DNC Chapitre 338
DNC Chapitre 340

Pfioi, voilà le chapitre d’hier ! En fait, il était fort long non pas par sa taille, mais par sa qualité de traduction déplorable qui m’a poussé à me tourner vers la VO…

Bonne lecture à tous et à demain pour la suite ! :p

 

 

Chapitre 339 – Je suis Diwu Qingrou !

 

« Dites à la famille de Du Shiqing de produire une circulaire en son nom, et qu’ils contactent les sectes et clans aristocratiques qui lui doivent une faveur ! Souvenez-vous de ce que nous avons décidé ensemble, car vous devrez leur dire exactement la même chose ! »

« Ça ne nous fera pas gagner la guerre, mais ça nous permettra cependant d’obtenir de nombreux effectifs, qui nous renforceront grandement ! » Dit Diwu Qingrou avec assurance.

« Répandez également cette rumeur — Du Shiqing a disparu… Savez-vous comment ? » Dit-il négligemment en organisant ses plans.

Il réfléchit et réalisa qu’il allait lui être très difficile de l’emporter même avec sa sagesse, même avec les nombreux soldats et les ressources du Grand Zhao.

Je dois gagner… Coûte que coûte.

Il était absorbé par son petit moment de suffisance quand tout à coup, il remarqua la lividité de Jing Menghun, qui tremblait également un peu et dont le front était couvert de sueur froide.

Le ministre ne put s’empêcher de demander : « On dirait qu’il y a un problème. Quel est-il ? »

Le premier maître de niveau Roi transpirait abondamment ; incapable de rester droit davantage à cause de ses jambes flageolantes, il dit d’une voix tremblante : « Premier Ministre, il… Il y a un… un petit problème… »

Diwu Qingrou pâlit : « Hmm ? »

Il sentit une certaine tristesse. Le moment est venu de gonfler notre moral ! Et tu balbuties en plus d’avoir l’air agité… Cela ne veut-il pas dire que quelque chose de mauvais augure se trame ? Et les hommes ne risquent-ils pas d’avoir des pensées négatives si un homme de ton calibre se met à se comporter de la sorte ? 

« Quel est le problème, Maître de niveau Roi Jing ? » Demanda-t-il en le regardant intensément, tel un faucon devant sa proie.

« Premier Ministre, je dois vous rapporter quelque chose… » Jing Menghun savait qu’il ne pouvait plus éviter le sujet davantage. Il tomba à genoux et dit : « Je suis coupable… Les membres de la famille de Du Shiqing ont mystérieusement disparu il y a quelques jours… J’ai envoyé de nombreux groupes enquêter, mais ils n’ont rien trouvé… »

Le Premier Ministre, qui se caressait alors la barbe, se figea tout à coup.

Il éprouvait une sensation très étrange.

Tous ses efforts méticuleux pour créer une atmosphère de bataille décisive… Un sentiment d’urgence… De victoire à coup sûr… L’organisation assurée de la guerre — tout venait soudainement de tomber à l’eau, sans aucune possibilité de rattraper le coup.

On pouvait comparer sa situation à celle d’un type qui a la diarrhée, et qui s’accroupit au-dessus des latrines pour se vider… Mais juste au moment où il allait se purger… Le pauvre type se retrouve soudainement constipé… Son cul se bouche et rien n’en sort…

Diwu Qingrou eut soudain l’envie de battre Jing Menghun à mort à coups de pied en le voyant agenouillé. Le roi martial ne s’était agenouillé que deux fois devant lui ; la première fois était lorsqu’il avait rejoint ses rangs, et aujourd’hui était la seconde.

Le ministre ne lui permettait pas de s’agenouiller en temps normal, vu qu’il détenait l’autorité du premier maître de niveau Roi du Hall des Cavaliers Dorés.

Cependant, le Roi Jing était à genoux, car il savait parfaitement quels effets cet accident allait provoquer… Et quelles réactions ils allaient entraîner chez le Premier Ministre…

C’est d’ailleurs pourquoi il ne lui cacha rien et lui raconta aussitôt.

Eut ce été une situation ordinaire qu’il aurait pu attendre et s’expliquer plus tard, d’autant qu’il valait mieux ne pas tout raconter dans un moment pareil, mais… Diwu Qingrou avait inclus les membres de la famille de Du Shiqing dans ses plans.

Jing Menghun connaissait bien le caractère de son supérieur, et sa façon de travailler —  le ministre avançait toujours progressivement, en fortifiant chacun de ses pas ! Il arrangeait chaque détail lui-même, car dans ses plans, le moindre problème insignifiant pouvait gonfler jusqu’à être capable de ruiner un pays tout entier. Même un petit conflit pouvait prendre une telle tournure qu’il en finirait par renverser les officiels impériaux de haut rang sous sa supervision.

