Fuyao – Livre 1 Chapitre 11

Fuyao – Livre 1 Chapitre 10

Hello~ Alors, cette semaine, bien ? Pour la terminer, voici un chapitre de Fuyao ! Et si son nom n’apparaît jamais dans les lignes à suivre… on sait très bien où elle est, n’est-ce pas ? Allez, j’vous laisse découvrir ça, et bon appétit !

Livre 1 – Le vent se lève à Taiyuan
Chapitre 11 – Une fureur orageuse

Il pleuvait à verse.

Cette averse nocturne tombait de façon soudaine et intense, comme si les cieux déversaient un océan sur la terre. L’eau frappait le sol bruyamment et en un rien de temps, des centaines et des centaines de filets d’eau ruisselaient au sol.

Pei Yuan quitta la salle de réception avec un parapluie en papier huilé. Avec l’aide d’une servante, elle pataugea dans les flaques d’eau pour rejoindre son « pavillon des Orchidées », le chemin éclairé par une lanterne en papier portée par une autre servante. Cependant, la lanterne se balançait sous la férocité du vent et de la pluie. Bien que la servante l’eût soigneusement protégée de sa propre cape, la flamme s’éteignit rapidement sous l’action des forces orageuses de la nature.

La servante n’eut pas le temps de demander pardon que Pei Yuan l’avait déjà giflée du revers de la main. Ses ongles acérés entaillèrent deux lignes rouge vif sur le visage de la jeune servante. Du sang coula. Néanmoins, l’enfant n’osa pleurer et se contenta d’enlacer la lanterne éteinte, se rapetissant dans la pluie.

– Idiote ! Tu sais même pas t’occuper d’une lanterne !

Pei Yuan leva les yeux pour observer la pluie diluvienne et le vent houleux qui se déchaînaient en cette nuit noire. Un sentiment d’irritation et de nervosité s’empara d’elle pour une raison inconnue. La jeune fille fronça les sourcils et s’emmitoufla dans sa cape avant d’accélérer le pas vers sa cour isolée.

– Vous avez défense d’entrer dans la cour. Ne salissez pas mes sols.

Pei Yuan exécrait les intrus et était atteinte de mysophobie. De ce fait, elle avait choisi le pavillon des Orchidées comme lieu de résidence : le pavillon le plus impeccable, le plus élégant et le plus tranquille de tous. Tous étaient au courant des habitudes de la jeune fille, aussi les servantes acceptèrent l’ordre en silence et se replièrent loin de l’entrée de la cour.

Là où la tempête frappait la terre tel un fouet divin hors des murs, l’obscurité et le calme régnaient à l’intérieur. Pei Yuan poussa les portes. Celles-ci s’ouvrèrent lentement en grinçant. La jeune fille baissa les yeux distraitement et repéra soudainement quelques légères traces d’eau sur le parquet en bois. Le cœur tremblant, Pei Yuan réagit très rapidement : elle recula immédiatement. Toutefois, il était déjà trop tard.

Une lumière blanche brilla dans la pénombre. Puis une ombre indistincte se matérialisa, une lame acérée pointée vers l’avant. L’attaque fut silencieuse et rapide comme l’éclair : en même pas une fraction de seconde, l’arme atteignit le visage de Pei Yuan.

Cette dernière entendit un son extrêmement troublant : celui de peau et de chair tailladées. Mais elle ne sentit que de la froideur à la tempe gauche. Puis vint la douleur, et son œil gauche devint une mare de sang rouge écarlate. Cela empêcha Pei Yuan de discerner avec clarté la personne qui l’avait attaquée par surprise à la faveur de la nuit. Tout ce qu’elle savait à l’instant, c’était qu’elle ne pouvait compter que sur elle-même.

