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Chapitre 158 : Dieu terrien 1/2

 

« Kim Kangjul, hein… » observa Woojin.

S’il ne l’avait jamais vu, il en avait tout au moins entendu parler. Il était celui à avoir obtenu le premier le rang A en Corée, et s’était tout comme Kang Woojin illustré par son originalité, ne souhaitant ni rejoindre, ni créer de guilde. Il était de bonne stature, avait la mâchoire carrée et une calvitie assez avancée. Ainsi, quelque chose d’assez positif se dégageait de sa personne.

« Puis-je parler un moment avec vous ? » demanda Kim Kangjul.

« Pourquoi ? Tu veux nous rejoindre ? » lui demanda à son tour Woojin, avec son sans-gêne habituel.

« Tout ce que je souhaite, c’est une conversation avec le Roi d’Alandal. » répondit-il en secouant la tête.

« Alors reviens plus tard. »

« Je… Je suis Kim Kangjul. »

« Je sais qui tu es. »

Après un court silence, Woojin fit un signe aux gardes.

« Foutez-le dehors. » leur ordonna-t-il.

« Bien… Monsieur, s’il-vous-plaît, partez. » eut pour propos l’un des gardes.

Ils ne pouvaient évidemment rien faire face à celui qui avait porté le titre de plus grand éveillé de Corée, aussi aucun d’eux ne sembla à même de rassembler son courage pour se montrer plus autoritaire. Kim Kangjul croisa les bras, le regard planté dans celui de Woojin.

« Si je tiens 30 secondes contre ce chevalier noir, prendrez-vous un peu de temps pour discuter avec moi ? »

« Non, désolé mon gars, tu t’adresses à la mauvaise personne. Je suis occupé, donc reviens plus tard. »

« Ne risque-t-il pas d’être complexe de vous revoir plus tard ? » lui lança Kangjul, un léger sourire au visage.

« Alors on ne se reverra pas. » trancha pourtant Woojin de la façon la plus froide possible.

Mais la sale bête était obstinée…

« J’ai juste besoin de quelques instants… » tenta-t-il d’insister.

« Oh. Il est en train de me faire chier. »

Woojin sauta soudain en contrebas et vint le rejoindre. Malgré l’imposante carrure de Kim Kangjul, Woojin le dépassait d’une tête et s’avéra plus large que lui. La foule commença doucement mais sûrement à reculer, sentant venir une esclandre.

« Qu’est-ce que tu veux là, nous prendre la tête ? Casse-toi, pauvre con. » 1)Double référence : au film La Classe Américaine, et à Nicolas Sarkozy. Lolilol. C’ÉTAIT UNE IDÉE DE WAZ JE SUIS INNOCENT !

Kim Kangjul secoua la tête d’un air gêné et s’expliqua prestement : « J’ai mes propres projets, alors rejoindre votre bande risque d’être problématique. Tout ce que je souhaite, c’est vous parler. »

C’en fut assez. Woojin invoqua son épée longue et l’abattit sur l’éveillé, qui parvint en toute hâte à parer à l’aide de sa dague avant de reculer.

« Mais qu’est-ce que vous foutez ?! » s’offusqua-t-il.

« J’étudie ta candidature à ma manière. Si tu tiens 30 secondes, on pourra parler. » lui répondit Woojin.

« Qu’est-ce que c’est que ces conneries… ? »

Le temps de discuter semblait terminé. Les coups de Woojin se mirent à pleuvoir de plus en plus proches de lui, et parer commençait à s’avérer difficile. La foule recula encore davantage.

Il essaie vraiment de me tuer !

Woojin s’aperçut aussitôt du sentiment de crainte qui l’envahissait.

Il se débrouille bien, ce Kangjul…

Au bout de 10 secondes, Woojin accéléra d’un seul coup la cadence et frappa d’une manière différente, ce qui ne manqua pas de dérouter totalement son adversaire. De nombreuses blessures vinrent à s’accumuler, perlant ses avant-bras et son torse de gouttelettes de sang, mais ce n’était pour l’instant que superficiel.

« Merde ! » cria-t-il par réflexe.

