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Chapitre 379 — Démasqué

 

Un grand groupe de cavaliers passa à toute vitesse sur la route en soulevant un nuage de poussière, poussant des rires et des jurons sur leur passage.

Derrière ces cavaliers, on trouvait des chariots poussés par des gens vêtus de robes. Ils étaient vêtus différemment des mercenaires en tête, car ils n’étaient que des serviteurs en charge du lavage des vêtements, de la préparation des repas ou encore du montage des tentes. Parmi ces péons aux visages couverts de poussière se trouvait un jeune homme couvert d’un chapeau abîmé, qui leva subitement le regard. Ses grands yeux noirs se détachaient nettement de son visage sale et similaire à ceux de ses collègues aux regards éteints.

Ce jeune individu observa les murs du bastion qui, de près, semblaient plus imposants et épais encore, puis il soupira doucement tout à coup : « Cette forteresse a vraiment une taille digne de son statut de poste‐frontière ! Les villes au sein de l’Empire Jia Ma sont loin de pouvoir s’y comparer. » Cette voix était bel et bien celle de Xiao Yan, qui tentait de s’infiltrer dans ce dernier point de contrôle avant la frontière à l’aide de la compagnie de mercenaires.

Le groupe s’approcha de plus en plus près des murs de la ville, et lorsqu’ils ne furent plus qu’à quelques centaines de mètres, l’adolescent plissa les yeux et observa le ciel surplombant les murailles, où était apparue une légère fluctuation d’énergie informe.

Il fronça légèrement les sourcils : « Il y a réellement des détecteurs d’énergie… Heureusement que je n’ai pas essayé de survoler les murs de force, ou ces capteurs invisibles auraient immédiatement révélé ma position et j’aurais été pris pour cibles par toutes les arbalètes de siège de la citadelle…» S’il devait emprunter la force de Yao Lao, alors des arcs ordinaires ne sauraient le blesser facilement, mais il craignait grandement ce genre d’armes spécialement conçues pour lutter contre les experts. Il pouvait se servir de sa force offensivement, mais elle ne pouvait aucunement renforcer son corps au point qu’il puisse faire face à des tirs de carreaux. De plus, il était improbable qu’un poste‐frontière d’un si grand empire n’ait rien pouvant faire face à un expert de haut niveau. Le jeune alchimiste avait entendu parler d’armes comme « l’arbalète à triples carreaux continue », « l’arc du dieu du feu » ou encore des « flèches perçant l’âme»… C’étaient des pièces mystérieusement très difficiles à créer et par conséquent, peu d’unités en étaient équipées. Lui‐même n’en avait jamais vu personnellement.

Tandis qu’ils se rapprochaient de plus en plus, le Da Dou Shi posa les yeux sur les portes gigantesques de l’enclave, et il plissa fortement les yeux en notant ses lourdes défenses.

Lorsqu’ils ne furent plus qu’à une centaine de mètres, le groupe de cavaliers ralentit lentement jusqu’à s’arrêter, et deux cavaliers en tête s’en détachèrent pour mener la compagnie à l’intérieur.

Ces deux hommes semblaient être les chefs de la compagnie et vu la familiarité qu’ils entretenaient avec les gardes, ce n’était certainement pas la première fois qu’ils passaient par le Gouffre de Zhen Gui.

Les deux chefs discutèrent un long moment avec les gardes, puis ils parurent glisser discrètement quelque chose dans la main du garde en chef. Ce dernier parut alors hésiter un peu, puis il opina du chef et donna l’ordre aux autres de dégager les barricades bloquant la porte.

Xiao Yan ne put s’empêcher de pousser un soupir de soulagement en voyant que ces gardes ne prirent pas la peine de fouiller la compagnie, et il se détendit aussi. Il avança précipitamment en poussant son chariot, la tête baissée et les mains moites, suivant la compagnie tandis qu’elle avançait vers le tunnel derrière la porte.

Alors que le groupe allait y entrer, une voix froide et sévère résonna soudainement, ce qui eut pour effet d’effrayer les mercenaires en tête qui s’arrêtèrent précipitamment.

« Qui leur a permis d’entrer en ville ?»

Alors que ce cri éclata, on entendit venir du tunnel sombre des cliquetis métalliques et, un moment plus tard, des dizaines de gardes d’élite tout en armes en surgirent, armées de longues lances et bloquant le passage. Un jeune homme à l’air sombre et solennel en sortit également, et jeta un regard glacial à la compagnie.

Le chef de la compagnie joignit rapidement la tête du cortège et se mit à sourire obséquieusement en voyant ledit jeune homme : « Ké ké, c’est vous jeune maître Meng La ! Ça fait seulement quelques mois que je ne vous ai pas vu, mais vous avez déjà l’air bien plus puissant !»

