes avait oublié un détail.
Qui est son invocateur ?
Qui avait invoqué un grand démon dans le palais impérial ? Le grand démon fut satisfait de voir son regard trembler. « Kukukuk ! Tu connais bien mon invocateur, tu sais ? »
« Qui est-ce ? »
« Comment puis-je te le dire ? Je ne peux pas trahir l’accord que j’ai passé avec mon pactisant. Cependant, laisse-moi te donner un indice : ce n’est pas la femme à laquelle tu penses.
Ce n’est pas Marie ?
« Mon pactisant est très proche de l’empereur, comparé à elle. » Dit le démon en souriant d’une oreille à l’autre.
Mercedes pâlit. ‘Proche’ ne désignait pas une proximité physique, mais familiale.
« Ne me dis pas que c’est un des princes ? »
« Je n’en dirais pas plus. Tu as bien compris que mon pactisant va te donner du fil à retordre, par contre qu’en est-il de ton côté ? Non seulement tu n’avais pas la confiance de l’empereur depuis le début, mais tu as aussi rejeté la main tendue par l’impératrice. Tu as ruiné ta relation avec le Duc Limite, qui te faisait confiance, et les chevaliers qui t’admirent ne sont que des moutons. Ils ne peuvent pas t’aider. Tu es toute seule et totalement impuissante, Mercedes. Tu ne peux en rien me menacer. » Murmura-t’il afin de la décourager.
« Malheureusement, je ne peux pas non plus m’attaquer à toi. Je ne peux pas te régler ton compte, donc je vais devoir prendre un grand risque. »
Il avait perdu son atout, son sort d’illusion. De plus, il était affaibli, aussi était-il obligé de reconnaitre la menace que représentait la jeune femme.
« Par conséquent, je te propose de nous surveiller l’un l’autre. Ça n’est pas plus mal pour toi, non ? Tu as besoin de temps pour rassembler assez de forces pour me résister, pas vrai ? »
La tentation d’un grand démon n’était pas aussi douce qu’on le disait…
Je dois gagner la confiance de Sa Majesté de toute urgence.
Mercedes hocha la tête, plongée dans ses pensées, ce qui fit rire Gyuratan.
Un p’tit café pour cette belle lecture ? C’est beaucoup de boulot, et j’apprécie toujours votre soutien =)
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Merci pour le chapitre
merci 🙂