MWLU : Chapitre 171
MWLU : Épilogue 1/2

Bonjour à tous !

Nous voilà arrivés au dernier chapitre. La fin d’une ère, la fin d’une aventure, la fin d’un dieu.

Alors oui, je sais, il reste encore deux chapitres que j’offrirai ce Week-end et baptisés « épilogue 1 et 2 ».
Mais en soi, il s’agit de l’après-aventure. Pour l’heure, elle arrive définitivement à son terme avec ce chapitre 172.

 

Je reviendrai un peu à la fin de ces épilogues, mais pour l’heure, je vous remercie déjà pour votre suivi et votre soutien. J’ai eu chaud au cœur à plus d’une reprise 🙂

Lecteurs parfaits, commentaires exceptionnels, que demander de plus ? Un traducteur un peu lèche-cul ? Allez, c’est offert.

Sur ce, profitez bien de ce dernier chapitre pré-épilogue et ne vous inquiétez pas, on entendra encore un peu parler de notre héros.

 


 

〈 172. À la Fin (3) 〉

 

Des milliards de gens observaient la créature terrifiante qui se dressait devant eux – certains de leurs yeux, d’autres via les médias.

Étrangement, même frappé de cette horreur incomparable induite par le fait de se tenir là, face à ce titan, on ne pouvait pas entendre la moindre proclamation clichée de fin du monde. Et aucun vol, pas de violence, viol, rien.

Tout le monde se contentait simplement de fixer la créature, les yeux perdus et emplis de désespoirs – l’être qui se tenait là n’étais pas le moins du monde affecté par les militaires, Chevaliers et Sorcier réunis. Pourtant, personne n’était capable de prédire ce que je m’apprêtais à faire.

[Il a été confirmé par témoignage de la part des premiers migrants que la créature à l’écran est appelé le Dévoreur Dimensionnel. Même s’il représente le même niveau de danger que le Dévoreur Universel, nous avons appris qu’il a déjà détruit de nombreux mondes.]

Même dans ce genre de situation, la chaîne d’informations menait sa mission à bien.

Cependant, cette nouvelle, délivrée avec un certain désespoir, finit par saper le moral des troupes du front pour de bon.

« Quelle est la situation actuelle ? Avons-nous assez de marge de manœuvre pour concentrer nos attaques sur cet enfoiré ? »

Le commandant suprême des forces réunies, Kim Hyun-Seok, posait la question à un Chevalier plus jeune, le corps couvert de sang et de terre de la tête aux pieds.

« Nous sommes à la limite de notre capacité, nous devons nous occuper des Monstres qui sortent de la Fissure ainsi que de ceux qui courent déjà librement sur Terre et qui sont maintenant sous son influence, monsieur ! »

« ……Putain. »

Kim Hyun-Seok cracha un long grognement. Mais honnêtement, il s’y attendait. La seule chose qu’ils pouvaient faire était de gérer les Monstres libres ou bien observer ce Dévoreur calmement.

Mais même ça, ce n’était pas facile.

Le bataillon de soldats qui gardait désespérément la ligne de front s’était fait détruire d’un simple mouvement de bras et plus de la moitié des Chevaliers assemblés là semblaient avoir perdu leur désir de combattre. Le moral était bas et ils étaient désespérés.

Sans même mentionner la pression mentale et physique qui pesait sur des troupes se battant déjà depuis trop longtemps – cinq jours sans dormir. Kim Hyun-Seok vit même plusieurs soldats déserter et s’enfuir.

Il ne pouvait pas imaginer une situation pire que celle-ci.

« …Nous devons tenir bon. »

Bien sûr, il ne pouvait pas abandonner comme ça. Les Chevaliers et les militaires étaient la ligne qui séparait le danger des civils, la ligne Maginot psychologique. Alors s’ils devaient s’enfuir, le pays et le monde ne survivraient pas. Non, il ne pouvait définitivement pas se sauver, même si ce n’était que pour rendre aux gens la confiance et l’affections qu’ils lui avaient porté.

