DMS : Chapitre 153

DMS : Chapitre 152

Chapitre 153 – Bienvenue à Zombieland (6)

 

 

Le donjon était parsemé de couloirs et de pièces, toutes semblables les unes aux autres. Ce n’était pas tout à fait un centre de recherches médicales comme je l’avais espéré, mais j’allais devoir m’en contenter.

Au plafond, les néons diffusant une lumière juste suffisante pour s’imaginer en plein jour, camouflés derrière des écrans de protection translucides afin de ne pas éblouir quiconque les regardât en face. Sous mes pieds, en fermant les yeux, je pouvais sentir, grâce à ma connexion avec le donjon, la pulsation des gaz et des liquides circulant dans la tuyauterie. Ce n’était pas un simple décor. Tout, dans le donjon de base de ce type, était prévu pour fonctionner.

— Cette pièce sera parfaite, décidai-je.

J’étais dans une des salles les plus reculées – et néanmoins la plus grande. Vide, froide et silencieuse, elle était presque d’une beauté et d’une perfection obscènes. En tournant sur moi-même pour observer la pièce dans son ensemble, les lumières se mirent à tournoyer dans un ballet hypnotisant – un peu comme lorsque, gamine, je m’amusais à regarder les nuages en tournant jusqu’à tomber en riant.

Mon regard s’attarda un instant de trop sur la plus grosse lampe, à la lumière vraiment trop éclatante, et je sentis comme une main se refermer sur mes tempes, juste derrière mes yeux. Je baissai la tête en fermant les paupières, pour me ressaisir.

Tu as fini de t’amuser ? me rappela la persona à l’ordre.

— Je ne m’amuse pas, soupirai-je. Je réfléchis encore à la disposition de tout ce que je dois y installer. Il faut de l’équipement de recherche, et je ne sais pas exactement ce que contient la collection de ce type de donjon…

En premier lieu, il faut créer le boss. Dois-je te rappeler les bases encore une fois ?

— Non, commentai-je froidement. Je sais ce que j’ai à faire.

D’un simple effort de volonté, je donnai naissance à un VM. Un zombie vraiment… mort-vivant. Il ne ressemblait pas à celui que j’avais tué au moment de l’acquisition, mais peu m’importait. Un mâle, si je pouvais m’exprimer ainsi, en tenue militaire débraillée et déchiquetée. Il lui manquait une partie du bras droit, duquel sortait un morceau d’os pointu. L’une de ses deux jambes était tordue selon un angle désagréable à l’œil et toute la partie gauche de son visage était… bouffée.

Pas par les vers ou le virus.

Par un autre zombie.

Cependant, je n’avais jamais désiré tout ça. Il m’importait peu ce qu’allait être cette créature, au final, puisqu’elle allait se transformer en boss de donjon, et probablement changer drastiquement. Mais… Ce VM était pourvu de caractéristiques… D’une histoire. D’un passé. Le système ne s’était pas contenté de le créer tel que je le voulais, mais… C’était comme s’il était allé en chercher un, là, dehors.

Je secouai la tête. Ce n’était pas le moment de se demander si les créatures que j’invoquais étaient créées à partir de rien ou si elles étaient choisies quelque part, au-dehors.

Le monstre évoluait déjà. Et ce qui le forçait à évoluer d’une certaine façon plutôt que d’une autre… C’était ma volonté. Il suivait le chemin que je traçais pour lui ; il allait devenir ce que je souhaitais.

Ses muscles se congestionnaient. Ils prenaient du volume. Son bras manquant repoussa, sa jambe se plia pour revenir vers l’avant ; Bientôt, ses quatre membres étaient aussi épais que des troncs d’arbre. Sa peau était toujours grise, son visage était toujours partiellement déchiqueté, et je pouvais voir tout un côté de sa mâchoire ainsi que sa langue, entre deux dents apparentes. Il lui manquait un œil, le même qu’avant. La paupière était simplement fermée, mais je savais. En-dessous, il n’y avait rien.

Il fallait qu’il fût un sujet des plus résistants si je voulais que ma mère puisse effectuer tous les tests nécessaires. Il ne pouvait pas crever à la moindre piqure ou au premier bobo.

