DMS : Chapitre 148
DMS : Chapitre 150

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Avec tout mon respect et mes remerciements.

Chapitre 149 – Bienvenue à Zombieland (2)

 

 

Au bout de la petite rue-tunnel, je débouchai effectivement dans un quartier résidentiel. Quelques maisonnettes – qui, vues d’ici, se révélaient en réalité comme des gros cubes métalliques tous semblables les uns aux autres – parsemaient chaque côté de la route, et il n’y avait là plus personne. Sans doute l’heure d’aller travailler ou de partir à l’école était-elle passée et les lieux étaient aussi déserts que s’il s’était agi d’une ville fantôme.

Mais le Skaagh était là. Il était forcément là. Je l’avais vu partir dans cette direction et il n’y avait pas d’intersection.

Pourquoi n’avait-il pas attaqué les quelques étudiants que j’avais croisés ?

Cette question me taraudait. Je ne pouvais m’empêcher de croire qu’il en avait après moi, particulièrement. Peut-être qu’avoir été attiré dans ce monde avec moi l’avait poussé à me chasser.

Soudain, j’entendis un grognement baveux sur ma droite. Je me retournai du geste le plus instinctif et le plus vif possible, persuadée qu’il allait me bondir dessus, crocs et griffes tendus, pour me lacérer et mettre un terme définitif à ma vie.

De dernière une maison apparut un VM. Un zombie. C’était une femme, la quarantaine peut-être – quoiqu’il était compliqué de le dire vraiment, vu son visage à moitié dévoré – le teint gris classique des infectés ayant dépassé toute possibilité de guérison. Je ne savais pas ce qu’elle faisait là, la zone étant coupée du monde extérieur, et même s’il y avait des zombies dans les longs et larges tunnels reliant les secteurs entre eux, personne ne s’en occupait : mis à part les larges navettes inter-secteur, personne ne pouvait les traverser ; ils étaient hermétiquement scellés.

Nous étions dans le secteur Z, en pleine zone résidentielle, alors qu’est-ce que foutait un putain d’infecté ici ?! La police et les militaires ne quadrillaient-ils pas régulièrement les lieux ?

Elle renifla en levant la tête et tourna la tête dans ma direction. Bien sûr, elle m’avait sentie. Je devais puer la chair humaine appétissante dont ils adoraient se nourrir. Elle m’offrit un nouveau râle, que je compris comme l’expression de son excitation et de son impatience, et se rua sur moi.

Enfin, elle essaya, mais la poubelle n’était pas de cet avis ; la VM trébucha et tomba à la renverse, s’étalant de tout son long à quelques mètres de moi. Peu effarée par cette maladresse, elle se mit à ramper vers moi sans prendre la peine de se relever, la gueule tendue vers l’avant et en claquant des dents. Le bas de son menton était manquant, de même qu’une partie de son visage, tout le côté droit sauf l’œil. C’était un spectacle déroutant.

…ying ?

Quoi ?

J’étais sur le point de faire ce que mon instinct et mes souvenirs fabriqués m’ordonnaient, à savoir éclater la tête de cette pauvre âme perdue – il fallait toujours éclater la tête des zombies pour les tuer – quand la voix de la persona résonna légèrement dans mon esprit.

Je secouai la tête. La persona pouvait attendre. Tuer cette merde, c’était une urgence absolue. Je ne pouvais pas prendre le risque de me faire mordre, ou même griffer. Bien sûr, une petite égratignure ou une blessure mineure ne m’aurait pas envoyée directement dans les abysses de la déchéance zombiesque, mais je ne voulais pas laisser l’infection se propager en moi, même si l’on pouvait la soigner à un faible niveau.

Je reculai tout en regardant autour de moi, à la recherche d’un truc avec lequel la frapper. Je me souvins avoir sur moi mon pied-de-biche et m’empressai de le sortir. Prenant soin de ne pas me faire toucher, je l’abattis sur le crâne du VM. Il s’enfonça et la pauvre femme arrêta de bouger.