« Oui, monsieur. Compris. »

Le jeune Chevalier hocha la tête et se tourna pour retourner à son poste.

Kim Hyun-Seok posa sa main sur la garde de son épée et jeta un œil en direction de la créature géante. Il ne pouvait pas la voir dans son entièreté même en tendant le cou.

Il ne pouvait en faire plus, dans l’état des choses. Observer.

Pour la première fois de sa vie, il put ressentir une impuissance de ses pouvoirs.

L’aube était déjà là mais le soleil était caché derrière des nuages d’un noir d’encre, et très peu de lumière parvenait jusqu’au sol. Et tandis que le Chevalier numéro un de la Corée fixait les nuages et se lamentait sur son incapacité à réagir…

Quelque chose arriva. Une chose qu’on ne pouvait qualifier que de bizarre.

« …Qu’est-ce que c’est que ce truc ? »

Au début, ce n’était rien de plus qu’un murmure un peu inconscient. Rien de plus. Personne n’y prêta vraiment attention. Cependant, une personne ne laissa pas passer cette sensation et tapota son voisin avec son coude.

Ce dernier était bien trop épuisé pour se faire embêter et il supporta en silence sans réagir pendant un moment avant de finalement se tourner en direction de celui qui ne cessait de chercher son attention.

Il finit lui aussi par faire de même avec son propre voisin.

Ce fut ainsi que les yeux de tous les Chevaliers se levèrent vers le ciel, une paire après l’autre.

Après un moment, ils n’avaient plus besoin de prévenir leurs voisins et même les caméras pointaient vers le haut, témoins de l’émergence… d’un nouvel être inconnu.

De l’intérieur de cette tempête tournoyante et pulsante pleine de vents violents qui, aussitôt levés, dissipèrent une grande partie des nuages noirs, une créature mystique se révéla dans toute sa splendeur.

Déployant ses ailes bleues nobles et pures de toute leur longueur, ses yeux dignes, intelligents et profonds se braquèrent sur le monde à ses pieds, et tourna lentement une mâchoire résolue en direction du Dévoreur Dimensionnel.

Chevaliers, soldats et même civils ne pouvaient commencer à émettre la moindre supposition quant à la nature de cette bête. D’elle émanait une pression digne de ce qu’on pouvait lire dans les histoires de cultivateurs.

Mais étrangement, ils pouvaient tous plus ou moins deviner hasardeusement de quoi il s’agissait.

Cette créature était la copie exacte du dragon qu’on pouvait rencontrer dans les contes de fée et les légendes locales.

« Que… »

Juste avant que les Chevaliers assemblés au sol puissent se demander s’il fallait célébrer ou craindre l’arrivée de ce nouvel arrivant, s’il fallait balancer aux ordures le moindre restant d’espoir ou crier de joie – le dragon qui venait d’arriver et qui fixait durement le Dévoreur – le monde vibra et l’espace même se tordit sous une pression incroyable.

N’ayant besoin que d’une fraction de seconde qui donna l’impression que le temps lui-même s’était plié à sa volonté, le dragon arriva face au Dévoreur et enroula sa longue queue autour de lui avant de commencer à accumuler une quantité astronomique de mana dans sa gueule.

Et le Dévoreur, inerte et observateur jusqu’alors, leva les bras pour attraper la queue de Bahamut, le Dragon des légendes.

Mais manque de chance pour lui, il fut un peu trop lent à réagir.

Un souffle noir comme la nuit fut relâché sans préavis et sans invitation, sans aucun effet spécial ou son extravagant en direction de sa tête.

« Quoi… ? »

« Huh… »

Et ils étaient tous là, incapable d’égratigner le Dévoreur quoi qu’ils fassent – la mâchoire de chaque Chevalier tomba après avoir été témoin de l’espace vide, là où se trouvait précédemment la tête de l’envahisseur. Même l’air et l’espace semblaient avoir été brûlés sans avertissement.