Le monstre me regarda d’un air bête. Je ne pouvais sentir aucune forme d’intelligence sous cette carcasse de puissance, cette montagne de muscles. Il attaquerait le premier humain qui entrerait dans le donjon. Après tout, il restait un VM, bien que son regard sombre et exempt de tout sentiment semblait percer mon âme.

Machinalement, je me mis à masser mon avant-bras. L’endroit exact où je m’étais fait égratigner par cette employée de cantine. Je savais que l’infection provoquée par une si petite blessure n’était rien et que j’avais des jours – voire plus – pour me faire soigner : aussi l’avais-je immédiatement mis de côté pour plus tard.

Une étrange chaleur remontait paisiblement, si lentement, si calmement, de cette blessure de rien du tout. J’eus l’impression que l’infection avait progressé de quelques… millimètres, peut-être ? Elle remontait tout doucement vers mon cœur. Ou mon cerveau, peut-être.

— Purification.

Je n’avais pas songé à ça plus tôt, et je me sentis d’un seul coup parfaitement idiote. J’avais pu faire disparaître le virus du corps de ces 20’s, alors pourquoi pas du mien ?

Je ressentis effectivement cette purification bénéfique se propager en moi, détendre mes muscles, apaiser ma nervosité, et…

L’infection était toujours là.

— Ça ne fonctionne pas sur moi-même ? m’étonnai-je.

Décidément, j’avais des choses à apprendre sur mes propres capacités.

La puissance des sorts de soin d’un Paladin est bien plus faible lorsqu’il les applique sur lui-même. Certains ne fonctionnent même pas.

— Ah, vraiment… soupirai-je pour la énième fois en si peu de temps.

Entre temps, le boss de mon donjon avait terminé sa métamorphose. Il me faisait un peu penser à ce monstre de fin, que j’avais un jour vu à la télé. Une émission banale sur les jeux vidéo, et un type l’avait éclaté au lance-roquettes, il me semblait.

Vraiment, il lui ressemblait.

— Tu me comprends ? demandai-je à voix haute en m’adressant à ce titan immobile au milieu de la pièce.

Pour toute réponse, il m’accorda un grognement sourd et profond. Il n’ouvrit pas la bouche, ne tenta pas d’articuler de son, il se contenta de râler.

— Bon, je suppose que non. Tu es un cadavre, après tout, et ce prof nous a bien expliqué que les capacités intellectuelles des VMs étaient… plutôt proches du bas de l’échelle.

Un nouveau grognement. Je lui parlais, il répondait ? Comprenait-il seulement ?

Je fis apparaître une immense cage – capable de le contenir tout entier – près du mur, dans le fond. Apparemment, ce type de donjon possédait des objets déjà intégrés. Je n’avais alors pas besoin de les acquérir autrement.

— Entre là-dedans, fis-je en accompagnant les mots d’un geste du menton.

Sans attendre, la bête se retourna et avança d’un pas de goliath vers sa cellule. Il comprenait bien ce que je lui disais…

Peut-être n’avais-je alors pas besoin de l’enfermer… Mais je ne pouvais être sûre de rien. Cette précaution était nécessaire. Je ne pouvais pas courir le risque de voir ma mère attaquée par cette montagne dont l’estomac criait famine d’une faim atroce de chair humaine.

J’abattis un lourd loquet pour sceller son sort. Il ne m’en tint apparemment pas rigueur, toujours aussi imperturbable. D’où j’étais, je pouvais entendre sa lourde respira…

— Hein ?

Un zombie qui respirait ? Je n’avais pas fait attention, est-ce que les autres le faisaient aussi ? Était-ce une caractéristique propre aux VMs ?

Ils ne respirent pas.

— Mais alors ? m’écriai-je. Pourquoi lui… ?

Je ne sais pas. Je suis incapable de l’analyser.

— Hmm… maugréai-je. J’espère qu’il sera un bon sujet de tests malgré tout. S’il a trop changé… Trop évolué… Peut-être que ce sera inutile.

Nous verrons bien. Et dans ce cas, pourquoi ne pas en créer d’autres ?

— Excellent idée !