— Eh ben… Heureusement que j’ai déjà affronté la mort un paquet de fois, réalisai-je. Je ne sais pas si j’aurais pu fracasser le crâne d’une personne sinon. Même si cette personne est… Enfin… Je parle encore toute seule.

Ce qui me fit penser que j’avais clairement entendu la voix de la persona.

— Persona ?

Aucune réponse. Pourtant, je sentais que son sommeil n’était plus aussi profond. Peut-être avait-elle réussi à s’éveiller l’espace d’une demi-seconde. Ce qui était bon signe : son absence n’allait sans doute pas durer des mois, peut-être même pas des semaines.

Soudain, quelque chose me frappa.

Se pouvait-il qu’elle n’eût aucun accès à ce qui alimentait sa vie, son énergie, ou je ne savais quoi, parce que j’étais dans un endroit sur lequel le système n’avait pas la main mise ?

Quoi qu’il en fût, la VM était morte. Et moi, je ne voulais pas trop traîner dans le coin. Moins on me poserait de questions, mieux je me porterais.

Mais cette petite aventure avec la VM m’avait fait réaliser quelque chose : devant un danger mortel définitif, je paniquais. Aussi n’osai-je même pas imaginer ce que j’allais faire face au Skaagh, si je le voyais vraiment.

Non. Quelque chose me disait qu’il était là pour moi et qu’il m’attendait quelque part, caché dans cette zone résidentielle. Le panneau à l’entrée disait qu’il s’agissait d’une impasse, donc l’entrée était la seule sortie. Il était forcément là.

Mais autre chose attira mon attention. Derrière la poubelle, derrière la maison, au bout d’une petite allée privée se trouvait une lourde porte, un peu comme celle des sous-marins, hermétique et solidement verrouillée – sans doute, normalement, parce que là, ce n’était pas le cas.

Au-dessus, un panneau lumineux dépeignait un triangle rouge clignotant et il y était inscrit sortie interdite – tunnel inter-secteurs.

Alors il s’agissait d’une sortie de service qui menait dans un tunnel emprunté uniquement par la navette, et où rôdaient un certain nombre de VM ?

Je comprenais mieux d’où était venue celle-ci : la porte était déchirée. Littéralement, déchirée. Le haut était toujours plus ou moins intact mais le base s’était pris de larges coups de griffes, c’était immanquable. La moitié de la porte était ouverte, détruite.

— Le Skaagh, compris-je.

Il ne m’attendait pas. Il avait fui. Peut-être avait-il simplement fui les militaires lourdement armés de la gare ? Après tout, il était seul, et son intelligence devait être vraiment très, très limitée. La peur était un instinct plus puissant que tout, et face à un danger imminent, il était probable qu’il eût pris la poudre d’escampette, d’abord vers là où l’odeur humaine se faisait moindre, dans le quartier résidentiel peu fréquenté, puis au-delà de cette porte, là où les humains n’allaient pas sous peine de mort.

Bien sûr, si une armure elfique ne résistait pas à ses griffes, une porte en métal n’allait pas non plus l’arrêter.

— Je ne dois pas aller par là, me rappelai-je.

Les lieux étaient emplis de VM et je ne voulais absolument pas m’y frotter. De plus, le Skaagh n’en avait pas après moi, finalement ; il avait simplement pris la fuite. S’il se faisait tuer par les VM, ce serait une chose en moins sur le dos. La dernière chose que je voulais, c’était le voir en liberté parmi les humains. Surtout que les humains d’ici étaient un peu tout ce qui restait de l’humanité. Ce plan existait désormais, tous ses habitants également, et j’en étais responsable. Je ne pouvais pas me faire à l’idée que je n’en n’avais rien à faire.

— Retournons à l’université…

Je fis demi-tour, décidée à signaler au plus vite cette porte ouverte sur l’enfer afin qu’une équipe vienne la réparer sous la surveillance de militaires, un groupe de forces spéciales habitué à affronter les VM.

Et rapidement, je retrouvai Xiaolong, qui n’avait pas bougé.

