Et voilà le dernier chapitre de la semaine !
Bonne lecture à tous et bon week-end !
Chapitre 968
Aaah… Aaah…
Slurp. Aaaah…
Le visage dégoulinant de Yura irradiait de plaisir. « C’est vraiment… Absolument délicieux. »
Elle aspira la dernière nouille. Elle ignorait que des nouilles instantanées pouvaient être aussi bonnes, ce qui était normal vu qu’elle n’avait jamais eu l’occasion d’en manger. Après les avoir goûtées, elle les trouvait aussi bonnes que les nouilles molles au bouillon froid du chef d’un hôtel 5 étoiles. La saveur légèrement inhabituelle de l’assaisonnement titillait la pointe de sa langue.
« Et en plus, il n’est pas nécessaire de laver les ingrédients, et on peut les cuisiner sur le champ… C’est si simple… »
Impressionnée, la jeune femme s’essuya les lèvres avec sa serviette d’un geste d’une telle élégance qu’elle donnait l’impression d’être dans un restaurant chic français plutôt que dans un hôtel chinois. Grid, lui, consommait ses nouilles comme un pur coréen : le nez dans le bol et en engloutissant le bouillon. « Kyah~ C’est bon. »
Il admirait vraiment le goût des ramyuns qu’il avait cuit. Il avait mis ce qu’il faut d’eau, placé les œufs 1 minute et 45 secondes avant de couper le feu, et les échalotes 8 secondes avant. Il avait atteint la trinité parfaite, et obtenu le goût idéal du ramyun.
Je progresse bien, non ?
Indubitablement. Il était même convaincu de pouvoir vaincre un chef michelin 3 étoiles dans une compétition de préparation de ramyun.
Et si je cuisinais du jjampong (NdT : nouilles épicées aux fruits de mer) une fois de retour en Corée ?
Ne serait-ce pas meilleur encore que le jjampong commandé dans un restaurant chinois ?
Hum…
Auparavant, le jeune homme aurait rechigné à dépenser du temps et de l’énergie à cuisiner mais en voyant, quelqu’un de précieux, manger ce qu’il avait cuisiné (?)… Il se dit que ça ne serait pas mal de s’y mettre à l’avenir.
« Attends un instant. » Yura se saisit d’une nouvelle serviette et essuya la bouche du forgeron, vers qui flotta une odeur fleurie.
« … » Craignant de rougir et incapable de calmer les battements de son cœur, il bondit de son siège. « Yura… ! »
« Oui… ? Oui ! » La demoiselle, surprise par son mouvement soudain, regarda son compagnon cramoisi et le souffle court.
Gulp. Elle déglutit. C’était donc ça l’Effet Ramyun dont elle avait entendu parler lors des discussions amoureuses ? Elle avait attendu ce moment mais n’ayant aucune expérience en amour, elle ne put s’empêcher d’avoir un peu peur. Et au moment où elle tenta de faire un effort de volonté—
« J-je vais aux toilettes. »
« … »
Grid s’en alla précipitamment et se rendit aux toilettes, où il se tint immédiatement devant le miroir. Il craignait d’avoir des bouts de piment entre les dents mais fort heureusement, elles étaient propres et bien alignées. Elles étaient blanches et brillantes.
Il se rinça la bouche et s’examina attentivement dans le miroir. Suis-je beau ?
Il semblait n’y avoir aucune différence entre son reflet et son portait du tableau extrêmement honorable. Il avait traité le tableau comme une photo retouchée tandis que Lauel, les surstuffés, Irène et Lord s’en émerveillaient sans rien y redire.
J’avoue que je pense souvent être plus beau qu’avant.
Il s’exerçait régulièrement depuis quatre ans. Comparé à quand il ne faisait pas de sport, ses traits faciaux s’étaient remplis et il était beau à présent. Le plus grand changement était sa peau lisse, dépourvue d’acné. Il avait transpiré quotidiennement sans sauter un seul jour, et son corps avait excrété tout le sébum superflu. Évidemment, faire du sport ne suffit pas à faire disparaitre l’acné pour tout le monde.
« Hum… » Le jeune homme essaya toutes sortes de poses pour mettre en valeur ses grandes épaules et sa taille.
… J’ai l’air cool. Un grand sourire fleurit sur son visage. Son estime de soi monta en flèche.