Je donnais naissance à une série de cages le long du mur, jusqu’à ne presque plus avoir de puissance dans mon donjon. J’avais quasiment utilisé tout ce que je pouvais pour créer neuf cages de plus, dans lesquelles je plaçai autant de VMs qui restèrent parfaitement standards.

Mais aucun n’était identique à son voisin.

— Ils ont tous des vêtements différents, des blessures caractéristiques et propres à chacun d’eux… observai-je. C’est vraiment intriguant.

Finalement, je ne pouvais placer tous les équipements que je désirais. Et ce n’était pas vraiment grave : je savais que ma mère possédait cette espèce de grosse valise que l’on pouvait déplier pour en fait une station médicale de fortune. Elle pourrait parfaitement s’en servir pour ce qu’il y avait à faire là.

Je me tournai une dernière fois vers tous mes adorables monstres.

— Vous tous. Gravez bien ceci dans vos crânes, même s’il en manque une partie à certains… Débrouillez-vous.

Je leur envoyai mentalement une image de ma mère.

— Cette femme ne doit jamais être attaquée, peu importe ce qui en dépend, leur dis-je d’un ton sévère et insistant. Vous lui obéirez, quoi qu’elle vous dise.

Quelques râles me firent écho, sans pour autant me donner la moindre sensation de confirmation. J’espérais qu’ils avaient bien compris…

— Je dois aller la prévenir, maintenant.

Et comment le lui dire ? Comment pouvais-je imaginer dire à ma mère qu’il y avait, dans un endroit où il n’existait pas une heure plus tôt, un laboratoire de recherche qui lui était dédié et dans lequel l’attendait un groupe de VMs coopératifs ?

Ça risquait fort d’être voué à l’échec. J’allais devoir me montrer insistante, dans le meilleur des cas.

Je parcourus à nouveau les couloirs vides de mon donjon afin d’en rejoindre l’entrée. Une petite appréhension se saisit malgré tout de moi lorsque j’en passais la porte, quelque peu différente, plus avancée technologiquement que celle qui servait à séparer la zone résidentielle du tunnel inter secteurs et qui se trouvait au même endroit quelque temps plus tôt.

Finalement, je pus en sortir tout naturellement. Plus rien ne m’empêchait de passer la porte des donjons, maintenant. C’était un fait.

Peut-être était-ce parce que j’étais maintenant un Paladin, ou encore parce que ce n’était plus le vrai système qui me contrôlait, éventuellement parce que j’étais complètement dysfonctionnelle, de toute façon. Ce n’était pas important. Ces hypothèses défilèrent quand bien même dans mon esprit, se succédant sans raison ni but tandis que je rentrais chez moi en fonçant à quelques centimètres du sol, et au diable les témoins potentiels !

De toute façon, les choses allaient bientôt changer sur ce plan. J’avais imaginé devoir passer du temps ici avant de pouvoir en sortir, mais… le système y avait déjà placé sa marque en moins d’une journée. Finalement, tout allait se passer bien plus vite que prévu, et tant mieux.

De nombreuses personnes me regardèrent avec étonnement, effroi, incrédulité ou un mélange des trois. Tous conscients que l’humanité descendait d’une ère technologique plus avancée que ce que nous avions dans les bunkers – sur certains aspects – ils n’en étaient pas moins assez lucides pour savoir que personne ne possédait de dispositif permettant de léviter.

Mais ils n’eurent pas plus le temps de se poser de questions que je ne pris le temps de ralentir. Il fallait que je rentre au plus vite.

Bientôt, je vis ma maison. Saine, sauve et ayant parcouru les kilomètres qui me séparaient de mon donjon avec plus de facilité que ce à quoi je m’attendais, je posai enfin le pied au sol.

— Maman ? criai-je en entrant sans attendre. Maman ?

Aucune réponse. Elle aurait pourtant dû être là. Elle ne travaillait pas, je le savais, c’était un de ses trois jours de repos dans la semaine. Et elle ne partait jamais sans laisser de mot… Ah ! Il était là. Le petit bout de papier blanc scotché sur le réfrigérateur, comme à son habitude.