— Ah, te revoilà enfin ? me fit-il. On a failli être en retard, tu sais.

Il fallait avouer qu’il n’y avait presque plus que nous devant les portes de l’université. Mais qu’importait.

— Allez, montre-moi tout ça.

— Tu as trouvé des toil…

— Ne pose même pas la question, le coupai-je, sachant très bien ce qu’il allait dire. Par contre, j’ai trouvé un VM.

— Quoi ? s’exclama-t-il, l’air soudain inquiet. Est-ce que tu es…

Ses yeux m’observèrent rapidement sous toutes les coutures.

— Non, le rassurai-je en levant le pied-de-biche. Je m’en suis chargé.

— C’est ton premier, hein ? soupira-t-il. Tu n’en avais jamais rencontré avant ?

— En effet, confirmai-je tandis que nous passions les portes.

— Où était-il ?

— Dans la petite zone résidentielle près de l’université, dans la direction que j’ai prise. Une porte vers le tunnel inter-secteur est endommagée. Il faut d’ailleurs vite prévenir quelqu’un avant qu’il y ait un accident.

— Endommagée ? s’étonna-t-il. Tu sais à quoi point elles sont solides. Les VM sont incapables de les égratigner, même avec leurs ongles acérés.

Je le savais bien. Bougre d’idiot. Je n’allais pas non plus lui dire qu’il y avait une créature bien plus rapide, agressive et dangereuse que les VM, non plus. Comment aurais-je pu lui expliquer ça ?

— On va prévenir un professeur, il fera le nécessaire, finis-je par dire, ce à quoi il acquiesça rapidement.

Soudain, une voix craqua dans un haut-parleur.

— Votre attention, s’il vous plaît, à tous les étudiants : veuillez vous rendre à l’auditorium dans cinq minutes afin d’y assister au discours d’orientation du principal Gupta. Ceci est obligatoire. Merci.

Ceci est obligatoire, merci, se moqua Xiaolong, ce à quoi je reniflai, amusée.

— T’es con, riai-je.

Ce moment était magique. J’aurais pouvoir le faire durer pour toujours. Je me sentais enfin normale, même dans ces circonstances post-apocalyptiques. Peut-être qu’inconsciemment, c’était ce que j’avais désiré créer pour m’échapper de tout ce bordel, le système, les architectes et les explorateurs, tout ça.

— On ne va pas vraiment y aller, n’est-ce pas ? rétorqua Xiaolong. C’est vraiment super chiant. D’ailleurs, j’ai d’autres plans.

— Comme quoi ? demandai-je, curieuse.

Il sortit une carte bleutée de sa poche et la secoua sous mon nez.

— Comme un truc que j’ai piqué à mon père, ce matin, ricana-t-il.

— C’est quoi ?

— Une clé, imbécile. Mon père est un homme de ménage, je te rappelle. Et ça signifie qu’il a, entre autres, un accès total à l’école, dit-il en glissant la carte dans sa poche. Et la rumeur dit qu’il y a une cage emplie de VM quelque part dans les couloirs du sud. Genre, des 20s, carrément.

— Mais… Ce n’est pas dangereux ? m’inquiétai-je en pensant à ma seule et unique vie. Je ne veux pas être infectée. J’ai entendu que se faire injecter l’antidote craint à mort. Et que ça ne marche pas tout le temps.

Il leva les yeux aux ciel.

— Oh, allez. Vis un peu.

Putain, c’était ce que je faisais depuis trop longtemps. Mais encore une fois, je ne pouvais pas le lui dire.

— D’ailleurs, c’est sécurisé, continua-t-il. Mon père nettoie là-bas tous les jours, et c’est un idiot.

— Je… Je ne sais pas, admis-je en me mordant la lèvre. C’est vrai que c’est tentant…

…et il fallait que je découvre ce monde que j’avais créé. Quelque chose me disait qu’il le fallait. Un instinct viscéral.

— …Mais ?