« Il suffit, Ba Nu. Te laisser passer ne passait aucun problème auparavant, mais c’est désormais impossible : Père veut que tous ceux souhaitant entrer dans le Gouffre de Zhen Gui subissent une fouille approfondie. » Le jeune homme rit froidement, puis il sortit aussitôt une feuille blanche qu’il lança au garde en chef. Il dit de manière maléfique : « Va fouiller la compagnie, et tue sur‐le‐champ tous ceux qui ressemblent au portrait dessiné !»

Le garde reçut prudemment la feuille, et adressa un sourire impuissant au chef de compagnie Ba Nu. Après quoi, il fit un geste de la main, et la centaine de gardes à la porte de la ville levèrent leurs lances avant de commencer la fouille.

« Et merde…» jura silencieusement Xiao Yan. Tout se passait comme il se l’était imaginé : la secte des Nuages Brumeux avait réellement transmis son avis de recherche aux postes‐frontière…

Les gardes examinèrent un par un les membres de la compagnie, les regardant lentement en les comparant avec le dessin avant de les laisser passer. Les mercenaires avaient beau être agacés, ils n’osèrent cependant pas se montrer trop déplaisants. Ils avaient parfaitement que s’ils venaient à provoquer la colère de ce jeune homme, ils ne parviendraient pas à s’en tirer en vie. Face aux dizaines de milliers de soldats de la forteresse, même un Dou Wang devrait temporairement battre en retraite. Seuls les experts légendaires pouvaient affronter une telle armée.

Le jeune homme du nom de Meng La se tenait droit, les mains dans le dos. Son regard était si froid qu’on aurait dit celui d’un serpent venimeux. Il remonta lentement la compagnie, un pas après l’autre, avant de s’arrêter soudainement. Il regarda les serviteurs, qui étaient couverts de poussière et sentaient assez fort, et leur dit froidement : « Lavez‐vous le visage !»

Xiao Yan ne put s’empêcher de froncer les sourcils en voyant que ce Meng La s’était directement dirigé vers ces serviteurs de bas rang, sans le moindre égard envers son statut. « Ce jeune homme est très rusé et n’a pas l’arrogance des jeunes maîtres de l’empire…» Il trouvait la situation très inquiétante, car s’ils continuaient leurs vérifications méthodiques, il allait se faire repérer tôt ou tard… Et ça finirait mal pour lui.

À l’ordre de Meng La, les serviteurs quelque peu tendus se hâtèrent de baisser la tête, puis ils frottèrent leurs visages de leurs manches pour se débarrasser rapidement de la crasse jaune qui les recouvrait.

Le regard noir et froid de Menga La balaya lentement les visages de ces pauvres hères, mais un moment plus tard, il secoua la tête de déception. Alors qu’il allait rétracter son regard, il se figea soudainement, pencha un peu la tête et fixa un péon en robe grise au bout du groupe. Il dit d’une voix froide : « Eh toi, lève la tête. »

Tous les gardes à la porte, à ce cri, tournèrent la tête dans cette direction, et les mercenaires regardèrent avec stupéfaction ce serviteur de bas rang.

Ce dernier soupira doucement et ne put que lever la tête. Ses yeux grands yeux noirs indifférents se détachèrent de son visage souillé.

Les regards de Meng La et du serviteur se rencontrèrent, et le premier en resta surpris, car les yeux dessinés sur l’avis de recherche se superposèrent dans sa tête à toute vitesse. Son expression changea aussitôt ; ses sens s’étaient aiguisés sur les champs de bataille au fil des ans, aussi bondit‐il en arrière comme par réflexe conditionné, et il cria d’une voix aussi puissante qu’aiguë : « Arrêtez‐le ! C’est Xiao Yan !»

Il avait beau avoir réagi très rapidement, il n’avait qu’une force de Dou Shi, aussi le jeune alchimiste se mit à rire froidement en le voyant faire. Il chancela légèrement et rattrapa Meng La comme un fantôme, avant de le frapper de la main, contractée comme une serre d’aigle, à la poitrine avec une force explosive. Meng La cracha aussitôt une gorgée de sang et blanchie comme un linge.

Le Da Dou Shi, après avoir échoué à le tuer en un coup, s’apprêta à lui sauter dessus quand le Dou Shi alla précipitamment se réfugier dans le dos de soldats, en faisant preuve d’une agilité anormale pour son niveau.

Une dizaine de longues lances acérées, qu’un léger halo de Dou Qi enveloppait, furent jetées violemment vers la tête de Xiao Yan. Les diverses trajectoires de ces armes de jet étaient mortelles et pleines d’auras meurtrières. Les soldats de cette forteresse étaient effectivement de sacrés vétérans ; leur coordination et la pression qu’ils dégageaient étaient incomparables à celles de soldats ordinaires.