J’étais rassurée qu’elle n’eût pas dérogé à la règle, et que rien ne lui fût donc arrivé, mais d’un autre côté, ce bout de papier signifiait qu’elle n’était pas à la maison. Et qui savait quand elle allait rentrer ? Les choses s’enchaînaient rapidement et j’allais bientôt pouvoir quitter ce plan. Sans doute pour ne jamais y revenir, mais qui pouvait savoir ? Après tout, cette partie de moi qui avait grandi là pouvait parfaitement me rendre nostalgique.

Quoi qu’il en fût, j’aurais apprécié pouvoir convaincre ma mère de travailler dans le donjon, lui expliquer ce qu’elle pouvait faire, ce qu’elle devait et ne devait pas faire… avant de partir.

J’attrapai machinalement le mot qu’elle avait laissé.

— Partie dans le secteur B pour une étude approfondie d’un VM étrange capturé par l’armée. Je pourrais ne pas rentrer avant ce week-end, tu sais, comme d’habitude. Bisous, maman.

Putain ! Oui, bien sûr, je voyais de quoi elle parlait ! Il lui arrivait parfois, pour un travail plus important qu’à l’accoutumée, de découcher, et parfois pendant plusieurs jours ! Tous les labos des bunkers possédaient des dortoirs et zones de confort, ce n’était pas le souci !

Oui, je savais également me débrouiller pour manger et survivre au quotidien. Il fallait même que je m’occupasse de mon père dans ces cas-là. Merde !

Non, ce n’était vraiment pas le bon moment !

Serrant les dents, je refermai le poing sur le mot que m’avais laissé ma mère.

— Bordel ! grinçai-je.

Ce n’était pas vraiment moi qui éclatait là. Enfin, c’était moi, mais… la moi qui avait seize ans et qui détestait devoir cuisiner et s’occuper du linge toute seule. Décidément, ce plan m’avait sérieusement changée.

Je fis les cent pas dans la cuisine. Que devais-je faire ? Que pouvais-je faire ? L’accès aux autres secteurs était parfaitement interdit pour les civils sans bonne raison – travail, pour tout dire.

Je ne pouvais pas. Je ne pouvais simplement pas m’y rendre. Et même si j’avais pu, malgré tous les points de contrôle, de la distance, du danger – les tunnels inter secteurs m’avaient déjà donné un aperçu de ce qu’ils avaient à offrir – que lui aurais-je dit ?

Salut, maman, désolé de te déranger dans ton étude de spécimen super particulier, mais je t’ai fabriqué un labo équipé d’un sujet docile que tu peux tuer à volonté ?

Ben voyons.

Dans le meilleur des cas, j’aurais droit à un on en parle quand je rentre, quelques petits mots simples qui voudraient dire que j’allais passer un sale quart d’heure, suivi d’une escorte en bonne et due forme par l’armée sans pouvoir en placer une.

— Il faut que je l’attende… décidai-je à contrecœur. Si son étude se passe bien, elle sera de bonne humeur et je pourrai alors lui en proposer une encore plus intéressante. Si elle se passe mal, je pourrai lui dire que tout n’est pas perdu…

Je hochai résolument la tête, seule dans la cuisine.

— Oui. C’est ce qu’il y a de plus raisonnable à faire.

La gamine de seize ans que j’étais dans ce monde, celle qui avait grandi là, n’aurait jamais été aussi pragmatique. Elle aurait pesté pendant des jours, serait allé jusqu’à refuser de mettre le nez hors de sa chambre jusqu’au retour de sa mère. Mais je n’étais pas elle. J’étais, malgré tout, moi. Si elle avait déteint sur moi, elle ne m’avait pas totalement fait perdre ma raison d’adulte.

— En attendant, j’irai à l’université.

Je n’avais plus vraiment d’autre choix – les cours reprendraient le vendredi qui venait.

 

***

 

Vendredi arriva rapidement. Je n’eus pas de retombée de ma petite promenade en lévitation, aussi je finis par décider de croire que personne ne m’avait reconnue.