— !!

Cependant, il n’était naturellement pas mort. Même sans tête, il leva un bras et ses deux jambes pour résister.

Ce fut le signal de départ annonçant une lutte physique entre deux titans, un combat brut qui fit trembler le monde.

Une scène indescriptible prit place, durant laquelle poings et griffes s’affrontaient, pieds et queue firent place à des séismes et des ouragans.

Ceci dit, après avoir perdu sa tête, le Dévoreur n’y voyait plus rien et il ne pouvait rien faire d’autre que balancer ses membres aveuglément et sauvagement.

Bien sûr, ces gestes simples ne posaient pas de vrai danger. Sae-Jin trouvait difficile de contrôler convenablement ses nouvelles ailes et se trouva sans défense lorsqu’il encaissa un coup de poing perdu, le faisant voler au loin. Il se fit ensuite même frapper dans l’estomac.

Seulement après avoir craché un torrent de sang noir, il décida qu’il était temps de s’occuper de ce gros porc à l’aide de la magie. Le Léviathan adulte était l’incarnation de la magie absolue, après tout. Rien ne pouvait possiblement lui faire face.

Pourtant, son adversaire n’était pas facile à gérer. Aussitôt qu’il eut senti l’activation de la magie, il y répondit par sa propre version. La seule différence étant que pour sa part, il visait le monde entier.

Son seul but était la destruction.

Bahamut lâcha un souffle en tout hâte. Mais finalement, Sae-Jin se jeta physiquement sur son ennemi afin d’éviter que la cascade de sang sortant du bras détruit du Dévoreur ne fasse trop de dégâts au sol. Afin de l’empêche d’utiliser sa magie destructrice une fois de plus, il le frappa encore plus fort.

Mais depuis le début du combat, il ne pouvait y avoir qu’un seul vainqueur. Le Dévoreur, à qui il manquait un bras et la tête, ou Bahamut, toujours intact.

Plus la lutte durerait, plus la capacité de jugement du Dévoreur faiblissait et au bout du compte, il balança à nouveau ses jambes et son bras n’importe comment, comme s’il avait simplement oublié comment utiliser la magie. Cette parodie ne dura que pendant quelques secondes, avant que Bahamut lui perce le cœur.

…Ainsi, ce Monstre Éternel, ne possédant aucun égal dans les mondes, chuta. Il laissa échapper un cri étrange qui lui sortit directement de son moignon de gorge, ressemblant à un celui d’un animal agonisant. Pour finir, il se changea en une colonne de fumée qui se dispersa aux quatre vents.

Après quoi seul le silence régna.

Pas de cris, pas d’acclamations, pas de remerciements, pas de panique.

Même lorsque les journalistes réalisèrent que tout était fini et continuèrent de filmer Bahamut, ils ne firent pas un bruit. Sans parler des téléspectateurs, tous parfaitement cois.

Le silence était si suffocant et irréel que des dizaines de centaines de milliers d’âmes finirent par s’imaginer que tout ça n’avait été qu’un cauchemar.

Et au sein de ce silence, Bahamut s’envola calmement, comme si tout ça n’avait été qu’une formalité banale.

Le sang coulait de nombreuses plaies sur son corps, et il s’envola désespérément vers la mer de l’est, où il savait qu’il guérirait.

Seulement après avoir fui vers l’est et lorsqu’un temps considérable se fut écoulé, ce qui restait de l’armée et des Chevaliers réalisèrent ce qui venait de se produire.

Un après l’autre, ils approchèrent de l’endroit où le Dévoreur se tenait auparavant, perplexes et toujours incrédules.

À l’exception du cratère géant à l’endroit résultant d’un des coups de pieds du Dévoreur, il n’existait plus aucune trace du Monstre lui-même.

