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Ce fut un peu long, mais voici enfin votre DNC du jeudi !

Bonne soirée à tous et bonne lecture ! o〉

 

 

Chapitre 384 – Tituber à chaque pas

Tous les membres du Hall des Cavaliers Dorés se dispersèrent en faisant siffler le vent.

Jing Menghun s’en alla également, bouillonnant d’anxiété. Le Roi des Enfers Chu va s’échapper au moindre faux-pas de notre part. Nous n’avons pas de temps à perdre ; rien ne sert de s’attarder sur cette occasion manquée…

Les experts partirent dans toutes les directions en cherchant leur proie, les yeux grands ouverts. Ils fouillèrent même les tanières de rongeur pour le retrouver ; ils cherchèrent partout, à part sous le petit buisson résineux où Chu Yang s’était caché, près de là. Ils n’y avaient accordé aucune attention bien qu’il soit juste sous leur nez. Le Roi Martial Jing Menghun est resté là si longtemps que même les rats se sont enfuis… Il aurait déjà capturé le Roi des Enfers Chu s’il avait été là.

On est sur une grande surface plane… Comment parvient-il à se cacher là ?

Des renforts les rejoignirent en faisant siffler le vent, puis ils se dispersèrent à tous les vents également. Ils passèrent même à moins d’un mètre de la cachette de l’adolescent, balayant les alentours de leurs regards comme autant de miradors…

Le Ministre Chu resta immobile, recroquevillé sous son buisson. Tsk tsk… Vous n’arrivez même pas à trouver cinquante kilos de viande… Vous feriez mieux de vous préparer à me donner votre carcasse, tôt ou tard…

Le soleil descendait lentement sous l’horizon à l’ouest.

Cette journée terriblement chaude était sur le point de se terminer. Les hommes qui le cherchaient dans la jungle commencèrent à s’impatienter de plus en plus. On le cherche depuis si longtemps qu’on a presque retourné cette montagne entièrement, et aucune trace de lui… Se peut-il qu’il se soit déjà échappé ?

« C’est impossible ! » Conclut Jing Menghun. Le Roi des Enfers Chu est grièvement blessé, et c’est même un miracle qu’il soit parvenu jusque-là. Il est impossible qu’il se soit échappé.

Il était convaincu d’avoir raison, car il avait de profondes connaissances en médecine.

Le Roi des Enfers Chu est toujours planqué quelque part sur la montagne, c’est indéniable.

« Continuez de fouiller chaque grotte… Sous chaque arbre… Chaque cime… Et chaque buisson. S’il est dans un terrier de lapin, alors détruisez-le et sortez-le-moi de là. Détruisez chaque gros rocher en poussière. Il est sur cette montagne, ça ne fait aucun doute ; il ne peut pas s’être envolé. » Il se sentit épuisé une fois qu’il eut donné ses ordres.

Les membres du Hall des Cavaliers Dorés se remirent à la recherche de leur proie. On entendit des grondements continus parvenir de la montagne, où les gros rocs étaient détruits. Tout ce qui pouvait dissimuler un homme fut fracassé.

La faune de la montagne, des loups aux insectes en passant par les souris ou les renards, avait bien des problèmes. Ils fuyaient en désordre, désormais sans domicile. Et en plus, ils tombaient parfois sur des experts du Hall, qui n’hésitaient pas à les tuer pour se passer les nerfs…

Pendant ce temps, l’Esprit de l’Épée aidait son maître à récupérer sa force spirituelle, qu’il avait recouvré à ce moment à soixante pour cent. Cependant, ils avaient épuisé toute l’essence médicinale qu’ils avaient accumulée après bien des épreuves… Il n’en restait même plus une goutte.

Ils n’avaient plus que deux ginsengs d’esprit de jade des neiges, mais le Fourbe refusait de les utiliser. En cas de danger, c’était tout ce qui lui restait pour rester en vie.

L’énorme collection d’ingrédients médicinaux de Diwu Qingrou, amassée au fil des années, ou l’énorme quantité d’ingrédients qu’il avait volé au Palais Impérial du Grand Zhao… Tout avait disparu, grâce à la poursuite incessante du Hall des Cavaliers Dorés.