Et ce vendredi arriva plus rapidement que je ne l’imaginais, d’ailleurs. Les cours ne reprirent pas, une note du principal Gupta décrétant que la reprise des cours était repoussée au lundi. Par contre, ce qui était d’actualité, c’était la fête de bienvenue, toujours maintenue.

Et après plusieurs jours passés à ne rien faire, je comptais bien ne pas manquer ça.

Quinze minutes avant le début des festivités, je rejoignis Xiaolong et des amis à lui à l’extérieur de l’arène. Je n’avais pas encore vu autant rassemblés au même endroit dans ce monde souterrain, mais sans doute le secteur Z tout entier était-il présent pour assister aux jeux. Il y avait des spectateurs de tous âges, déjà pris par le rythme des pom-pom girls qui scandaient divers hymnes entraînants sur le terrain. Une espèce d’excitation électrique était presque palpable, même Xiaolong était incapable d’y résister.

— Allez, fit-il en essayant de me tirer par le bras tout en désignant la rangée de sièges du haut, réservée aux étudiants. Il y a des places, là. Allons-y avant que quelqu’un ne nous les prenne.

À peine installés, nous vîmes l’immense banderole qui pendait jusque sur le terrain se déchirer en son milieu, et il en sortit un Biff parfaitement remonté pour la soirée, accompagné d’un chant qui ressemblait de loin à l’hymne de l’université. Une voix explosa dans des haut-parleurs, un peu partout.

— Bienvenue à la huitième fête de bienvenue de l’université du secteur Z ! hurla une voix qui ne pouvait qu’être celle du principal, ce à quoi la foule réagit en explosant elle aussi.

— Saluons notre plus grand boucher, Biff Marchetti, capitaine de notre équipe du soir !

Biff se mit à agiter une tronçonneuse à grand bruit, comme pour appuyer ce qui venait d’être dit. Il était le capitaine, la star, et n’allais pas laisser quiconque lui voler la vedette. D’autres bouchers furent présentés un à un, chacun portant leur arme de prédilection, un piège à ours, une hache géante, un fusil à harpon et un vieux mousquet équipé d’une baïonnette.

Dans la fosse au milieu de l’arène, emplie d’anciennes traces de sang séchées, il allait se passer quelque chose, car tout ce beau monde s’attroupait autour, à grands mouvements de haches et d’armes diverses afin de bien exciter la foule.

— En guise d’apéritif, clama la voix des haut-parleurs, n’attendons pas plus ! Offrons-nous le spectacle auquel vous êtes tous venus assister !

Dans un cliquetis macabre, du haut du dôme qui servait de plafond à l’arène descendit une chaîne au bout de laquelle était suspendu une cage.

Une cage emplie de VMs ! Ils étaient au moins une quinzaine, et plus la cage se rapprochait de la foule, plus ils s’agitaient, grognaient une faim insatiable et faisaient tanguer le tout.

Arrivée à mi-hauteur, la cage s’arrêta, à deux mètres à peine du haut de la fosse.

Biff lança un regard en direction d’un gradin où je pus apercevoir quelques têtes connues de professeurs qui acquiescèrent dans sa direction et lui arrachèrent un sourire.

La porte de la cage s’ouvrit dans un clic et les VMs se déversèrent sans attendre hors de leur cellule flottante, pour tomber comme des cons au fond de la fosse, du haut de laquelle Biff et les autres les regardaient se relever sans honte.

Les monstres se collèrent aux murs de la fosse, bras levés, grognant et râlant, essayant d’attraper des humains savoureux hors de portée.

D’ici, je pus voir que quelque chose était différent. Bien sûr, les bouchers n’avaient pas peur. Mais à ce point ? Sans doute parce que les VMs portaient des muselières et des gants épais. Oui. Tout était prévu pour qu’ils ne puissent blesser personne, bien sûr.

C’était un spectacle, pas un combat.

Biff bondit au fond de la fosse, le premier, rapidement imité par ses collègues. Je ne vis pas grand-chose de plus de là où nous étions, la fosse devenant rapidement un nuage sanglant d’où volaient des membres et des bouts de viande… mais une chose était sûre : la foule était en délire.

C’était leur truc.

Mais je pouvais imaginer que dans ces sous-sols, la vie devait être suffisamment ennuyeuse pour que même une chose aussi barbare pût être distrayante. Je ne leur en voulais pas.