— Je ne sais pas ! Ce truc d’orientation avait vraiment l’air important ! Je veux dire que… c’est ma première heure dans cette école, et je m’en vais déjà enfreindre les règles ?! Comme ma mère le dit souvent…

Ah ? Je savais même ce que ma mère disait souvent ? Décidément, ça ne cesserait jamais de me surprendre.

— …ne triche pas avant de connaître le jeu sur le bout des doigts.

— Ok… ok. On va aller à ton truc relou, finit-il par concéder en levant les mains.

Peu après, nous arrivâmes dans la salle en question. La plupart des trois cent étudiants s’étaient déjà amassés là et nous trouvâmes à peine deux sièges côte à côte dans le fond. Sur le podium au milieu se tenait un petit bonhomme aux allures hindoues qui tapotait sur un micro.

— Attention, tout le monde, un, deux, trois. Ok. Finissez de vous asseoir et commençons.

Il attendit un moment que le murmure général se dissipât.

— Je suis le principal Gupta, et je vous souhaite la bienvenue pour une nouvelle année dans notre établissement du secteur Z ! annonça-t-il sous quelques applaudissements et sifflements discrets.

Après avoir farfouillé dans ses papiers, il continua.

— Dans un instant, je vous énoncerai les règles et lois de notre université, mais tout d’abord, je souhaite vous présenter Dana Blair, qui va vous parler de la fête de bienvenue que nous tiendrons vendredi.

Il y eut une petite série d’applaudissements tandis qu’une jolie fille blonde prenait place aux côtés du principal.

— Oh, ouais… souffla Xiaolong en bavant à moitié. La reine des royautés est prête à recevoir la cour.

— Comment allez-vous, aujourd’hui, les mecs ! hurla à moitié Dana de sa voix stridente. Etes-vous prêts à voir des sacs de viande se faire écraser, piétiner, dégommer, annihiler ce vendredi ?

Elle frappa deux fois des mains et la foule explosa en hurlements et cris de joie, sifflements et acclamations.

— Cette année, Biff Marchetti sera le capitaine, alors ce sera assurément un BAIN DE SANG ! Biff, es-tu là ?

Elle plaça sa main en visière au-dessus de ses yeux pour les protéger de la lumière des projecteurs et scruta la foule. Un énorme type tout en muscles se leva et contracta son biceps face à tous les regards, un sourire trop blanc aux lèvres.

— Comme vous le savez probablement déjà, Biff possède une spécialité… qui est la double tronçonneuse. Alors les portes seront ouvertes à six heures, n’oubliez pas de ramener un truc à bouffer ! Allez, on se revoit vendredi, woooooo !

Quand le voyage inter-secteurs était devenu trop risqué pour quiconque excepté les militaires et le personnel médical non-accompagné, aux alentours de 4 AZ, les traditionnels matchs de foots ne purent plus vraiment être tenus. Depuis lors, le cartonnage en arène – un savant mélange entre l’arène de gladiateurs romains et une zone de combat militaire exagérée de façon comique – était devenu le nouveau passe-temps à la mode. Et la fête de bienvenue de l’université était le plus gros cartonnage de l’année. Je n’en avais jamais vu en personne, mais je parvenais si bien à l’imaginer que c’était presque pareil.

Au bout d’un moment, le principal Gupta revint au micro.

— Eh bien, c’était une annonce spectaculaire, n’est-ce pas ? dit-il en faisant une pause pour accueillir de vrais applaudissement échauffés, cette fois, mais qui ne vinrent pas.

Je me demandais à quel point ça aurait pu être comique de me mettre à applaudir, toute seule. La foule, qui n’avait pas l’air de porter le principal dans son cœur, me trouverait-elle folle ou suivrait-elle ?

Mais merde, on était dans une université, et j’étais loin de tout le stress et des responsabilités engendrées par le système et les donjons ! Si je n’en profitais pas maintenant, je n’aurais peut-être plus jamais l’occasion de le faire de ma vie ! De ma très, très, très longue vie d’immortelle…

— WHOOOOO ! C’était génial ! hurlai-je d’un seul coup en sautant et en applaudissant.