L’adolescent pencha la tête pour éviter les lances, mais il se retrouva incapable de contre‐attaquer, car des soldats commençaient à l’encercler précipitamment. Il ne put donc que froncer les sourcils et reculer à une certaine distance.

Tous ceux qui furent témoins de cet échange très rapide restèrent stupéfaits, surtout en remarquant que Meng La, qu’on désignait comme était le plus brillant membre de la jeune génération au Gouffre de Zhen Gui, avait été grièvement blessé en un coup. Le public en fut quelque peu abasourdi.

Tout à coup, un membre de la compagnie se mit abruptement à crier : « Xiao Yan ? C’est le Xiao Yan qui a tué Yun Leng, un Dou Wang de la secte des Nuages Brumeux ?» Aussitôt, de nombreux mercenaires le dévisagèrent avec un regard ardent. Ils n’éprouvaient aucune cupidité, mais plutôt une certaine révérence…

Cette exclamation provoqua immédiatement un chahut alentour, et de nombreux regards aux émotions diverses fixèrent intensément le jeune alchimiste. L’évènement qui avait récemment secoué tout l’empire était naturellement l’assaut de ce dernier contre la secte des Nuages Brumeux. Presque tous les habitants de l’empire savaient, grâce à l’avis de recherche, qu’ils pouvaient gagner une méthode de Qi en transmettant une information à son sujet, soit l’équivalent de centaines de milliers de pièces d’or sur le marché. On trouvait toujours des gens prêts à tout pour avoir une méthode d e Qi…

Cette offre généreuse suffisait à pousser bien des hères à risquer leurs vies.

Meng La vira au violet de rage et jeta un regard vicieux à son agresseur, avant de dire d’une voix rauque : « Xiao Yan, il y a des dizaines de milliers de soldats au Gouffre Zhen Gui ! Tu ne pourras pas t’enfuir !»

Le Da Dou Shi se frotta le visage pour se débarrasser de la poussière, puis il parcourut les deux cents soldats bloquant la porte du regard et rit froidement : « Jeune maître Meng Là, je voudrais savoir quelque chose : les soldats de la forteresse appartiennent clairement aux officiels de l’empire, non ? Quand sont‐ils devenus des chiens au service de la secte des Nuages Brumeux ? Si la famille impériale devait l’apprendre, je crains que même votre père ne soit sévèrement puni, pas vrai ?»

Les soldats furent surpris par sa conclusion et se mirent aussitôt à hésiter un peu. Légalement, ils étaient effectivement des soldats de l’Empire Jia Ma, et n’avaient rien à voir avec la fameuse secte. L’avis de recherche n’avait pas été reconnu par l’empire et par conséquent, capturer ce Xiao Yan revenait à commettre un crime.

« Ké ké, quel orateur tu fais, jeune homme !» Un rire froid et sombre résonna alors depuis le tunnel menant à la place forte, et un homme d’âge moyen portant une armure d’argent en sortit. Son regard froid se posa sur le jeune homme et il cria : « Je suis le commandant adjoint du Gouffre Zhen Gui, Meng Li. Tu t’es introduit sans autorisation dans une ville importante et selon la loi impériale, tu devrais être arrêtté. Je te conseille de te rendre tranquillement et de t’éviter bien des souffrances. »

« Ah c’est toi Meng Li, le chien de la secte des Nuages Brumeux ?» L’adolescent l’observa et sentit légèrement la puissance qu’il dégageait. D’après son Qi, il devrait être un Dou Ling deux ou trois étoiles.

Meng Li s’assombrit légèrement et il se mit à rire. Il ne rajouta rien d’autre et cria directement : « Descendez‐le !»

À cet ordre, quelques centaines de soldats d’élite sortirent du tunnel sombre à nouveau, puis ils encerclèrent Xiao Yan rang après rang. Les longues lances qu’ils tenaient brillaient d’une lueur froide sous le soleil.

« Puisque l’infiltration a échoué, il ne me reste plus que la manière forte. »

L’aura meurtrière qui l’entourait rendit son expression de plus en plus froide. Il remua les mains et son énorme règle noire y apparut. Il la brandit en faisant siffler le vent.

« Tuez‐le !»