Sans mot dire, Woojin lui transperça soudain l’épaule de la pointe de sa lame. Sa victime, le regard furieux, tenta alors de l’atteindre de sa pauvre dague, regrettant de n’avoir amené avec lui son arme de prédilection. Elle ne parvint même pas à déchirer son vêtement, et Woojin le repoussa violemment d’un coup de pied dans l’estomac. Kangjul s’effondra au sol et tenta de se relever, mais un autre coup l’atteignit cette fois en pleine tête.

« Aaaaah ! »

Puis un autre. Cependant, cette fois, ce n’était pas sa jambe mais son épée qui l’atteignit, découpant la sienne.

« C’est… c’est… vous êtes taré ! » s’écria-t-il, essayant désespérément de stopper l’hémorragie en regardant sa jambe en deux morceaux.

« On s’est tout dit. » décida Woojin.

Même parmi les membres d’Alandal, le malaise était total. La masse compact de gens se fit de plus en plus éparse et Jung Minchan se porta une main au front, comme pour retenir sa tête qui risquait de tomber de désespoir. Le maître avait encore fait un scandale…

« Arrêtez ! » pleura Kim Kangjul.

Pour cause, loin de se satisfaire de sa victoire, Woojin lui planta son épée dans l’autre épaule, déchiquetant les tendons jusqu’à la transpercer.

« Ohhhh… »

Alors qu’il gisait dans une mare de sang, son bourreau s’accroupit à son niveau.

« On vient de passer la barre des 30 secondes. » l’informa Woojin.

« Espèce de… malade ! »

« Ça aurait été dommage de te tuer comme ça. Tu as réussi l’examen ! » sourit-il à pleines dents.

« Merde… tue-moi… »

« C’est prévu. »

Mort ou vif, la seule chose qui importait était qu’ils le servent. D’autant plus que la mort rendait parfois les choses bien plus faciles… sous le regard de Ghazi Al Sid, il fit pression sur son épée, la rapprochant de plus en plus de sa tête. Un seul mouvement, et c’en serait fini de lui.

« A… Attendez ! » l’implora soudain Kangjul.

« Quoi ? Fais court, j’ai une exécution à finir, moi ! » s’amusa Woojin.

« Je vous en supplie… Épargnez-moi… »

« Eh bah celle-là… »

L’ancien plus grand éveillé coréen qui courbait l’échine…

« Je rejoindrai votre guilde ! »

« Oui. Tu me serviras dans la mort, Kangjul. »

« Je… je veux faire ça de mon vivant. » balbutia-t-il.

« Ah, bon ? »

« Je vous en prie… »

Woojin fit une grimace. Sans doute l’idée de prier lui était-elle désagréable.

« Je pense qu’il serait beaucoup plus pratique que tu crèves, tu me seras plus utile comme ça. » lui lança-t-il.

« Vous ne pouvez pas faire ça. J’ai une mission à accomplir pour sauver la Terre. » répondit cette fois Kangjul avec un étonnant sérieux.

« Eh merde… Tu pipeauterais pas un peu, toi ? »

Agacé, Woojin rapprocha encore un peu plus la lame de sa nuque. Heureusement, Kim Kangjul avait encore une carte à jouer.

« J’ai un message de la part du Professeur Toppler à vous donner. »

« Il est où, ce fils de pute ?! » vociféra tout à coup Woojin, hors de lui.

Vraiment, malgré toute sa puissance, cet éveillé n’avait pas pris les précautions suffisantes. Tout, jusqu’à sa dernière carte, avait tourné au vinaigre. Son seul secours était son regret.

« Bon, allons à l’intérieur. » ajouta Woojin après de longues inspirations pour se calmer.

Même s’il n’en restait plus que quelques douzaines, il y avait ici bien trop de curieux pour la tenue d’une telle conversation. Woojin ôta enfin son arme de l’épaule disloquée et, rangeant son épée, les toisa du regard.

« Vous, là. » leur lança-t-il.

« Qui… Nous ? » s’effrayèrent-ils.

