DNC Chapitre 371
DNC Chapitre 373

Et voilà un gros chapitre de DNC pour cette reprise, et pour votre plus grand plaisir !

Bonne lecture à tous et toutes !

 

 

Chapitre 372 – Tuer un homme, passe encore, mais faire une chose pareille ? C’est hors de question !

 

Ils faisaient face à un seul ennemi, mais c’était un ennemi clef de la guerre entre les deux pays.

Le Hall des cavaliers Dorés aurait dû être la principale force à la poursuite de l’ennemi et pourtant, ils étaient arrivés bien après que la bataille soit terminée. Leur retard était la plus grande source de colère et de ressentiment du régiment.

Ils n’auraient pas du sacrifier autant de leurs frères d’armes s’ils étaient arrivés plus tôt. En fait, l’ennemi n’aurait pas pu s’échapper s’ils avaient été là ! Par conséquent, ils éprouvaient davantage de rancoeur envers ces ‘renforts’ qu’envers le Roi des Enfers Chu.

Les quatre cents et quelques soldats qui ramassaient les cadavres sur le champ de bataille éclatèrent en sanglots en entendant les excuses de Jing Menghun. Ils se mirent à pleurer amèrement. Frères, vous êtes morts ; vous avez sacrifié vos vies, mais les responsables de votre mort se sont excusés…

Bien que ça ne soit qu’une mince excuse…

Jing Menghun avait le coeur lourd. Il sentait qu’il n’avait pas le droit de faire face à ce groupe de soldats ordinaires, aussi mena-t-il précipitamment les experts du Hall à la suite de l’armée. Il commença ainsi à suivre leur piste aussi vite que possible.

Les centaines d’experts du Hall des Cavaliers Dorés eurent l’impression de perdre la face lorsque le jeune soldat s’en prit à eux. Comment pouvaient-ils supporter d’être ainsi tancés ? Cependant… Nombre de gens moururent par leur faute, alors il allait forcément y avoir un certain ressentiment à leur égard.

Nous sommes arrivés tardivement, mais qui peut-on blâmer pour ça ? Le plan était qu’ils montent les casernes et empêchent l’ennemi de s’échapper et nous, nous aurions alors eu le rôle de nous charger de lui et de le capturer… Cependant, les rôles se sont inversés vu que la bataille était déjà terminée à notre arrivée…

Chu Yang continua son avancée frénétique. Il pressait follement son cheval et traversait en trombe la plaine comme une étoile filante. L’armée était à ses trousses et se rapprochait de plus en plus.

Malheureusement pour lui, la route qu’il empruntait traversait une grande vallée plate et était désespérément droite, sans le moindre embranchement ou carrefour… Il y avait bien des montagnes gigantesques de part et d’autre de la route, mais sans aucun signe de forêt.

Le jeune homme chevauchait tant et si bien qu’il sentait que la peau intérieure de ses cuisses commençait à le brûler, à force de se frotter à la selle…

Wang Tenglong fixait tenacieusement le cavalier qu’ils poursuivaient et il donnait des ordres sans s’arrêter. Un millier de cavaliers environ avaient mis pied à terre à mi-chemin avant de continuer leur poursuite à pied.

Ce n’était pas pour appuyer la traque, mais plutôt un élément du plan du général. L’ennemi est un cavalier solitaire, dont le cheval ne va pas pouvoir galoper encore longtemps. Nous devons conserver nos chevaux, et c’est pourquoi j’ai fait mettre pied à terre à un millier de soldats d’élite ; ils continueront la poursuite de leurs propres forces et préserveront ainsi leurs bêtes. Les chevaux du millier de cavaliers en tête vont inévitablement s’épuiser, et ils pourront être remplacés par les chevaux frais sans perdre de temps. Nous pouvons galoper deux fois plus longtemps que l’ennemi !

C’était la loi de la traque.

Tout le monde savait que si plusieurs milliers d’hommes pourchassaient un individu seul, alors celui-ci finirait bien par perdre sa chance tôt ou tard.