La réalité finit par rattraper tout le monde et ils levèrent tous les yeux vers le ciel, en silence. Un silence profond et respectueux.

Juste à ce moment, avec un timing parfait, ce qui restait de nuages noirs se dissipèrent et les chauds rayons du soleil apaisèrent leurs cœurs.

Ainsi, le monde n’oublierait jamais ce à quoi ressemble le soleil après cinq jours de nuit.

 

***

 

C’était une bataille difficile mais ultimement à sens unique. Après qu’elle eut eu une conclusion, il était difficile de s’en souvenir exactement.

Voilà pourquoi, tandis que j’allongeai ce corps presque agonisant au fond de l’océan, je ne pouvais plus vraiment me rappeler quoi que ce fut.

Je sentais bel et bien les pulsations légères de la planète, juste en-dessous de moi. Je pouvais clairement l’entendre me remercier.

J’étais confiant, ces pulsations étaient emplies de gratitude.

Une forme de vie souhaite toujours survivre.

C’était pareil, pareil. Qu’on soit humain, un monstre, un animal – ou une planète.

La planète souhaitait vivre. Elle souhaitait être sauvée. Voilà pourquoi elle avait délibérément créé les Traits, je le comprenais, maintenant qu’elle me l’expliquait. Alors, la vérité était totalement à l’opposé de ce en quoi tous les experts croyaient si fermement… Non, les Fissures n’avaient pas créé les Trait.

Le fruit de cette lutte acharnée, qu’elle avait menée afin de trouver la plus petite chance de survie, né de la mentalité irresponsable « Tout va bien, tout ira bien, alors essayons », voilà ce qu’étaient les Traits.

Voilà pourquoi. Voilà pourquoi je savais que je m’éveillerais à nouveau, tôt ou tard.

La chaleur de l’énergie divine qui parcourait mon corps tandis que je restais là, allongé au fond d’un abysse, en était la preuve.

Et puis, cette fenêtre m’annonçant que le Fléau de Gaia avait été complété en était une autre preuve.

Je ne faisais que m’endormit, comme je l’avais fait un nombre incalculable de fois.

Et bientôt, je serais capable de tous les revoir. Et je serais capable de les aimer, comme des personnes ordinaires.

J’y croyais sincèrement.

 

*****

 

Avec l’apparence de la créature légendaire Bahamut, le monde retrouva finalement la paix.

La calamité qui ne pouvait être stoppée avait été stoppée. Les griffes de Bahamut étaient plus fortes que l’inévitable, en fin de compte. Peu après, de nombreuses Fissures se mirent à se refermer toutes seuls tout autour du monde.

Cependant, en même temps, un chaos bien que léger s’ensuivit. Parce que tous les Traits venaient tout à coup de disparaître, juste comme ça.

De nombreuses personnes, qui vivaient bien avant, devaient désormais goûter à nouveau à la vie de civils normaux et ne purent parvenir à retrouver pied face à la réalité, sombrant dans le désespoir.

Bien entendu, ceux de la trempe de Joo Ji-Hyuk et Yu Sae-Jung, dont les egos n’étaient pas influencés par leurs Traits, n’eurent aucun problème à s’adapter à leur nouvelle vie.

D’un autre côté, le mana et les Monstres ne disparurent pas. La seule chose qui changea… eh bien, les Monstres ne purent plus reformer leurs nombres via les Fissures et durent vivre, se reproduire et mourir comme n’importe quel autre animal sauvage.

Naturellement, si les Monstres se faisaient exterminer, ce serait un nouveau choc environnemental alors ils ne furent pas chassés à outrance. Au lieu de ça, ils furent élevés par les humains comme du bétail.

Un mois s’écoula après la grande calamité et une religion vénérant Bahamut se propagea. Les gens étaient déçus et ne croyaient plus en aucune des grandes religions qui existaient avant et qui n’avaient offert aucune vraie aide pendant l’apocalypse, la pire des périodes de leur histoire. Ainsi, plusieurs « suivants » de Bahamut apparurent soudainement.