« Ouais. Vous passez tous aussi, venez. »

Il se dirigea alors vers la barrière d’Alandal, où se tenaient toujours, entre autres, Woo Soonghoon et Jung Minchan, tous l’air plus morose les uns que les autres. Ghazi s’approcha alors de Kim Kangjul et le souleva par le morceau de cuisse qu’il lui restait, avant de le balancer sur son dos comme un sac de patates, en dépit du sang qui en jaillissait abondamment.

« Faites attention, un peu ! »

« Estime-toi heureux d’avoir encore de la peau sur les os. » morigéna le chevalier noir.

Sa nature terrifiante eut pour effet immédiat de briser toute volonté de se plaindre. À Alandal, il ne recevrait pas de traitement spécial du simple fait de sa notoriété.

« Vous… vous croyez qu’on devrait y aller ? » demanda l’un des derniers convoqués.

« On devrait pas plutôt se barrer… ? » répondit un autre.

Supposés suivre une traînée de sang, ils restèrent bloqués sur place, aussi pâles que la mort.

« Que tous les heureux vainqueurs nous rejoignent ici ! » lança soudain Woo Sooghoon, reprenant ses esprits.

Ainsi, la vie reprit son train et tandis que les gardes entreprirent de nettoyer la scène, 24 nouveaux éveillés, en comptant Kim Kangjul, entrèrent dans Alandal.

 


 

Le bureau du maître se transforma assez rapidement en celui du Roi. Pour en rencontrer l’hôte, il fallait quérir une audience et être prêt à patienter… Justement, le Roi était en plein entretien avec l’un des intéressés.

« Bon, je te l’ai déjà dit, mais je suis pressé. Donc magne-toi le cul. » le prévint-il.

« Pourriez-vous me soigner ? » demanda Kangjul.

« Pour quoi faire ? Tu vas crever, de toute façon. »

« Huh… »

« Donc, tu fais quoi ? »

« Je ne parlerai pas tant que je n’aurai pas été… »

« Alors je te tue. » le coupa Woojin, tout en invoquant une dague dans sa main.

« C’est bon, c’est bon, je parle ! » s’excita-t-il, le souvenir de sa défaite étant encore très frais.

« Je n’ai plus envie de t’écouter. » dit Woojin en s’approchant davantage.

« Rah… Il m’a dit que si vous voulez sauver la Terre de Trahnet, il vous faut les codes ! »

« T’as oublié de te présenter. »

À nouveau, Woojin fit un pas en direction tout en prenant soin de lui envoyer le reflet de la lame dans les yeux. Terrorisé, l’autre commença par déglutir avant de se corriger en toute hâte.

« Kim Kangjul ! Je suis Kim Kangjul. Je ne suis affilié à aucune guilde, mais je travaille avec le Monde Lunaire. »

« Le Monde Lunaire ? » s’étonna Woojin en s’arrêtant.

« Fiou… »

« Tu soupires encore une seule fois comme ça, je te balance par la fenêtre. C’est quoi, cette histoire ? »

« Le Professeur Toppler fait partie de cette organisation… » expliqua-t-il.

« C’est le nom de sa planète ? »

« Je pense aussi, oui. »

« Hmm… Il m’a dit qu’on partageait le même but, lui et moi. Je cherche à briser les liens qui unissent Trahnet à la Terre, Toppler au Monde Lunaire… C’est ça ? »

« Oui. »

Un léger silence s’installa, mais il fut rapidement brisé.

« C’est quoi, un code ? » demanda Woojin.

« Ça, par contre, je n’en sais absolument rien. Moi, on m’a juste demandé de vous transmettre ce message… »

« Un code… Bon, okay. »

« Nous sommes quittes ? »

« Tu vas continuer de protéger la Terre, Kangjul. Dans la mort. »

« Si vous me tuez, vous ne pourrez jamais contacter le Monde Lunaire ! »

« Ils me contacteront. T’es pas crédible, décidément. Tu me seras beaucoup plus utile mort. » souffla Woojin.

« Je ne suis pas quelqu’un de mauvais ! Si vous me laissez vivre, je rejoindrai Alandal. La seule chose que je veux, c’est pouvoir travailler de mon côté. »

« Tu me rappelles quelqu’un… »

Woo Soonghoon et ses tentatives de négociation foireuses… ou peut-être était même pire que lui. À quoi pouvait bien servir de faire de telles propositions alors qu’en l’état, il allait mourir ? Woojin s’approcha à nouveau de lui, la dague fièrement dressée.