Et elle se ferait ensuite subjuguer petit à petit.

Cela étant, Wang Tenglong n’osait pas affirmer que c’était ainsi que leur traque allait finir, en regardant l’homme qu’il pourchassait.  Le Roi des Enfers Chu était un homme avisé qui connaissait toutes sortes de ruses. Qui pouvait savoir quelle étrange méthode il emploierait ensuite ?

Par conséquent, le général n’osa pas se montrer négligent, et il continua sa traque en accélérant avec persistance. Je dois capturer le Roi des Enfers Chu sur cette route montagneuse droite !

Une fois en terrain propice, le Roi des Enfers Chu pourra déployer d’innombrables stratégies pour s’échapper… Et il pourrait même en profiter pour se planquer, et là… Le capturer ne sera pas une mince affaire.

De son côté, Chu Yang transpirait profusément ; il était si trempé qu’on aurait pu croire qu’il s’était pris une averse. Ses poursuivants n’étaient qu’à cent cinquante mètres derrière lui ! Il conservait une expression calme et sereine, mais il éprouvait cependant une certaine impatience : il savait que si cette course-poursuite devait se poursuivre, il finirait par mourir des mains de ces dix mille soldats d’élite.

Son cheval commença à transpirer profusément et à haleter lourdement. Il émettait même de la vapeur blanche de ses naseaux en sifflant. De toute évidence, il n’allait pas pouvoir continuer longtemps.

L’adolescent renifla froidement en son for intérieur, mais il n’avait aucunement l’intention d’abandonner. Je m’attendais à cette situation.

Bientôt, la route s’infléchit et changea de direction. Le Fourbe vit alors tout à coup une forêt au vert vif pas loin de là, et elle lui parut soudainement merveilleuse. Il cravacha férocement le cul de son cheval et se pencha légèrement en avant, histoire de se préparer à bondir en avant à tout moment…

Il pouvait enfin voir un mince espoir d’échapper à sa situation, mais il resta aussi calme que de la glace.

Il changea de direction, et les soldats crièrent dès qu’ils virent la forêt dense et les nombreuses montagnes droit devant.

« Tirez vos flèches ! N’hésitez pas, abattez-le coûte que coûte ! »

Wang Tenglong n’avait pas encore changé de direction quand il entendit ses hommes crier. Il réalisa alors ce qui s’était passé, prit rapidement une décision et donna un ordre.

Ils l’avaient pourchassé durant tout ce temps, mais tirer des flèches s’était avéré contre-productif. Non seulement les flèches ne parvinrent pas à réduire la vitesse de leur ennemi vu qu’il était hors de portée, mais en plus certaines d’entre elles finirent par blesser des hommes et des chevaux. De plus, ils n’avaient pas énormément d’arcs et de flèches à disposition, aussi durent-ils laisser tomber à défaut d’avoir une meilleure option.

Cependant, ils n’avaient à présent plus le temps de penser à tout ça…

Ils tirent à nouveau leurs flèches, non dans l’espoir de tuer le Roi des Enfers Chu sur place, mais dans celui de lui ajouter quelques blessures. Pour Wang Tenglong, ça suffirait largement vu que ça augmenterait les chances du Hall des Cavaliers Dorés de le tuer une fois qu’ils se joindraient à la traque.

L’ordre fut transmis, et des milliers de flèches furent tirées en même temps. Certains officiers jetèrent même leurs armes en direction de leur cible.

Chu Yang entendit un gros sifflement déchirer l’air et bondit rapidement de sa monture pour voler dans les airs. Il se transforma ensuite en un groupe d’ombres diffuses et fila à la vitesse de l’éclair.

Il bondit de la selle, mais le puissant recul généré par son saut ralentit le cheval considérablement. La pauvre bête fut rapidement transformée en un énorme ‘hérisson d’acier’ sous la pluie de flèches… Il avança encore quelques pas, puis il s’effondra dans un gros ‘bang’.