« Hum hum. » Il se lava les mains et passa grossièrement ses mains 3-4 fois dans ses cheveux, ce qui lui donna une coiffure merveilleuse digne du doigté des coiffeurs de salon de beauté de beaux quartiers. Tout ça grâce à sa dextérité, qui lui avait également permis de préparer aussi bien le ramyun. À force de travailler sans se reposer dans le jeu, les mouvements délicats de ses doigts s’étaient enracinés dans sa mémoire musculaire… Qu’il parvint à reproduire partiellement dans la réalité.
Youngwoo sortit des toilettes et se rendit dans le salon, où il poussa une exclamation surprise. « Woah… »
Parce que l’image de Yura, baignée par le soleil, était aussi belle qu’un tableau. Il avait beau la connaitre depuis quelques années, il ne pouvait pas s’habituer à sa beauté.
Elle est devenue plus belle encore.
Au fait… Avait-elle changé de tenue ? Il se souvenait qu’elle portait auparavant un pull et un jean, mais à présent elle était vêtue d’une robe. Elle ressemblait à l’héroïne d’un film, et ses longues jambes blanches captivèrent son regard.
« Tu te prépares à sortir ? » Demanda Grid en s’asseyant face à elle.
La demoiselle secoua la tête, rouge comme une pivoine. « Non. »
« Je vois. »
Elle voulait probablement simplement se détendre dans un vêtement confortable. Grid n’y réfléchit pas plus et lui demanda : « Quand retourneras-tu en Corée ? »
« Lorsque tu repartiras. Utilise mon avion. »
« Oh, parfait. Les avions privés sont très confortables. »
« Je te le prêterai quand tu voudras, tu n’auras qu’à me le demander. »
« Vraiment ? »
En fait, il s’était posé la question d’acheter ou non un avion privé. D’un côté il serait mieux d’en avoir un vu la commodité que ça apportait à sa famille, d’un autre côté le modèle qu’il voulait coûtait plus de 100 milliards de won. Il pouvait bien sûr se le permettre s’il le voulait, mais ça lui était mentalement pesant de dépenser une somme pareille d’un coup.
« Merci, dans ce cas. Je n’en aurais pas souvent besoin, mais je te le demanderai si je dois envoyer mes parents à l’étranger. »
Les yeux de Yura s’illuminèrent à la mention de ses parents. « D’accord ! Je m’en occuperai ! »
Grid observa son expression étrangement ambitieuse et aborda prudemment un autre sujet : « Est-ce que ton grand-père t’a appelé ? »
« … Oui, il m’a promis de ne plus aborder le sujet de l’héritage de la compagnie. C’est entièrement grâce à toi. »
Yura avait appris les détails de l’histoire de la bouche de son grand-père et elle fut si reconnaissante et heureuse d’entendre ô combien Youngwoo avait fait d’efforts pour elle qu’elle en a pleuré. Elle lui raconta comment elle voulait exaucer le souhait de son père, et qu’elle voulait le réaliser dans Satisfy.
« Tu as protégé mon rêve, Youngwoo-ssi. Je passerai ma vie à te remercier s’il le faut. »
« Reste simplement à mes côtés, ça me suffira. »
« À tes côtés… »
« Œuvrons ensemble pour développer la Guilde Surstuffé. »
« … »
Comme elle s’y attendait, elle n’allait pas avoir de réponse aujourd’hui. Elle avait beau le savoir, la réponse de Grid la déçut grandement. Cependant, elle ne pouvait pas l’empresser. Elle comprenait pleinement sa situation et s’était jurée d’attendre. Et à ce moment…
« Qui est-ce ? »
La sonnette retentit. Ils n’attendaient aucun invité mais Yura se leva pour répondre, croyant s’être fourvoyée. Retrouver sa liberté après avoir reçu l’autorisation de son grand-père et déclarer son amour à Youngwoo l’avaient lessivées. Au moment où elle se leva, elle eut le tournis et tomba de travers.
Grid se leva précipitamment et l’attrapa. « Est-ce que ça va ? » Ses grandes mains couvraient sa taille et son cou. Le regard de la demoiselle changea. « Youngwoo-ssi… »
Gulp.