Je me mis à me désintéresser de la scène, pour ma part, et me surpris à laisser mes yeux se promener dans la foule. Tous étaient survoltés. Pas une seule personne n’était assise – même Xiaolong sautait presque sur place – et les bras levés accompagnaient des chants scandés tels des hymnes de guerre.

Mais… C’était quoi, ça ?

Le comportement de plusieurs personnes, un peu plus bas, près de l’arène elle-même, clochait. Ils n’étaient pas en rythme. La foule était parcourue de vagues électrisantes et coordonnées, comme autant de olas, mais eux… Asynchrones, détachés du rythme de la masse, ces petites gens que je distinguais à peine au travers de la foule étaient… curieux.

— Put… Non ! hurlai-je en réalisant ce qu’il se passait.

Je bondis en avant, dans le couloir entre les rangées de sièges, et me ruai vers le bas de l’estrade une cinquantaine de mètres plus loin.

Les spectateurs ne me regardaient même pas passer. Ne me remarquaient pas. Leur attention trop accaparée par la boucherie qui se déroulait dans la fosse – et qu’ils ne pouvaient sans doute même pas faire mieux qu’imaginer – ils étaient comme autant de zombies eux-mêmes.

Des zombies, putain !

Je me jetai en avant en direction de ce groupe étrange. De plus près, je me rendis compte que mes spéculations avaient mis dans le mille.

Ils n’étaient pas entrainés par le rythme ! Ils se faisaient bouffer, leurs hurlements perdus dans les cris et le chahut de la masse, leurs voisins à peine dérangés et un peu bousculés ne prêtant même pas attention à ce qu’il se passait !

Et je le vis. Il était là. Un simple VM, un type à la peau grisâtre, sans doute pas encore au niveau d’infection 20, mais suffisamment atteint pour ne plus être lui-même. Il était allongé sur le cou d’une femme, déjà morte. Le sang coulait le long du métal froid et personne n’y faisait attention. Bordel, même ceux debout juste au-dessus avaient le regard tellement braqué sur l’arène qu’ils étaient devenus aveugles à tout le reste !

— Frappe brutale ! hurlai-je en plein vol, à défaut d’avoir le temps de réfléchir à autre chose.

J’atterris, après être passé au-dessus de la tête des quelques plébéiens en contrebas, directement sur le VM qui se relevait déjà en zieutant sur son voisin le plus proche – son prochain encas. Mon poing percuta son épaule au lieu d’atteindre sa tête, et son bras vola en direction de l’arène tandis que le reste de son corps tournoya deux ou trois fois.

— Merde ! Purification ! tentai-je après avoir eu une seconde pour y penser.

La compétence fonctionna, et ma main libéra une chaleur bénie qui fit tomber le VM raide mort – pour de bon. Il s’affala et roula dans le sang de sa victime.

Ce fut à ce moment que quelques têtes se tournèrent vers moi et que la panique éclata, d’abord autour de moi, pour s’étendre comme un feu de brousse au travers des gradins.

Raka
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DMS : Chapitre 152

14 Commentaires

  1. NéraNéra

    Merci pour ce chapitre.
    Preuve est maintenant faite que j’aurais du être plus patient. Bien joué

    Répondre
  2. Toto

    Ce LN c’est n’importe quoi.
    L’auteur n’a aucune idée de ce qu’il fait, l’histoire lui a totalement échappé.
    Une chinoise qui se reincarne en architecte qui construit des donjons.
    Et puis après elle va sur Albion où elle rencontre Arthur et Lancelot. Puis elle va chez les elfes, puis elle crée un monde avec des zombies où elle joue les lycéennes.
    On dirait que des lancés de dés aléatoires déterminent la suite de l’histoire.
    Faut franchement arrêter les dégâts là et stopper ce LN sans intérêt.