« Mais attendez, bon sang ! Je vous ai dit que je vous rejoindrai ! » hurla Kangjul.

« Oui, tu vas le faire. »

Que dire… mais que dire ? Woojin allait de toute façon le tuer. Tout à coup, la porte s’ouvrit en grand fracas.

« Qu’est-ce qu’il y a ? J’avais donné l’ordre que personne ne me dérange ! » grommela Woojin, son arme à deux centimètres de la nuque du blessé.

« Maître… c’est… » bégaya, justement, Soonghoon.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Woojin, les sourcils froncés.

« La petite s’est réveillée. »

« La petite ? »

« Kang Sooah, votre sœur. »

Après un moment d’hésitation, Woojin planta quelque chose dans Kim Kangjul. Heureusement, il ne s’agissait que de son regard.

« Je vous offre ma loyauté tout entière… » le supplia-t-il.

Mais comment faire confiance à quelqu’un dénué d’honneur ? C’était à se demander comment il avait fait pour obtenir un tel rang, sans le soutien de la moindre guilde…

« Ah, bien sûr. Le Monde Lunaire. » lâcha Woojin à haute voix.

De toute évidence, ils l’avaient élevé comme leur poulain. Le Professeur Toppler avait réussi à créer un donjon dans sa propre maison et à disparaître sans laisser la moindre trace. S’il était étrange, il n’en restait pas moins talentueux, et avait dû percer certains des secrets des donjons. Ce n’était certainement pas pour l’argent que des gens de sa qualité avaient soutenu Kim Kangjul. Mais alors, pourquoi ?

« Maître, nous devrions y aller. » insista Soonghoon.

« Oui, tu as raison. » assentit Woojin.

Un chevalier noir lui aurait tout raconté, mais peut-être Kim Kangjul pouvait-il s’avérer être de plus grande valeur en tant qu’otage… En tous les cas, l’urgence de la situation le poussa à considérer l’idée.

« Kangjul, on se revoit plus tard. Soonghoon, tu le surveilles. » ajouta-t-il.

« Bien monsieur ! » répondit l’intéressé.

Woojin sorti, Soonghoon regarda la presque charogne avec pitié. Il lui manquait une jambe, son bras droit était dans un état lamentable et le gauche ne faisait pas beaucoup plus plaisir à voir. Pourtant, Kim Kangjul était parfaitement calme.

« Eh mec, regarde-moi. » lui dit Kangjul.

« Je suis le secrétaire en chef. » le corrigea aussitôt Soonghoon, sur un ton particulièrement ferme.

« Mes excuses. Enfin, vous y avez pensé ? »

Comment un tel cadavre ambulant pouvait-il encore s’exprimer de façon si claire ? Poussé par une curiosité malsaine, Soonghoon se risqua à poser une question.

« Pensé à quoi ? »

« Vous croyez au hasard ? »

« C’est quoi, ces conneries ? Vous délirez ? »

Il détourna soudain le regard, presque coupable de sa curiosité déplacée. Un caillou jeté en sa direction interrompit pourtant toute réflexion.

« Hein ?! »

Malgré son état, il envoya l’objet avec une telle puissance que Soonghoon ne put l’éviter. Il s’effondra sur lui-même et se mit à baver mousseux. L’éveillé de rang AA en profita pour se procurer une potion par sa propre dimension intérieure et en déversa le contenu sur ses multiples blessures. Des forces lui revinrent enfin.

« Dieu m’a souri… »

Il ouvrit une fenêtre, et sauta.

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1 Double référence : au film La Classe Américaine, et à Nicolas Sarkozy. Lolilol. C’ÉTAIT UNE IDÉE DE WAZ JE SUIS INNOCENT !

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12 thoughts on “SSN Chapitre 158

  1. mal écris ce chapitre, passer l’intégralité sur ça et l’autre se barre comme une fleur en mode j’ai jamais étais torturer, j’ai jamais flipper et j’aurai sans doute 0,01% d’importance dans le scénario ,l’auteur aurai pu le tuer..

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