Les grandes religions se hâtèrent de prétendre que chacun de leurs dieux avait envoyé Bahamut sur Terre, évidemment. Mais à l’exception d’un petit pourcentage, les humains modernes ne se berçaient pas d’illusions et ne se laissèrent plus endoctriner.

Inévitablement, après la religion vint l’organisation et finalement, le plus grand temple de l’organisation fut bâti à l’endroit exact où le Dévoreur fut abattu. Cet endroit devint la Terre Sainte, lieu de pèlerinage de tous les croyants autour du monde.

Et puis…

 

 

Il avait disparu.

Personne ne savait où il était passé.

Avait-il fui après avoir succombé aux charmes d’une autre femme ? Avait-il migré dans un autre monde, de peur de voir la Terre condamnée ?

Il semblait que la seule personne qui connaissait tous les détails le concernant était Bathory mais il était compliqué de la rencontrer. Lorsque je parvins finalement à lui poser la question, elle refusa de me donner une réponse directe.

Je ne pouvais que passer tout mon temps toute seule, avec personne à accuser.

Je découvris pour la première fois de ma vie qu’une attente et un désir prolongés pouvaient se transformer en une peine de cœur incroyable. Mais j’avais décidé de supporter et de croire que je le reverrais tôt ou tard.

Ainsi, un an s’écoula, sans lui à mes côtés.

Finalement, la date de notre réunion de Guilde était arrivée. Alors… je m’y préparai et m’y rendis.

Tous les membres de la Guilde doivent s’y rendre.

J’étais si sûre qu’il n’oublierait pas la seule et unique règle qu’il avait mise en place officiellement au sein de cette Guilde qu’il avait créée de ses mains…

Après tout, nous étions supposés nous voir le 17 de chaque mois. Mais par considération pour lui, nous avions changé ça en une réunion annuelle, pour lui laisser le temps de revenir.

Alors il devait forcément se montrer. Il le devait.

Nous devions nous voir à sept heure, dans la soirée et j’arrivai une demi-heure en avance. Cependant, tout le monde était déjà présent. Kim Yu-Rin, La Maîtresse de Tour Hazeline, le membre du parlement Yu Baek-Song, le couple marié Joo Ji-Hyuk et Yi Hye-Rin, même Bathory et Rhosrahdel ainsi que Kim Sun-Ho et les autres nouveaux membres.

Tout le monde m’accueillit avec autant de sourires.

Pourtant, il manquait une personne.

« Tu es venue ? »

Yu-Rin me posa la question la première. Je me forçai à lui répondre par un sourire.

« Oui, Unni. J’ai entendu que tu étais très occupée récemment ? Tu as dû te forcer pour trouver un trou dans ton emploi du temps… Merci d’être venue. »

Aussitôt que les Monstres furent devenus des existences qui devaient être apprivoisées pour assurer l’avenir plutôt que des êtres à exterminer à vue, Yu-Rin avait quitté le monde des Ordres sans aucun regret.

Elle s’était alors concentrée sur un côté plus divertissant de l’industrie.

Elle avait participé à trois ou quatre émissions de variétés qui étaient des succès et ses débuts en tant qu’actrice étaient explosifs.

Récemment, le nom Kim Yu-Rin était associé à une célébrité plutôt qu’à un ancien Chevalier. Et logiquement, elle était très occupée dans sa vie au quotidien.

Mais même si elle était surchargée, elle avait trouvé le temps de travailler et était connue comme « enthousiaste des Orques ». En vérité, de nombreux Orques existaient encore – ils avaient même secouru de nombreux civils tentant de fuir des Monstres et leur avait offert un abri dans leur village. Ce qui les transforma en une fierté nationale, un trésor de la Corée.