Pei Yuan serra les dents, endura la souffrance et dégaina son épée. La pointe vibra et emplit l’espace d’une lumière étoilée ; sa radiance resplendissante attirait l’attention. Pei Yuan venait d’utiliser la précieuse technique « épée du vaste ciel », l’héritage de son clan que son maître lui avait secrètement transmis. Ainsi donc, elle reconnaissait la situation critique dans laquelle elle se trouvait.

Son adversaire sembla identifier la puissance de l’art martial et ne lui fit alors pas face de front. Il préféra se glisser en un rien de temps aux côtés de Pei Yuan, tel un poisson dans l’eau. D’un geste vif, la silhouette mouva impitoyablement son arme de haut en bas. Pei Yuan ressentit une nouvelle douleur au front, cette fois-ci du côté droit, et du sang frais gicla de nouveau. Une cascade de sang ruissela ainsi au sol et finit d’aveugler complètement Pei Yuan. L’opposant sans pitié avait fini de dessiner un X sur le visage de la jeune fille.

La frappe meurtrière fut aussi rapide que le tonnerre et la furie à peine maîtrisée de l’attaque fut aussi aiguisée qu’un éclair.

Aveuglée par son propre sang, Pei Yuan ne put utiliser aucune technique spéciale de l’épée. Par ailleurs, elle fut profondément affolée et apoplectique à cause de la terrible douleur qu’elle ressentait au visage. La jeune fille ignorait la gravité de ses blessures, mais d’après la quantité de sang qui coulait, son visage était vraisemblablement très abîmé. Les gestes de l’adversaire étaient réellement malveillants et minutieusement prémédités, comme s’il portait en lui une vengeance bien ancrée à son encontre.

Les belles femmes avaient toujours accordé plus d’importance à leur apparence qu’à leur vie. Pei Yuan n’était point une exception. En cet instant, la douleur était si insoutenable qu’elle souhaitait mourir. La seule autre pensée qui l’animait, c’était qu’elle ne se reposerait pas tant qu’elle n’aurait pas tué l’assaillant. Ainsi, elle s’efforça d’ignorer ses deux coupures et fit glisser sa main sur son épée, étalant le sang frais de sa paume sur l’arme. Cette dernière émit instantanément une lumière écarlate. Dans la pénombre, la lueur rouge sang commença à se tortiller et à se répandre sur la lame. Le sang forma graduellement des bulles multicolores aussi grosses que des yeux de crabes. Comme une armée d’araignées venimeuses, les bulles rampèrent sur l’épée dans toutes les directions, donnant la nausée à quiconque aurait pu voir la scène.

Si des descendants de la famille royale de Taiyuan avaient été présents, ils auraient assurément poussé des cris choqués devant cette utilisation de la « magie du sang sacrificiel », un art secret de la famille royale. Que Pei Yuan la dévoilât signifiait qu’à ses yeux, il était vraiment question de vie ou de mort.

Toutefois, elle avait beau avoir l’intention de se battre jusqu’à ce que mort s’en suivît, le parti opposé ne semblait pas être du même avis. Lorsque l’intrus vit la mystérieuse lueur rouge apparaître, il se rua tout de suite dehors à grands pas silencieux. Bondissant sur le chambranle, il échappa d’une roulade à la zone d’action de la lumière rouge. Sous le déluge, l’ombre noire était tel un grand faucon, parcourant dix mètres en un instant avant de disparaître dans la pluie torrentielle.

Pei Yuan courut après l’ombre, épée en main et technique prête à l’emploi. Aussi rapide que l’éclair, la demoiselle leva le pied dans la première position de l’art royal tandis que la lueur de sa longue épée se fit plus importante. Elle semblait presque pouvoir atteindre le dos de l’ombre avec son arme rien qu’en levant la main.

Cependant, avant qu’elle ne pût passer à l’acte, elle sentit soudainement quelque chose de soyeux passer rapidement à côté d’elle accompagné d’un petit sifflement d’air. S’ensuivit une douleur au doigt et l’épée qu’elle tenait se fracassa au sol.