Badoum ! Badoum ! Badoum ! Youngwoo sentit son cœur battre la chamade. Il avait l’impression de perdre la tête tant le visage de Yura était proche du sien. Il ne pouvait plus réprimer son désir grandissant ; sa raison disparaissait. L’image d’Irène s’embrouilla une seconde. Il perdit le contrôle, fixa du regard les lèvres de la demoiselle…
« … ?! »
« … ? »
Et c’est alors que la porte d’entrée s’ouvrit. Surpris, les deux jeunes gens se séparèrent aussitôt avant de se tourner vers la porte. Le regard de Grid tomba sur une partie de l’intruse et il la reconnut aussitôt. Il n’avait même pas encore vu son visage. Il confirma tardivement son identité, abasourdi : « Jishuka… ? »
« Bonsoir ? Qu’êtes-vous en train de faire, tous les deux ? »
Le jeune homme tenta de s’expliquer : « Euh… Eh bien… »
Pendant ce temps, Yura —qui haletait encore— demanda en retour : « Au fait, comment es-tu rentrée ici ? »
La brésilienne sourit et sortit quelque chose de sa poche : un couteau.
« … »
« … Euh, ça n’est pas ça. » Elle rangea le coûteau et sortit un passe-partout de son autre poche latérale. « Cet hôtel fait partie d’une chaine hôtelière appartenant à mon père. J’ai utilisé quelques relations. Personne n’ignore mes liens avec Yura : je m’inquiétais pour mon amie que je ne parvenais pas à contacter, alors ils m’ont donné la clef. »
« … »
« Et donc, que faisiez-vous tous les deux ? »
Était-il capable de fusiller quelqu’un du regard ? Face au regard d’oiseau de proie de Jishuka, Grid en devint persuadé. Un silence gênant flotta un moment avant que la brésilienne n’annonce soudainement : « Au fait, je vais emménager en Corée du Sud aujourd’hui. Je dois tenir un rat en respect. »
Jishuka fixa sa rivale comme si elle allait la manger. Une espèce de léopard immatériel apparut derrière elle, mais Yura ne recula pas d’un pouce. Au lieu de ça, elle dit : « Bienvenue en Corée du Sud. J’ai hâte d’être à la Compétition Internationale de l’année prochaine. »
« Tu n’as aucune raison d’avoir hâte. Je participerai aux mêmes épreuves que toi, du coup le total de médailles ne changera pas. »
« Es-tu affectée par tes sentiments ? C’est une attitude peu professionnelle. »
« Peu professionnelle ? Je ne suis pas payée pour jouer à Satisfy. Qui est une professionnelle ? Je fais ce que je veux. »
« C’est une question basique de responsabilité. En tant que représentantes de notre pays, nous devons séparer le privé du public. »
« Tu parles de responsabilités bien que tu ais agis aussi éhontément. »
Les deux femmes se fusillèrent du regard dans une nuée d’étincelles. Grid, coincé au milieu, ne put reprendre ses esprits.
Quand est-ce que leur relation s’est à ce point envenimée ?
***
« Bonjour, ça fait longtemps. »
Une fois la 4e Compétition Internationale terminée, Kraugel alla directement trouver le meilleur lancier au monde, Kirinus, qu’il avait rencontré au cours de sa quête de classe. Le vieil homme, qui coupait du bois, reconnut l’épéiste et lui dit : « Tu deviendras plus rapidement et plus facilement plus fort en suivant l’ombre de Müller plutôt que de suivre ce lent chemin sinueux. »
Kraugel tomba à genoux. « Müller le Saint Épéiste a dit que même-lui s’était fié à la lance quelques fois. »
« Il parait que la meilleure arme est l’épée et non pas la lance. »
« Je veux tout de même apprendre à manier la lance. »
La classe de Saint Épéiste avait été contrée par un seul objet : la Briseuse d’Épée du Dragon Bleu. Kraugel réalisait à présent qu’il n’y avait pas qu’une seule voie. Tout comme Grid utilisait toutes sortes d’armes selon la situation, l’épéiste pensait pouvoir être capable de manier une variété d’armes.
« Tu as finalement compris. Oui, la méthode d’entrainement est différente, mais l’aboutissement est le même. Je vais honorer ta réputation de Saint Épéiste et accepter ta demande. »
[Une quête secrète a été créée !]
Trois ans… C’était une quête qui lui demandait de rester au même endroit trois années durant… Ça signifiait que son niveau allait probablement stagner, mais Kraugel accepta sans la moindre hésitation.
« Merci beaucoup. »
Il ne voulait pas perdre face à son seul rival, Grid. Il voulait maintenir leur relation éternellement en progressant constamment et en démontrant ses techniques.
Un p’tit café pour cette belle lecture ? Je n’ai jamais assez de caféine. JAMAIS.
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