« C’est vrai, mais je ne manquerais pour rien au monde de… »

« Non, attends, Sae-Jung-ah. Elle est uniquement venue pour voir s’il allait être présent ou non. Tu vas devoir faire attention. Elle veut le voir autant que t… »

« Oh, mon dieu. Mais de quoi est-ce que tu parles ? Hmmm ? »

Yi Hye-Rin jeta de l’huile sur le feu dans une tentative amusée de se moquer un peu d’elle mais maintenant que Kim Yu-Rin avait échappé à la lourde tâche d’être un Chevalier, elle s’était détendue de façon notable et de telles provocations ne fonctionnaient plus.

« Haha… Mais toi, Hye-Rin Unni, je pensais que tu allais être trop occupée à être une jeune fille en fleurs pour venir. »

Joo Ji-Hyuk et Yi Hye-Rin étaient devenus le couple marié le plus célèbre de Corée. Ils apparaissaient dans deux émissions ensemble et toute la douceur qu’ils exhibaient l’un envers l’autre était un truc à voir au moins une fois, vraiment.

« Eh bien, on peut aussi s’aimer hors de la maison, hein~ ? »

Tout en annonçant ça comme si elle voulait créer un malentendu, Yi Hye-Rin posa sa tête sur l’épaule de son mari.

Hazeline les observa avec une expression insatisfaite avant de se plaindre doucement.

« Quoi qu’il en soit… Il ne vient pas, n’est-ce pas ? Et j’ai même laissé tomber une réunion urgent à la Tour… »

Hazeline régnait désormais sur la Tour la plus puissante du monde.

Contrairement aux Chevaliers qui ne servaient plus à rien, la magie jouait toujours une part importante dans la société même après la réduction du nombre de Monstres et plutôt que de laisser dépérir ce monde merveilleux, il vit de nombreuses avancées faites en direction de l’avenir.

Bon, presque chaque Sorcier au monde était plus ou moins hésitant quant à l’apprentissage de la magie d’attaque pour gérer les Monstres ou la magie pratique et quotidienne qui avait un potentiel énorme, et la grande majorité choisissait la seconde option.

Suivant ces changements, la Tour de l’Aube et du Monstre devint reconnue comme la meilleure au monde, possédant toute autorité en la matière.

Le truc, c’était que l’héritage du Sorcier de Bangbae-Dong – ou plutôt la plupart des 28 grimoires qu’il avait publiés possédaient de vraies applications.

Et grâce à ses résultats gigantesques en la matière, son nom, à lui qui avait disparu sans laisser de trace, était devenu une légende qui ne se répèterait jamais dans le monde de la magie.

Bathory se plaignit, en disant que la magie n’était rien de plus qu’une parodie que certains amateurs avaient inventée, et que la vraie Sorcellerie était bien là, dans sa tête à elle.

Yu Baek-Song attrapa soudain la robe d’Hazeline.

« Eh, aide-moi avec mes fonds de campagne. »

« …Tu es folle ? Pourquoi devrais-je dépenser de l’argent pour l’entrée en politique d’un chat ? D’ailleurs, tu as déjà été élue, alors quoi ? »

« J’en ai encore besoin, pour plus tard. Tu penses que c’est si simple ? J’ai besoin d’être élue au moins trois fois. »

« Mais ne reste-t-il pas encore beaucoup de temps avant la prochaine élection ? »

« J’ai été élue pour un remplacement alors je dois l’être à nouveau après un an, tu sais. »

Assurément, la plus étrange destinée appartenait à Yu Baek-Song qui était devenue membre du parlement. En plus de ça, ses ambitions gonflaient sans que personne ne puisse le remarquer et elle pouvait être vue regardant une certaine maison bleue 1)NdT : La maison présidentielle. de loin et de plus en plus souvent.

« Eh, quelle est la réaction à l’interview que j’ai donnée aujourd’hui ? »

De côté, Bathory ne montra aucun intérêt dans leurs discussions et était occupée à parler à Rhosrahdel en regardant son téléphone.