On pouvait dire qu’il avait utilisé tous les ingrédients que le Hall des Cavaliers Dorés avait récupérés, et ce à cause des blessures que ces derniers lui avaient infligées.

Ce n’est peut-être pas très clair dis comme ça, alors on va expliquer autrement : sans toute cette collection, Chu Yang aurait trouvé la mort pas moins de cinquante fois durant son épopée de six milles cinq cents kilomètres.

Autant dire que son voyage tragique surpassait l’imagination…

Ça expliquait pourquoi Jing Menghun était exaspéré et agité au point de vouloir se suicider. Toute personne s’étant battue sur un champ de bataille et n’ayant pu tuer son adversaire pouvait s’identifier au Roi Martial Jing… Mais ce dernier ne pouvait rien faire d’autre que de frapper le sol du pied et de jurer jusqu’à en avoir mal au ventre ; il n’avait aucun moyen de se passer les nerfs.

Le soleil disparut enfin derrière l’horizon, et le temps commença à se rafraîchir, rajoutant à l’impatience des experts.

Chu Yang n’avait pas bougé d’un pouce pendant tout ce temps.

Il avait en grande partie camouflé l’odeur de son sang, mais il ne pouvait pas non plus de tous les êtres de ce monde. Ainsi, ses blessures étaient couvertes de moustiques et de fourmis, ainsi que d’insectes attirés par l’odeur des plantes dont il avait badigeonné son corps.

Les démangeaisons étaient insupportables, mais il ne fronça même pas les sourcils. Il avait figé son corps dans cette position, et il ne bougea pas d’un millimètre de l’aurore jusqu’à l’aube.

Bougerait il ne serait-ce qu’un sourcil qu’il toucherait une petite branche, et ferait du bruit. Ce bruit aurait été infime et il y aurait eu peu de chance qu’il soit entendu, mais cela étant… Il ne voulait pas prendre ce risque.

Il ne révélerait pas sa position par négligence, même s’il était dans une position terriblement inconfortable.

Il n’avait pas d’autre choix que de rester immobile en étant entouré d’ennemis. Il préférait encore être coupé en morceaux, ou être mordu à mort par tous ces insectes plutôt que de tomber entre les mains de l’ennemi et de leur faire plaisir.

Je préfère encore mourir en silence. Ils stresseront à mort tant qu’ils ne trouveront pas mon cadavre. Ils retourneront chaque caillou pour m’avoir au besoin, et ça permettra à Wu Qianqian de continuer à jouer le rôle du Roi des Enfers Chu au Nuage de Fer.

Le ciel était enfin sombre.

Chu Yang se détendit en entendant les voix de ses poursuivants s’éloigner. Il était toujours couvert d’insectes, et des cigales chantaient autour de lui. Il utilisa sa puissance spirituelle pour faire tressaillir ses muscles, et chasser les insectes de sa chair.

Plusieurs de ses blessures avaient suppuré et étaient devenues noires.

L’Esprit de l’épée tenta de les nettoyer avec son pouvoir, mais sans résultat. Il était impuissant sans essence médicinale.

L’Esprit était cependant abasourdi par la persévérance de son maître. Il pensait même que son opiniâtreté pouvait être considérée comme un des plus grands miracles des Neuf Cieux…

Le ciel était à présent d’un noir d’encre, et on approchait de la minuit.

Chu Yang bougea enfin les doigts. Il était complètement engourdi d’être resté immobile aussi longtemps. Il remua ainsi ses doigts un par un jusqu’à ce qu’ils soient assez flexibles pour se mouvoir librement. Il passa ensuite à ses poignets… Et ainsi de suite.

Ce ne fut qu’à minuit passé qu’il commença à bouger subtilement l’intégralité de son corps afin de pouvoir retrouver toute sa mobilité.

Il avait l’impression de ne plus avoir un seul os dans son corps. Tel un serpent, il se mit à ramper et quitta son buisson en glissant silencieusement à terre. Il s’approcha alors d’un grand pin, au sommet duquel un homme en noir montait la garde. Il s’approcha de l’arbre et l’enveloppa de son corps.

Il remonta le tronc en ondulant, tel un serpent.

Il était évident que l’homme en noir avait choisi cet arbre pour surveiller la zone, car c’était le plus grand arbre à une centaine de mètres à la ronde.