Putain, mais que c’était bon ! Je n’avais jamais fait ça dans ma première vie, réservée que j’étais, à l’université ! Bon sang, le pire truc que j’avais pu faire, c’était croire que mon prof m’avait séduite, et avoir fini chez lui ! …En vain, en plus.

— Wuying ? Mais qu… Putain ! s’effara Xiaolong, horrifié.

Il y eut un paquet de rires de la foule et même certaines pom-pom girls présentes dans un coin pour une raison qui m’échappait esquissèrent un sourire discret.

Finalement, Xiaolong se mit à rire nerveusement, lui aussi, et à me frapper dans le bras, mal à l’aise.

— Eh bien, reprit le principal sur un ton un peu plus sûr. J’aimerais souhaiter la bienvenue aux élèves de première année et encourager leurs aînés à les guider et les conseiller pour leur éviter des débuts douloureux et difficiles. Je suis sûr que vous vous souvenez tous du changement majeur que ça a été dans vos vies.

— Appââââât, quelqu’un grinça dans la foule.

Ben voyons.

Le principal passa alors en revue les choix et les obligations concernant les cours ; plus que je ne pouvais retenir ou même supporter. Il balança des inepties sur le futur de l’humanité représenté par nos efforts et notre génération, le genre de trucs qu’on pouvait s’attendre à le voir débiter. S’il avait dû grandir dans de telles circonstances, ce genre de choses barbantes. Finalement, on aurait peut-être mieux fait d’aller voir les 20s dont parlait Xiaolong…

Mais qu’est-ce que je racontais, moi ? Je n’avais qu’une vie, là.

— …Je suis désolé, continua le principale Gupta au bout d’un moment. Je ne sais vraiment pas comment vous autres faites pour supporter cette vie.

Peut-être qu’ils y arrivent parce qu’ils n’ont jamais connu celle d’avant, imbéciles.

J’espérais qu’il n’allait pas se mettre à chialer.

Il nous rappela, contre toutes attentes, de toujours privilégier notre sécurité. Qu’il faisait de son mieux pour que l’école fût gardée au mieux à tout moment, mais que la menace de l’infection était toujours présente. Si l’on se faisait mordre, ou même griffer, il fallait immédiatement se rendre à l’infirmerie. Comme on le savait tous, le sérum AZ-922 avait déjà montré son efficacité prometteuse sur les niveaux les plus bas de l’infection, les griffures jusqu’au niveau 2 et mêmes les morsures jusqu’au niveau 7. Mais il devait être administré rapidement, sous peine du point de non-retour. Plus on attendait, moins il était susceptible de fonctionner.

— Tommy Yanker est un infecté ! quelqu’un hurla dans la foule en riant, rapidement suivi par toute une partie de l’assemblée.

— L’infection n’est pas un sujet comique, rappela le principal. Et vous n’avez pas à en avoir honte. Mais si vous insistez à le cacher, ce n’est qu’une question de temps avant que vous vous fassiez infecter à nouveau. Et encore. Et encore, et avant que vous ne vous en rendiez compte, vous marcherez en titubant et vous tenterez de bouffer les gens. Compris ?

Sa question resta sans réponse, mais tout le monde pensait la même chose, c’était certain : pas moyen que ça m’arrive à moi. Je ne l’avouerais jamais. Plutôt mourir. Et ouais, bien sûr, c’était une façon stupide et mortelle de penser, mais il s’agissait là de la nature humaine : personne ne voulait être le type à part, différent des autres. Xiaolong m’en avait un peu parlé en venant… Même si le vaccin fonctionnait, c’était un suicide social pur et simple, comme ce Tommy Yanker pouvait en témoigner.

— Passons à la suite. Nous pratiquons un système de mérite basé sur les balles dans cet établissement. Vous le savez tous, les balles sont, de nos jours, plus précieuses que l’argent. Alors les choses sont simples : vous réussissez une prouesse, vous recevez une balle. Vous montrez force et courage, vous recevez une balle. De la même manière, pour tout comportement inapproprié, on vous en confisquera. Bien sûr, vous le savez tous, selon les lois des secteurs, seules des armes à feu de très petit calibres sont autorisés chez les mineurs, et sous surveillance. En parlant de ça, nous cherchons un volontaire pour devenir contrôleurs de couloirs, en charge de l’analyse et de l’appréhension de tout comportement suspect. Cette personne sera en partenariat avec Val Killmeade. Val, pouvez-vous vous lever ?