La question de Du Shiqing a été évoquée à un stade aussi avancé de la discussion… Après avoir attendu aussi longtemps… Qu’est-ce que ça représentait ?  Eh bien, l’importance des nombreux soutiens de Du Shiqing, qui auraient dû compléter leurs troupes et qui avaient une importance certaine dans leurs stratégies. Diwu Qingrou aurait déployé des douzaines de généraux pour exploiter la ‘disparition du saint docteur’, si le Roi Martial avait exécuté son plan proprement…

Ces généraux de haut rang auraient quitté la capitale une fois la réunion terminée, et ils auraient hâtivement rejoint l’endroit où étaient positionnées leurs troupes respectives le soir même. Ensuite, ils se seraient épuisés à organiser leurs préparatifs en suivant les plans de leur Premier Ministre.

En d’autres termes, l’affaire Du Shiqing était traitée comme une mission militaire.

Mais si la famille du docteur n’apparaissait pas au moment voulu… Que se passerait-il ?

Leur absence pourrait secouer le moral des armées, et ça pourrait entraîner de sérieuses répercussions.

C’est pourquoi Jing Menghun n’osa pas cacher leur disparition. On peut même dire qu’il n’avait d’autre choix que de tout avouer sur-le-champ, au risque que le ministre fasse des changements imprévisibles dans ses plans, dont les conséquences auraient été irrattrapables…

« Ils ont disparu… » Le regard du Premier Ministre brilla, et il posa doucement sa main. Il prit une longue inspiration et dit : « Je vois… Ils ont disparu. »

Il gloussa alors et dit : « Ce n’est pas bien grave, ça aurait juste été la cerise sur le gâteau. Leur absence ne nous causera aucune perte, alors ne le prenez pas aussi sérieusement, maître de niveau Roi Jing. »

Diwu Qingrou avait une patience exceptionnelle, au point que son expression faciale retrouva son calme en un clin d’oeil, même après avoir appris une telle nouvelle. Personne ne pouvait remarquer les fluctuations de son expression sans y prêter attention.

Ce qui est fait est fait, et punir ou réprimander Jing Menghun devant tout le monde ne ferait qu’empirer la situation. Ça pourrait même affecter le moral des troupes, car ces généraux pourraient se mettre à penser que ‘tout échappe au contrôle du Premier Ministre Diwu’. Ce serait vraiment terrible.

Par conséquent, il prétendit être calme, comme si ce n’était pas un problème digne d’être évoqué.

Cependant, Jing Menghun savait que son sort allait être rapidement tragique.

Il estimait qu’une fois que la conférence serait terminée, on lui réglerait son sort de la pire façon qui soit…

« Nous allons à présent poursuivre la réunion. » Dit Diwu Qingrou en souriant. Il se tourna vers l’assemblée et réalisa subitement qu’il ne pouvait plus utiliser le discours qu’il avait préparé… et fut incapable de poursuivre pendant un moment.

Cette mauvaise nouvelle soudaine le faisait passer pour un imbécile.

Tout à coup, une idée le traversa : « Ah… » Il soupira et dit : « J’avais prévu depuis un long moment de me servir de cet atout ; il n’avait pas grande importance en soit, mais il aurait pu aider à réduire les pertes humaines en cas de conflit. »

Le ministre regarda ses généraux avec un regard douloureux et dit : « Je suis vraiment déçu de ne plus pouvoir compter sur cette stratégie, mais si elle était insignifiante. » Il avait l’air aussi sincère qu’honnête.

Han Buchu se leva précipitamment en voyant l’ambiance devenir morose et joua le parfait acolyte : « Ne vous en souciez pas, s’il vous plaît Premier Ministre. Même si vous ne pouvez plus vous en servir, vous nous avez nous ! Nous ne vous décevrons jamais, ô Premier Ministre, nous serons toujours à vos côtés. »

Il savait que son supérieur avait besoin qu’un intervenant l’interrompe et vienne à a rescousse. Diwu Qingrou n’avait évidemment pas besoin d’être réconforté, mais il avait par contre définitivement besoin d’un tel prétexte.