    Répondre
    1. Kajy

      T’oublie des détails. Les elfes sont assaillis par des chiens mangeurs de couilles. Elle se fait griffer le bras au sang par un VM devant tout le self mais elle s’en branle totalement. ( 2 ou 3 jours pour tester une purif qui évidement ne marche pas parce que sinon ça serait trop facile)
      Des pouvoirs divins toutes les 24h utilisés pour créer un salle et des VM, genre y’en a pas assez dans ce monde..
      Elle peut sortir un pouvoir de son cul qui créé un monde mais l’entité qui l’a créé et possède tous les univers ne peut pas lui régler son compte parce que pas assez de RAM.

      Beaucoup de lancés de dés suivis de justifications à donner mal au crane.

      L’ histoire partait bien. Mais les bugs ont clairement affecté l’IA de l’auteur. Je me demande combien de temps il va encore pouvoir écrire en français… 😀

      Répondre
      1. RakaRaka (Auteur de l'article)

        L’auteur n’a aucune idée de ce qu’il fait, l’histoire lui a totalement échappé.”

        Rien que pour tes beaux yeux et pour répondre à cette ânerie d’une beauté de maître :
        Juste au cas où : le scénario global est écrit depuis le chapitre 1 et je sais exactement où va l’histoire ; je sais même, à plus ou moins 30 chapitres, sa durée totale 😀

        Tu ne piges pas, toi, ou va l’histoire, et pourquoi des mondes différents ? Pourquoi des potentielles incohérences pas encore expliquées ? Ah, c’est vrai que tout bon LN doit tout expliquer dès le départ et devenir si chiant que t’as plus besoin de lire la fin pour la deviner, ce afin de couper court à tout suspense et toutes questions en suspens ! J’avoue que tu es si malin de voir les choses de la sorte. T’es du genre à utiliser des codes argent infini dans les 10 premières minutes d’un jeu, non ? C’est un peu le même plan.
        Et toi bah, si tu ne le comprends pas, tu vois, ce n’est pas le cas de tout le monde. Bien au contraire.

        Enfin, pour être un peu plus sérieux et moins cassant, avant de parler, on s’assure de savoir ce qu’on raconte, au risque de passer pour le dernier des idiots. Désolé hein, mais faut dire les choses comme elles sont 🙂

        Quant à mon français, il n’a et n’aura jamais aucun souci, parole. Je suis un peu un puriste de ma langue hein ^^

        Au pire, ça t’intéresse pas, tu lis pas. Ce n’est pas l’avis de 1600 personnes par chapitre, jusqu’à présent.
        Donc à chacun de voir s’il veut continuer à s’afficher de la sorte auprès de toutes ces personnes !
        Arrêter une histoire sans intérêt, tu sais, c’est un peu comme arrêter les commentaires sans intérêt, ceux nourris par une ignorance profonde du sujet xD

        Je le répète pour que ça rentre bien, parce que c’est important ! Quand on ne sait pas, on ne parle pas !

        Bisou !

        Répondre
        1. Kajy

          Ton commentaire me fais rire. Et ça s’arrête là.

          La seule chose qui me donne mauvaise conscience c’est de m’attaquer gratuitement à ton histoire.

          Après ça change pas que c’est vraiment pas ouf. Comme si tu ne savais pas creuser un monde ou que ça te gonflait très vite.

          Et t’a beau anticiper ton histoire sur 30 chapitres, ton histoire se dégrade quand même quoi que t’en dise.

          ça me fait quand même chier de voir un si bon début, en français en plus, perdre autant en qualité. C’est le jour et la nuit.

          Les elfes hautains accueillants en accord avec la nature, le grand arbre monde et les fruits magiques. Mec, c’est du grand art comparé à l’introduction de ton personnage dans sa nouvelle cité, avec son palais des miroirs et ses commerçants lobotimisés.

          On dirait que t’a perdu toute inspi du jour au lendemain.

          Bon perso j’arrête là de toute façon au pire je te blesse et au mieux je suis le hater de service alors.

          Répondre
          1. RakaRaka (Auteur de l'article)

            Ca te fait rire, comme la réponse classique de tous ceux qui ne savent pas quoi dire ?

            Tu sais, peu importe ce que tu penses, apparemment tu ne sais pas lire une phrase simple, donc je vais la répéter pour toi.