La suite m’échappa un peu, perdue que j’étais dans mes pensées. Cette Val s’était levée et rassise, une rouquine classique – décidément, à part Xiaolong, il n’y avait pas beaucoup de Chinois dans mon monde personnel…

A la fin de cette réunion, nous sortîmes avec les autres élèves et tandis que je m’apprêtais à discuter de tout ça avec Xiaolong, une voix nous héla de derrière.

— Eh ! Tu es la fille du général Qian ?

Je me retournai forcément. J’étais bien Qian Wuying, comme je l’avais toujours été, et dans ce monde, j’étais bien la fille d’un général militaire. Oui, c’était bien moi qu’on appelait.

C’était cette Val, la contrôleuse des couloirs.

— C’est moi ? confirmai-je.

— J’ai toujours été une grande fan de ton père, me lança-t-elle avec le sourire en me serrant la main de force.

— Oh ? Eh bien, à l’occas…

J’allais lui proposer de venir à la maison pour le rencontrer. Après tout, me faire une amie bien placée dans l’université pouvait toujours être utile. Mais elle me coupa la parole d’un geste, les sourcils froncés.

— Shhh, fit-elle, le doigt sur les lèvres. Regarde-le, lui…

Je le vis en regardant dans la direction qu’elle indiquait. Un type qui faisait le ménage, s’appuyant à moitié sur son balai devant une série de casiers.

Et oui, effectivement.

L’étrange façon dont ce mec faisait traîner ses pieds en avançant.

— Il ne plie pas les genoux, observai-je à voix basse.

Nous étions dans un couloir à peu près désert ; d’ailleurs, que faisions-nous là ? Où allions-nous ?

— Mais… Peut-être que c’est sa façon normale de marcher ? continuai-je. Il a l’air assez âgé.

— Nan, trancha Val. Il est définitivement infecté. Mais il n’a pas encore dépassé le niveau 10, sinon… il nous aurait déjà reniflé, là où nous sommes.

— M… Mais il peut quand même nous infecter, n’est-ce pas ? demandai-je en sentant un soupçon d’adrénaline me courir dans les veines.

— Ouais, mais ne t’en fais pas, il a l’air conscient. Il faut juste qu’on lui scanne les yeux pour être sûres, puis qu’on l’emmène à l’infirmerie… Merde, ça ne marche pas, fit Val en fronçant les sourcils.

Elle retira la batterie de son scanner et regarda à l’intérieur de l’encoche, trop distraite pour remarquer que l’homme de ménage s’était retourné et nous avait vues. Il se tenait très droit, la tête penchée, et nous observait d’un air curieux. Il leva la main comme pour dire bonjour, mais quand il remarqua le scanner de Val, il se mit à avancer en trébuchant légèrement, approchant suffisamment près pour me permettre de lire le nom brodé sur sa veste. Artie, qu’il s’appelait.

— Monsieur, veuillez rester où vous êtes, lança Val, qui avait remarqué le type malgré son attention posée sur le scanner.

Artie obéit, et se figea, quoique mal à l’aise.

— Que se passe-t-il ? demanda-t-il d’une voix enrouée ?

— Avez-vous été mordu ou griffé récemment ? Aujourd’hui ou hier ? reprit Val.

— Eh, je ne suis pas infecté.

— Personne n’a dit que vous l’étiez. Simple procédure de routine, je dois vous scanner. Veuillez rester immobile. Ne bougez plus si vous ne voulez pas que je tire, fit-elle en levant son arme tout en me tendant le scanner.

Elle se pencha en même temps vers mon oreille pour me chuchoter quelques mots.