« Très bonne, ma’am. Tout le monde vous acclame ! »

« Heu~eung. »

Elle laissa échapper un léger gémissement de satisfaction.

Il avait été très compliqué de dire ce qui aurait pu se passer pour Bathory et Rhosrahdel durant l’année passée. Bon, Bathory avait été officiellement reconnue comme la représentante officielle des Vampires, après tout.

Au début, elle alternait entre le personnage d’Emil la sorcière et Bathory la Vampire. Mais après avoir reçu une image parfaite de la part de Rhosrahdel, elle pouvait apparaître sous son vrai jour sans aucun souci désormais. Elle avait même été vue comme une déesse de la paix et de la réconciliation, un titre que ceux qui connaissaient la vérité sur elle ne comprendraient jamais.

« Il n’y a pas eu d’incidents récemment, monsieur Sun-Ho ? »

« Ah… Mis à part m’occuper des enfants, rien n’arrive dans ma vie, mademoiselle. »

Quant à Kim Sun-Ho, il avait renoncé à toutes ses activités et était devenu le père de jumeaux. Un fils et une fille, rien de moins.

« Ces enfants sont tellement, tellement mignons, tu sais ? Allons leur rendre visite un jour. »

« ……Oui. »

Je souris de façon détendue en entendant Yi Hye-Rin, égale à elle-même.

Ainsi, nos conversations s’envolèrent. Des serveurs nous amenèrent de la nourriture exceptionnelle et de l’alcool hors de prix et les nouveaux membres s’assurèrent qu’ils ne dérangeaient pas les conversations des anciens.

Les sujets varièrent, on parla des membres, de la route qu’il restait à parcourir au Monstre et de la succession de l’Aube…

Mais à l’exception du tout début, plus personne ne parla de lui.

Tout le monde se préoccupait des autres et n’exprimaient pas leurs faibles attentes, leur espoir ténu de le voir arriver – le genre de scène où il apparaîtrait d’un seul coup, sans crier gare et en s’excusant d’être arrivé en retard, une main derrière la tête et un sourire gêné sur le visage.

Le temps fila doucement, tandis que nous discutions les uns avec les autres de choses sans importance.

Une heure, puis deux et bientôt quatre… Personne n’abandonnait.

Cependant, quand minuit arriva, le jour était arrivé à son terme.

La date pour notre réunion était arrivée et passée.

Ce qui signifiait que la possibilité de le voir ce jour-là était elle aussi passée.

Les membres de la Guilde firent de leur mieux pour cacher leur tristesse, s’échangèrent des vœux de bonheur et se quittèrent.

Je rentrai à la maison, plutôt fière d’avoir réussi à contenir mes larmes pendant la réunion.

Mais une fois dans cette demeure froide et vide, je sentis que j’étais à nouveau seule et ms mis à pleurer sans me retenir.

Ne pas le voir m’attendre à la fin de la journée était la pire des tortures.

Toutes ces choses que j’avais faites pour lui, et celles que je ne pouvais pas encore faire… Elles poignardaient mon cœur comme autant de lames assassines.

Je voulais voir son visage et répéter son nom encore et encore.

J’enfonçai mon visage dans l’oreiller et continuai à pleurer jusqu’à m’endormir d’épuisement.

Il était parti comme s’il n’avait rien de bien important à faire et avait disparu comme s’il n’avait jamais existé.

Mais il existait, et même se ça n’avait pas été le cas, je ne pourrais malgré tout jamais oublier ce visage, désormais profondément enraciné dans mon cœur – passer une seule journée sans lui était si douloureux…

Je souffrais en permanence du lendemain qui arrivait sans lui, de la crainte qu’il ne revienne plus jamais.

Mais je croyais en sa promesse, il a dit qu’il rentrerait, peu importait comment.