            Mon monde est creusé et complet depuis bien avant le chapitre 1. Scénario terminé, détails ajoutés, tout va exactement là où je veux aller. Il n’y a que quelques points qui s’intègrent de temps à autre par nécessité, mais sinon tout suit exactement le chemin prévu sans aucune incohérence.

            Pas ma faute si tu ne sais pas attendre que les choses se délient toutes seules 🙂
            L’histoire se dégrade à tes yeux. Tu n’as pas ceux du voisin, quoi que t’en dises. J’ai eu des mails de deux communautés anglaises qui la suivent en Gtrad.
            Ecoute, écris un truc et fais ça. On rediscutera ensuite sur tes capacités de jugement aveugle, au pire (et par là, j’entends que tu le fais sans avoir toutes les données qu’il faut pour avancer des opinions comme autant de faits, comme tu le fais.)

            Faudra un jour que tu fasses la différence entre “Ce n’est pas à mon goût” (ce que tu peux tout à fait dire, ça arrive, heureusement que 1600 lecteurs chaque semaine, et de façon régulière depuis le 1er chapitre, ne sont pas de ton avis) et “l’histoire est mal faite”.

            Parce que tu t’emmêles entre ces deux points.

            C’est pas une question de me blesser (aucune chance, ne t’en fais pas) ou de passer pour un hater (t’as le droit de dire que c’est pas à ton goût…)
            C’est juste que t’es à côté de la plaque, pour le coup. Tu juges des choses sans en connaître les données intrinsèques et tu affirmes que c’est ainsi, point.

            Donc je te laisse arrêter de lire, et à la revoyure ! 🙂

  3. Ptitkudo

    merci pour le chapitre ^^
    Toujours un plaisir à lire !!

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  4. georgesjungles

    Merci pour le chapitre. Et je voulais juste te dire que ta réponse n’est pas facile à lire sur téléphone, car tenu à la verticale je n’ai que 5-6 caractère par ligne sur une réponse de réponse de réponse de commentaire.

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    1. RakaRaka (Auteur de l'article)

      C’est pas bien grave, t’en fais pas 😀
      Tu ne perds pas grand-chose.

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  5. HinomuraHinomura

    Merci pour le chapitre.

    Continue moi j’adore !

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  6. Arrow

    Il y en a un qui a trop chaud en ce moment et qui se défoule comme il peut on dirait
    je comprend même pas pourquoi il critique car au final il n’apporte même pas de suggestions pour améliorer l’histoire
    En bref il vient dire que c’est de la merde alors que c’est sûrement une des histoires les mieux construites du genre Light Novel

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    1. RakaRaka (Auteur de l'article)

      Simplement parce qu’il n’est sans doute pas familier avec ce qu’est la construction littéraire. Il faut comprendre que les light novel ne sont pas faits comme des livres, au niveau scénaristique : ils sont droits, directs, un peu comme une rue à sens unique sans croisements.

      Et je déplore ce type d’écriture (même si certaines oeuvres le font oublier par leur intérêt pur et simple), qui est une parodie de ce qu’est une vraie construction de texte : quand tu n’es pas capable de comprendre un développement et d’en attendre la suite, voilà ce que ça donne 🙂

      Il l’a bien démontré en expliquant qu’il aimait la première partie, en ville. Ben oui, elle était simple, sans fioritures, allait d’un point A à un point B le plus simplement du monde… Une espèce de cercle vicieux scénaristique où il ne se passe pas vraiment grand-chose, où chaque nouvelle action clôturait la précédente sans y revenir. C’est ce qui lui plaît, apparemment, et même si j’en suis désolé pour lui, j’ai passé l’âge d’écrire des livres pour enfants de maternelle.

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  7. Aximili

    Merci pour le chapitre !

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  8. Moumou

    Ben sache que pour ma part (je te l’ai déjà dit d’ailleurs mais bon ça fait pas de mal de le répéter =p) j’accroche complètement et j’attend toujours la suite avec impatience 😉
    On peut pas plaire à tout le monde c’est normal, au moins il a expliqué en quoi il aimait pas il s’est pas contenté de dire “c 2 la mèr2 xD ptdrr” (à tort ou à raison, peu importe, les goûts et les couleurs hein ^^)

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