— Il est toujours conscient, il n’a peut-être pas encore atteint un stade irréversible. Mais par précaution, on va le garder en joue. Tu n’as pas le droit de manipuler une arme à feu, alors tu vas aller le scanner, approche-toi un peu et appuie sur ce bouton.

— Mais puisque je vous dis que je ne suis pas infecté ! protesta encore Artie, comme s’il nous avait entendues.

— Tu vois ? Les sens des infectés se développent, s’il nous a entendu, c’est qu’il y a anguille sous roche, m’affirma Val sans même prendre la peine de plus chuchoter. Artie, ne bougez plus, c’est un ordre. Nous faisons ça pour votre bien.

Je m’approchai de lui tandis que Val braqua son arme en direction de la tête du pauvre homme de ménage.

Je m’attendais à ce qu’il me saute dessus, ou quelque chose dans le genre. Val était peut-être prête à tirer, mais j’étais tout aussi prête à bondir en arrière au moindre mouvement de la part du vieil Artie.

Cela dit, il ne broncha pas tandis que je levai le scanner à deux mètres de lui à peine. Une fois l’appareil en route, il bipa plusieurs fois, l’écran passa au rouge et le chiffre 10 apparut en gros, avant de se mettre à clignoter.

— Oh, wow.

— Artie, vous êtes infectés. Comprenez-vous ce que je dis ? lança Val.

— Oui, répondit le pauvre homme en laissant tomber sa tête.

— Nous allons vous escorter à l’infirmerie pour vous faire administrer une dose de sérum. Avec de la chance, vous pourrez guérir. Plus nous attendons, plus la chance est faible.

— T… Très bien, abandonna-t-il.

Il permit à Val de l’accompagner – sous la menace de son arme braquée sur sa tête à tout instant – le long du couloir en direction de l’infirmerie. L’infirmière sembla peu étonnée de les voir arriver de la sorte, et j’entrai à leur suite pour voir ce qui allait se passer. Elle ordonna à Artie de s’allonger sur le ventre et à peine eût-il obtempéré qu’il avait déjà une seringue dans la fesse. L’homme hurla de douleur et se mit à convulser, les yeux totalement blancs et la bave aux lèvres, une bave grisâtre. J’avais du mal à regarder, mais je ne pouvais pas détourner les yeux, pour une raison étrange.

Wuying ?

À ce moment, un nouvel appel de la persona. Une nouvelle tentative de communication. Je sentis que sa conscience s’évaporait déjà, mais elle avait, cette fois, réussi à tenir plus longtemps que la précédente. J’allais bientôt pouvoir lui demander ce qu’il en était de tout ça, et comment sortir de ce plan, j’en étais certaine.

— C’était cool, hein ? demanda Val en m’envoyant du coude dans les côtes.

— Euh… Non, c’était pas cool. Le pauvre.

— T’as intérêt à t’y habituer si tu veux survivre dans cette école.

— Mais…

Ce n’était pas une question d’habitude. Ce sérum, ce qu’il faisait n’était juste pas cool. Et puis son efficacité n’était pas garantie, voilà le pire.

— Il ne reste que dix minutes avant le début des cours, continua-t-elle. On se revoit plus tard ?

— Hmm… Ok.

Elle sortit rapidement de l’infirmerie et je lui emboîtais le pas. Où était passé Xiaolong ? Il avait disparu, à un moment donné entre la sortie de l’auditorium et notre rencontre avec l’infecté. Il n’avait quand même pas paniqué et fui, ce con ?

— Mais non… Le voilà, murmura-je en le voyant approcher. Mais où tu étais passé, merde ?

— Je… J’étais aux toilettes… Désolé. J’ai mangé un truc mexicain hier soir, sans doute un bio-produit d’une sous-marque… Je demanderai à ma mère. J’ai comme qui dirait eu besoin de partir en courant.

— …

Une sonnerie stridente retentit au-dessus de nos têtes alors que je cherchais un moyen de lui faire comprendre à quel point j’avais envie de ne plus être vu en sa compagnie.

— Bon, soupirai-je, le cours commence.