Chu Yang, de son côté, avait déjà emprunté la puissance du recul, et il fonça droit dans la forêt dense comme un météore. Seule la couverture dense des feuilles trembla à sa suite tandis que sa silhouette disparut.

Ensuite, un bruit tonitruant résonna avec insistance, et des douzaines de grands arbres à la périphérie de la forêt tombèrent et s’écrasèrent sur un escadron de cavaliers.

Les hommes crièrent et les chevaux hennirent. Des douzaines de chevaux tentèrent anxieusement d’esquiver les arbres tombants… Mais c’était trop tard. Les cavaliers essayèrent désespérément de s’échapper et tombèrent de leurs montures pour rouler plusieurs fois à terre. Ils parvinrent d’une manière ou d’une autre à éviter d’être ensevelis sous les troncs, mais leurs chevaux n’eurent pas cette chance ; ils furent écrasés par les arbres et leur sang gicla alentour.

Ces arbres étaient si gros que cinq ou six hommes auraient dû faire la chaîne pour parvenir à en faire le tour. Et des douzaines d’arbres aussi gros s’étaient soudainement effondrés et couvraient entièrement l’entrée de cette jungle. Des hommes pouvaient encore traverser cette barricade, mais il était impossible de la franchir à dos de cheval.

Chu Yang poussa un soupir de soulagement. Il était dans une situation critique où il était complètement épuisé, et ce malgré le puissant soutien de l’Épée des Neuf Calamités.

Peut-être qu’il m’aurait été difficile d’échapper à cette calamité sans l’apparition soudaine de cette forêt…

Il força son corps épuisé à avancer et s’enfonça dans les profondeurs de la forêt.

Il sortit alors une bouteille d’eau de source de vitalité en courant, leva la tête et l’engloutit cul-sec. Sa gorge brûlante s’apaisa peu à peu grâce à cette eau.

Wang Tenglong leva la main, et les escadrons de cavalerie derrière lui s’arrêtèrent.

« Envoyez un message à l’armée de l’autre côté de la montagne et dites-leur de prendre le relais de la capture du Roi des Enfers Chu. » Cria-t-il d’un coup.

Maintenant, ça va être un combat dans la forêt. Si mes soldats devaient entrer dans cette jungle primitive où on ne voit pas sa propre main… Ils finiraient par se faire massacrer.

Seuls des experts martiaux sont capables de capturer le Roi des Enfers Chu…

« Général, j’ai une idée… » Sun Fuhu, son second, était encore hors d’haleine. Ce voyage l’avait exténué, mais il tenta néanmoins de présenter sa proposition. « Et si nous mettions le feu à cette montagne toute entière ? »

« Mettre le feu à la montagne ? » Wang Tenglong fronça les sourcils. Il leva la tête pour sentir de quelle direction venait le vent ; c’était un vent de sud-est. Il regarda ensuite la chaîne montagneuse qui s’étendait sur des milliers de kilomètres et ne put s’empêcher de soupirer.

Ces montagnes sont couvertes d’arbres résineux comme des cyprès et des pins. S’ils devaient prendre feu, alors l’incendie balayerait probablement la forêt tout entière pour la réduire en un tas de cendres !

Le général hésita un moment, puis il dit lentement : « C’est trop cruel que de brûler cent vingt mille kilomètres carrés de verdure pour coincer une seule personne. »

Il soupira à nouveau, visiblement en plein dilemme. Il finit par poursuivre après un long silence : « Cette forêt montagnarde est massive ; elle couvre plusieurs milliers de montagnes et de rivières et s’étend sur plus de mille cinq cents kilomètres au nord et sur huit cents kilomètres vers le sud. »

« Cette forêt fait partie du territoire du Grand Zhao… » Un sourire aussi amer que forcé apparut sur ses lèvres. « Au moins trente millions d’habitants dépendent de cette forêt pour se nourrir et se chauffer. Mettons le feu à cette forêt et nous brûlerons la vie de trente millions de nos concitoyens ! »

« Ce n’est pas que je ne veux pas suivre votre suggestion… Mais honnêtement, je ne peux pas ! » Conclut-il d’un ton mélancolique.