Très surprise, Pei Yuan pensa qu’il restait un autre ennemi dans le pavillon et se força à ouvrir les yeux le plus grand possible. La vision toujours obscurcie par le sang, elle aperçut à peine une boule indistincte qui se volatilisa en un instant. Puis elle sentit quelque chose de doux sous ses pieds, comme si quelque chose lui avait fait un croche-pied. Pei Yuan trébucha alors en avant.

Ce fut à ce moment-là que les deux lésions sur son visage commencèrent à démanger. Pei Yuan eut l’impression que d’innombrables petits insectes gigotaient dans les plaies. Sous le choc, la jeune fille ne put se concentrer davantage sur le combat à mort et se gratta le visage en toute hâte. Hélas, plus elle touchait les plaies, plus la démangeaison était forte. De plus, elle ne vit plus rien, toute sa vue enfin obstruée par tout le sang qui coulait.

– Quelqu’un ! À l’aide ! Apportez-moi de l’eau ! Appelez un médecin impérial, appelez un médecin impérial ! cria-t-elle d’une voix forte et paniquée.

Elle n’eut pour réponse que le calme.

Les servantes de condition inférieure qu’elle venait d’exiler dans la pluie étreignaient toujours la lanterne éteinte. Personnellement témoins de l’attaque brutale qui venait d’avoir lieu, elles restaient immobiles sous le déluge, comme des statues de bois dressées non loin de Pei Yuan, l’observant avec froideur et indifférence sous le déluge.

La jeune femme habituellement noble et dominatrice avait les cheveux longs dispersés dans la pluie torrentielle et le visage balafré de deux taillades se croisant en un X hideux. La demoiselle en pleurs tendit les mains vers le centre de la cour luxurieuse, une cour qu’elle n’autorisait jamais personne à entrer, une cour au sol immaculé qu’elle tachait maintenant de sang frais.

– Quelqu’un…. ah… à l’aide…

Personne ne bougea, personne ne parla. Les vents hurlants soufflaient en rafale sur l’eau qui tombait. Ils firent de la pluie des murs de cristal qui devinrent rideaux cachant la haine contenue dans les yeux des servantes, engendrée par des années de maltraitance.

– Quel… qu’un…. ah…

Les pleurs et gémissements de Pei Yuan furent noyés par la tempête et s’estompèrent progressivement dans le néant. Elle crapahuta frénétiquement dans la cour. Hélas, elle heurta colonne après colonne et empira ses blessures. Les démangeaisons se firent alors encore plus sévères et elle finit par épuiser toutes ses forces. Elle s’effondra lentement au sol de désespoir.

Son corps atterrit dans les escaliers et ses cheveux noirs se répandirent sur le sol humide, serpentant à travers les flaques d’eau tels des reptiles. Elle tendit désespérément la main, comme si elle souhaitait saisir un grain d’espoir pour échapper à ce cauchemar.

Malheureusement, elle restait les mains vides à jamais.

La nuit n’était pas encore terminée : l’orage continuait de gronder. Un marmonnement plein de douleur et d’incompréhension fut à peine audible avec le tonnerre.

– Pourquoi… vous… ne… m’aidez… pas…

Littleangele

Rat de bibliothèque, marmotte et hibou, vagabonde et ermite, tricoteuse et bricoleuse. Entre (beaucoup d')autres. Cela dit, j'imagine que seule ma casquette de traductrice vous intéresse.

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8 Commentaires

  1. neodaoistneodaoist

    Merci pour le chapitre .

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  2. TesaYuuTesaYuu

    Merci pour le chapitre

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  3. Shirosuu

    Elle le merite entièrement ! Merci pour ce super chapitre

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  4. gutsguts

    Merci pour le chapitre

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  5. Higanbana

    Merci pour ce chapitre

    Elle l’avait cherché.

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  6. eLoElO

    Merci pour le chapitre. Très belle fin

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  7. essitamessitam

    merci pour le chapitre

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  8. Aximili

    Merci pour le chapitre !

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