Meng Li rit froidement en le voyant dégainer. Il avait reçu un message de Yun Shan, il y a quelque chose, le prévenant que l’adolescent avait été blessé lors d’un terrible combat, et qu’il ne pouvait plus employer la force terrifiante avec laquelle il avait affronté le Dou Zong. C’était d’ailleurs pour cette seule raison que Meng Li avait osé accepter de le tuer, car autrement, il n’aurait jamais osé le bloquer, même au sommet de sa forme et avec plus de courage. Après tout, un expert pouvant se battre contre un Dou Zong ne pouvait être retenu, même en sacrifiant tous les soldats de la forteresse.

Alors que ces guerriers à l’aura sanglante commençaient leurs charges meurtrières, un cri sévère résonna soudainement de façon explosive. « Que plus personne ne bouge !» Aussitôt après, une ombre descendit du ciel comme un météore et s’écrasa lourdement au sol, qu’il fit même trembler. Elle balaya les environs du regard avant de s’arrêter sur Meng Li ; elle rit froidement : « Meng Li, mon armée à l’armure d’argent n’est pas composée de gens de la secte des Nuages Brumeux. Si tu veux obtenir les faveurs de cette dernière, attaque toi‐même, mais ne t’imagine pas que tu peux utiliser mes soldats comme tremplins vers la richesse. »

En voyant ce grand homme costaud apparaître, Meng Li devint immédiatement vers de rage et il cria rageusement : « Mu Tie, espèce de…»

L’homme du nom de Mu Tie l’ignora royalement, et cria à l’attention des soldats d’élite qui entouraient le jeune homme : « Hmpf, soldats de l’armée à l’armure d’argent, retirez‐vous !»

« À vos ordres, Seigneurt Commandant !» Les guerriers n’hésitèrent pas une seconde et rengainèrent leurs lances avec une telle unicité qu’il n’y eut pas le moindre bruit disparate. Ils repartirent ensuite silencieusement dans le tunnel d’entrée de la place forte et ne bougèrent plus. Leurs actions démontraient clairement que ce Mu Tie avait une réputation bien plus solide que celle de Meng Li.

Le commandant de la forteresse éclata d’un rire puissant comme un coup de tonnerre : « C’est toi, Xiao Yan ? Ha ha, tu as du courage petit gars ! Tu es le premier à embarrasser autant la secte des Nuages Brumeux depuis bien des années. Si mon statut ne me l’interdisait pas, je t’aurais invité boire un verre avec moi !»

Xiao Yan fut stupéfait par la tournure des évènements. Il regarda le visage de Mu Tie et, en remarquant qu’il était dépourvu de toute malice, il lui sourit aussitôt et répondit poliment : « Merci beaucoup, Commandant Mu Tie. »

Ce dernier fit un geste de la main. « Pas besoin de me remercier, je ne fais que mon travail. Si l’avis de recherche de la secte avait été appuyé par les officiels, alors je t’aurais capturé. Tu as de la chance, cependant…» Il tourna ensuite les yeux vers son commandant en second, et dit en souriant : « Tant que tu peux échapper aux griffes de ce type, personne ne t’empêchera de passer dans le Gouffre de Zhen Gui. »

« Merci beaucoup, Commandant. » Une expression mauvaise apparut involontairement sur le visage de l’adolescent, qui tourna la tête vers Meng Li avant de dire doucement : « Commandant en second Meng Li, vous pouvez venir m’attaquer vous‐même si vous souhaitez toujours ramener ma tête à la secte des Nuages Brumeux. »

« Que tu es arrogant, petit bâtard ! Je refuse de croire que je ne peux pas te vaincre avec tes blessures !»

Le visage de Meng Li oscillait entre le vert et le blanc. Il ne s’était pas imaginé se retrouver dans une telle situation et honnêtement, il avait un peu peur des méthodes qu’employait le jeune alchimiste. Après tout, même un Dou Wang comme Yun Leng avait perdu la vie entre ses mains… Mais s’il devait laisser tomber, alors sa réputation au sein de la forteresse piquerait très certainement du nez… Par conséquent, même si l’incertitude le hantait, il n’avait d’autre choix que de serrer les dents et de se lancer.

 

Wazouille

Fondateur du site et traducteur de BTTH, DNC, TDG et SW, Wazouille est un grand audiophile, un gamer, un lecteur avide et bien d’autres choses encore, comme stakhanoviste, à son insu...

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8 Commentaires

  1. Khultima

    Merci pour le chapitre.

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  2. grenvious

    merci pour le chapitre

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  3. Ling_Tian

    Merci pour le chapitre !

    Répondre
  4. Nicolas

    Merci et qui aime sait attendre !

    Répondre
  5. HinomuraHinomura

    Merci pour le chapitre

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  6. gutsguts

    merci pour le chapitre

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  7. essitamessitam

    merci pour le chapitre
    PS : et un nouveau mort, un ! 🙂

    Répondre
  8. Tazam

    Merci pour le chapitre !

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