Sun Fuhu baissa la tête de honte.

« Si un incendie devait se déclarer dans cette forêt, alors notre objectif principal serait de l’éteindre… Même si le Roi des Enfers Chu se cache en son sein. Et c’est pourquoi nous ne devrions certainement pas penser à commettre cet incendie criminel ! » Reprit Wang Tenglong. « Cette forêt couvre les montagnes depuis… Plus de dix mille ans. Comment pourrions-nous la détruire pour quelque chose d’aussi insignifiant ? Est-ce que ça ne ferait pas de nous des pêcheurs éternels ? »

Sun Fuhu avait honte de lui-même. « J’ai été trop impulsif. »

« Non, tu ne l’as pas été. J’ai moi-même été tenté de le faire ! » Dit le général en prenant une grande inspiration. « Nous pourrions certainement le tuer en mettant le feu à la montagne, mais nous ne devons pas faire une chose pareille, et c’est pourquoi j’ai dû me résoudre à te convaincre… Afin de me convaincre moi-même se faisant. »

Il prit une nouvelle inspiration, puis il poussa un long soupir. Il continua ainsi un bon moment, puis il dit avec impuissance : « Cette forêt aurait-elle été au Nuage de Fer plutôt que dans le Grand Zhao… que nous n’aurions tout de même pas pu la brûler. Elle borde de près des villes et villages… Nous sommes des soldats ; nous pouvons tuer sauvagement sur le champ de bataille, mais commettre un acte aussi monstrueux est hors de question ! »

« Oui général ! Je suivrai solennellement vos instructions jusqu’au à la fin ! » Déclara Sun Fuhu de bon gré.

Wang Tenglong ordonna à ses hommes d’attendre, puis Jing Menghun et les siens arrivèrent éventuellement dans un tourbillon de poussière.

« Est-ce que le Roi des Enfers Chu est entré dans la forêt ? » Le Roi Martial fronça les sourcils. « Pourquoi ne l’avez-vous pas poursuivi ? » Demanda-t-il très durement.

Le général fronça les sourcils en retour pour contenir sa rage.

« C’est votre devoir ! » Dit-il dédaigneusement en jetant un regard lourd de sens aux renforts. « Maître de niveau Roi Jing, le Hall des Cavaliers Dorés nous doit une explication quant aux morts parmi mes frères, mes subordonnés ! »

Il marqua une pause avant de continuer lentement. « Même le Premier Ministre Diwu me devrait une explication s’il était en tort dans cette histoire. »

Jing Menghun fut subitement frappé de stupéfaction. Ce général était habituellement d’un calme olympien, mais il pouvait sentir à ses paroles qu’actuellement, il bouillait de rage. Il sentait même qu’il était sur le point d’éclater de colère incontrôlable.

Il savait qu’il n’avait pas été à la hauteur et par conséquent, il ne pouvait pas répondre même s’il le voulait. Du coup, il se résigna à rester silencieux.

Wang Tenglong renifla froidement en montant sur son cheval, où il se redressa droit comme un piquet. Il dit alors lentement d’un air glacial : « Moi, le général Wang Tenglong, ne suis pas quelqu’un que vous pouvez interroger, Maître de niveau Roi Jing ! Que je pourchasse ou non la cible… Vous n’avez rien à dire à ce sujet ! »

Le général fit alors un signe de la main. « On se retire ! »

Son armée le suivit de près et passa à côté du Roi Martial et de ses troupes en évacuant la zone. Les yeux des soldats brillaient d’une telle rage qu’on aurait dit qu’il allait manger ces tristes renforts tout cru.

« Espèce de… ! » S’écria un Vénérable Martial derrière Jing Menghun. Il pointa alors sa hallebarde en direction du général et au moment où il allait l’insulter de tous les noms, il fut retenu par son supérieur. Cependant, il réalisa soudain que plusieurs centaines d’archers de l’armée du général avaient encoché leurs flèches, et que leurs têtes froides et inquiétantes étaient toutes rivées sur lui.

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