Ce ne serait peut-être pas le lendemain, mais lorsqu’il reviendrait, je lui pardonnerais. Non, vraiment.

Je pourrais bien lui donner une bonne grosse claque sur la joue, par contre. Puis le serrer le plus fort possible dans mes bras.

J’imaginais les moments de bonheur qui restaient à venir et supportais ainsi chaque jour qui passait.

Deux jours ainsi… Et puis quatre…

Le printemps et les fleurs qui arrivaient.

L’été et le soleil et les vents chauds.

L’automne et les feuilles mortes et les arbres vieillissants.

Et finalement l’hiver, la neige et le monde qui blanchissait.

Une autre année qui sembla une fois de plus une autre éternité.

Il reviendrait.

Raka
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1 NdT : La maison présidentielle.

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17 thoughts on “MWLU : Chapitre 172

  1. Merci à toi de nous offrir ce deuxième et dernier chapitre de la journée 🙂 ! Serais-tu en train de nous amadouer avec toutes ces flatteries :p ? Sérieusement, tu mérites tes lecteurs avec leur commentaire ^^.

    Et oui ! La fin d’un aventure comme tu dis… Mine de rien, ça fait bizarre de se dire ça. Bon, il reste les 2 épilogues et là, on pourra dire que ce sera fini. 

    Pour le chapitre en lui-même, épique au début puis calme pendant tout le reste et un peu mélancolique aussi. On le saura certainement dans ces 2 épilogues mais on nous donne l’impression que Sae-Jin est mort. Ce serait couillu de la part de l’auteur de faire ça ^^. En tout cas, la défaite du Dévoreur des mondes a pas mal chamboulé la société dans son ensemble puisque maintenant, tous ceux qui possédaient un Trait ne l’ont plus. J’imagine le choc psychologique de ceux qui étaient fier d’en avoir un. 

    Bref, à ce weekend !

  2. Si on m’avait raconter a fin quand j’ai commencé à lire ce ln, je pense pas que je l’aurais crue…
    c’est super émouvant et frustrant à la fois…
    Merci beaucoup d’avoir amené ce projet jusqu’a son terme.
    Tes traductions sont toujours aussi géniales Raka ^^

  3. Il m’en a donné des frissons un grand merci a toi d’avoir traduit mwlu une petite pincée au cœur de savoir qu’il est fini est qu’on aura pu l’occasion de vraiment suivre les histoires affolante de notre dieu ha ha

  4. Pfffff…. un long soupir qui finis enfin…. ce LN fut , malgré les quelques reproches que l’on peu lui faire, vraiment agréable a lire. Encore mille merci pour tout ton travaille et pour nous avoir fait voyager tout du long de ta traduction. J’ai commencé à lire sur ce site alors que ce LN n’avais même pas encore eté commencé, mais j’ai vraiment l’impression qu’une page s’est tourné, plus encore que pouvais l’être la fin de SSN, et j’espêre que tu continuera a nous nourir de ton travail et de ta passion un long moment encore ^-^ pavé césar

  5. Raaa qu’elle est triste et frustrante cette fin !!! Merci pour ce second chapitre du jour chargé en émotion pour le coup!!

  6. sacré Sae jin partit cherche le pain il y a 600 ans. Bon plus qu’à espérer un retour en mode « salut sava ? désolé pour le retard » et je pourrais enfin dire au revoir à cette univers qui m’as fait chialer putain!! sinon merci au traducteur pour cette qualité et sinon penses-tu reprendre un autre projet ou bien augmenter le rythme de sortie de tes autres novel ?

  7. Je suis heureux et triste que le novel soit fini. (bien qu’il reste encore 2 épilogues)
    Merci pour ce chapitre et pour les autres. Même pour avoir traduit ce novel, le premier novel que j’ai lu et aucun regret. 😀

  8. Je dois que je vais pas regarder la fin….
    J’ai pas le courage de voir finir ce light Novel si génial…

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