« C’est vrai ! Je me sens mieux… Grâce à toi ! » Lui dit-il d’un air reconnaissant. « Comment mène-t-on une guerre ? Avec des épées ? Avec des armes ? Non ! C’est le peuple qui mène la guerre ! »

« Nos soldats vont mener une campagne pour unifier les Trois Cieux Inférieurs ! Chacun d’entre eux a des parents qui les ont élevés comme leur propre sang ; ils ont des conjoints aimants, des enfants, et des parents respectables qui attendent leur retour ! Cependant, ils ont tout abandonné pour s’engager dans l’armée, et se rendre sur le champ de bataille… Mais pour quoi ? »

« Ils le font pour le Grand Zhao ! Pour notre rêve d’unifier leur monde ! Pour leur patrie ! Pour protéger leur nation ! » Dit le ministre tandis que ses yeux devinrent rouges. Il poursuivit d’un ton douloureux : « D’innombrables vaillants soldats ont donné leur vie sur ces champs de bataille glacés depuis que j’ai pris le commandement de l’armée… Ces hommes sont devenus des tas d’os, mais leurs âmes héroïques volent toujours au-dessus de notre drapeau… »

« Je les chéris ! » Il regarda ses généraux avec des yeux pleins d’émotions. « Moi, Diwu Qingrou, je les chéris ! Pour mes officiers, pour mes frères, pour mes soldats, pour mes ministres, je suis prêt à employer toutes sortes de machinations retorses et de complots… Juste pour obtenir un espace vital sûr où tous pourront vivre en paix. »

« Moi, Diwu Qingrou, suis prêt à avoir une réputation sordide pour eux. Je suis plus que prêt à employer n’importe quel moyen autre que la bataille rangée, même si c’est méprisable et déloyal. J’endosserai joyeusement toutes ces accusations… Parce que chacun de mes arrangements, de mes complots n’existe que pour sauver autant de soldats que possible. »

« Et je ferai n’importe quoi pour y parvenu ! » Dit-il d’un air douloureux. « Je conspirerai même en payant de mon sang, s’il le faut. Ça en vaudra la peine si je peux sauver ne serait-ce qu’un soldat de la mort. »

« C’est pourquoi l’erreur du maître de niveau Roi Jun m’a énormément déçue… » Il leva la tête et ferma les yeux avant de poursuivre : « … Parce que son erreur va causer la mort de centaines, peut-être de milliers de mes frères sur le champ de bataille. Et je… Je refuse de laisser ça arriver ! »

« Je refuse de laisser ça arriver ! Je refuse d’oublier ça, aaah… » Le Premier Ministre se frotta le poitrail en poussant un long soupir. Sa voix était rauque, comme si ça venait droit du coeur.

Plus de trente généraux et officiers de haut rang du Grand Zhao se levèrent de leur chaise et s’agenouillèrent devant lui, clamant tout en coeur : « Premier Ministre ! » Chacun d’entre eux avait les larmes aux yeux, bouleversés !

Le discours de Diwu Qingrou ne sonnait pas comme une explication ou une excuse, mais il avait cependant brillamment réussi à effacer leurs doutes.

Seul un bon commandant éprouvant de l’empathie pour ses soldats et se souciait de la vie de chacun de ses subordonnés.

Les soldats partaient à des milliers de kilomètres de chez eux pour percer les lignes ennemies. Assoiffés, ils buvaient le sang coulant à la pointe de leur arme et isolée, ils dormaient sur la selle de leurs chevaux. Ils vivaient encore peut-être, mais rien ne leur garantissait qu’ils survivraient au lendemain ! Mais pourquoi faisaient-ils ça ?

Leur salaire mensuel ne leur permettait même pas de se payer une coupe du thé que les nobles buvaient, mais ils donnaient tout de même leur vie. Pour quoi ?

Parfois, une lettre provenant de leur ville natale pouvait faire pleurer tout un camp en même temps. Parfois, une lettre proclamant la rupture de fiançailles pouvait déprimer un bataillon entier. Parfois, des hommes aussi aguerris mourraient ensemble des mains de l’ennemi…

… ces soldats n’avaient même pas réussi à obtenir un meilleur grade, la fortune ou la célébrité. Leur futur et leur destin pouvaient les trahir à tout moment. Ce dont ils avaient réellement besoin, c’était d’être reconnus. Ils voulaient que quelqu’un comprenne et reconnaisse leur sacrifice. C’était la seule chose qui pourrait les aider à persévérer pendant les milliers de kilomètres jusqu’à la frontière.

Et le discours du Premier Ministre avait été la plus haute forme d’éloge et de reconnaissance.

Tous les généraux sentirent leur nez les picoter, tandis qu’une sensation chaleureuse se logeait dans leur coeur. S’ils devaient transmettre ce discours aux troupes… Alors chaque soldat du Grand Zhao chargerait droit devant et pénétrerait les lignes ennemies pour Diwu Qingrou. Ils mourraient sans même cligner des yeux !

Ils mourraient un sourire aux lèvres s’ils apprenaient qu’ils se sacrifiaient pour un tel chef suprême.

Ce discours était plus efficace que n’importe quelle harangue de mobilisation !

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