Il remonta jusqu’à une fourche, sans toucher la moindre aiguille du pin, puis il reprit sa montée en bougeant plus librement.

Il arriva au sommet…

Il évita toujours prudemment les épines, jeta un coup d’oeil alentour – de près comme de loin. Il entendit un léger bruit trahissant une activité humaine au loin. Certaines zones étaient densément couvertes d’arbres et parfois, il apercevait des flashs lumineux ; c’était les rayons de lune reflétés par des armes…

Le Fourbe mémorisa leurs emplacements.

Les experts du Hall des Cavaliers dorés interrompirent enfin leur recherche, sans bouger de là où ils se trouvaient. Ils n’étaient pas des surhommes, après tout, aussi ne pouvaient-ils pas voir correctement la nuit. C’était une approche valide : s’ils patientaient tranquillement assis et qu’il y avait le moindre mouvement, alors ça ne pouvait être que le Roi des Enfers Chu.

Chu Yang descendit alors de l’arbre avec agilité, puis il marcha lentement vers les experts.

Il ne chercha pas à briser l’encerclement de ses poursuivants pour deux raisons. La première était que les hommes du Hall des Cavaliers Dorés reprendraient leurs recherches vers l’extérieur de leur zone de recherche à l’aube. Ils n’allaient pas fouiller la zone qu’ils avaient surveillée toute la nuit et du coup, il serait plus dangereux de tenter de s’échapper à ce moment. De plus, il était blessé à la jambe et ne pouvait déployer toute sa puissance. Il se ferait rattraper aisément.

La seconde raison était qu’il s’était souvenu de quelque chose. Il y a un jardin d’herbes médicinales sur le pic principal de la secte Au-Delà des Cieux, et même s’il n’y a plus personne… Ils ne sont quand même pas partis en emportant toutes les herbes… Pas vrai ?

Il doit en rester, et même des herbes médicinales du plus bas niveau peuvent être utiles…

Il avait besoin plus que tout d’essence médicinale, et urgemment qui plus est. Dans l’état dans lequel il était, il donnerait même du poison à l’Esprit de l’Épée s’il en trouvait ; ce dernier trouverait bien un tout petit peu d’essence à en extraire…

Bref, il n’avait pas d’autre choix s’il voulait se rendre au pic principal.

Le jeune homme avait également une idée. Il s’était souvenu avoir vu les Sept Ombres d’énergie froide lorsqu’il avait récupéré la Pointe de l’Épée…

Clairement, il y avait une source froide souterraine, et la Pointe de l’Épée pourrait obtenir une puissance formidable s’il pouvait absorber cette énergie froide, même si ça n’était pas un élixir.

Son voyage tout entier avait été terrifiant à chaque instant, mais il avait formulé plusieurs plans pour chaque étape de ce voyage. Le problème était qu’il n’en avait plus un seul à présent.

Il devait partir avant l’aube.

Ses yeux s’assombrirent.

Il passa à côté de deux hommes…

Puis de trois hommes…

Il dépassa bien d’autres personnes par la suite… Il s’arrêta en réalisant qu’il n’était pas loin de sa destination, puis il se cacha contre un tronc d’arbre.

Le silence devint assourdissant.

Tout à coup, quelques experts arrivèrent d’un coin et commencèrent à fouiller le pin où il s’était caché tout à l’heure. Leurs yeux brillèrent tandis qu’ils firent demi-tour et s’en allèrent.

L’adolescent ferma les yeux et compta leur pas. Il prit ensuite trois grandes inspirations, puis il se retourna et quitta sa cachette pour se diriger vers le centre de l’encerclement, le dos couvert de sueur froide.

Se rendre au centre de l’encerclement était extrêmement dangereux, aussi limita-t-il sa respiration et à ramper à terre comme un serpent. Il progressait ainsi un peu… Puis il ne bougeait plus… Puis il s’enroulait sur lui-même comme un serpent.

Il regarda autour de lui, pas vraiment rassuré. Tous les rochers de la région avaient été réduits en pièces. Même les hautes herbes avaient été coupées à certains endroits. Il n’avait que très peu de cachettes à sa disposition.

Il se dirigea au nord vers un petit trou, sur lequel les tas d’herbes arrachés avaient été empilés…

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