— Tu vas en biologie, c’est ça ?

— C’est ça… Premier cours de l’année.

Nous nous séparâmes et je me rendis direction salle 510. J’y entrai à la suite de quelques retardataires et m’installai immédiatement à un pupitre libre. Je vis un grand type au regard sérieux, portant des lunettes de sécurité et entouré de tout un tas de béchers et de fioles. Même un vieux bec bunsen… Sur la table juste devant lui se trouvait un… un truc, recouvert d’un tissu noir.

— Bienvenue en cours de biologie, annonça le professeur sur un ton monotone. Je suis le docteur Franklin. Aujourd’hui, nous allons commencer la nouvelle année par quelque chose d’assez explosif. Enfin, je suis un peu mauvais lorsqu’il s’agit de faire de l’humour. Nous allons commencer avec un cerveau.

Il retira le tissu d’un grand geste pour révéler un vrai cerveau, d’une teinte verte grisâtre, posé sur un plateau en métal.

— Dégueulasse ! commenta bien fort un élève dans la classe, tandis que quelques filles firent la grimace.

— Dégueulasse en effet, mon ami, reprit le professeur. Et c’est parce que ce n’est pas un cerveau ordinaire, mais celui d’un Victus Mortuus. Plus Mortuus que Victuus en ce moment-même, d’ailleurs.

Il fit une pause dans un demi-sourire, le temps de laisser aux élèves l’occasion de rire de sa blague.

Il y eut naturellement un silence gêné plutôt qu’une ovation.

— Hem… toussota-t-il. Pour votre premier cours, vous allez disséquer cet organe très important. Vous verrez, ce sera un vrai plaisir.

— Monsieur Franklin, commenta une fille de la royauté. Je pense que je vais être malade. J’aimerais aller à l’infirmerie…

— C’est docteur Franklin, corrigea-t-il en l’étudiant avec ce regard qu’on réserve habituellement à un insecte rare ou une plante inconnue. Et je suppose que si vous êtes trop faible pour gérer une chose essentielle, le cœur de l’existence des VM, un mystère que même les plus grands scientifiques de notre époque n’ont pas encore percé, alors… oui, je suppose que vous pouvez passer votre tour. Quelqu’un d’autre souhaite la rejoindre ?

Une fois le mot d’excuse écrit, il leva les yeux.

— Quelqu’un d’autre ? Non ? Tout le monde reste avec nous ? Magnifique, soupira-t-il sur un don blasé.

Il se leva et fit un grand geste.

— Puis-je avoir l’attention de tout le monde, s’il vous plait ?

Il sortit un grand sac de derrière son bureau et le leva à hauteur d’épaules d’un air triomphant. Au travers de sa surface en plastiques, je pus voir une dizaine de cerveaux parfaitement identiques à celui qui trônait devant lui.

— Vos échantillons. Un seul chacun, alors faites-y attention comme s’il s’agissait de votre propre cerveau.

— Si c’était mon cerveau, je pense que j’aurais déjà bouffé la moitié de la classa ! explosa de rire un boucher derrière moi, ce qui fit naturellement rire tout le monde – sauf moi.

Une fois les organes distribués, le docteur Franklin continua.

— Nous allons commencer par l’arrière, fit-il en désignant l’endroit en question avec un pointeur laser. La partie qu’on appelle le cervelet. Il s’agit de la partie du cerveau qui contrôle la précision. C’est ce qui nous permet, à nous autres humains, de manipuler des choses, de donner naissance à des mouvements coordonnés, de jouer de la musique également, jouer au tennis ou danser. Il s’agit également du premier endroit impacté par le virus VM. Même aux niveaux d’infection les plus faibles, les sujets développent des raideurs dans les membres et éprouvent des difficultés pour marcher. Maintenant, vous pouvez remarquer que le cervelet de ces VM est étonnement atrophié lorsqu’on le compare à celui d’un humain.

Il se tut et jeta un regard circulaire à la classe pour vérifier que tout le monde suivait et comprenait.

— Bien, continua-t-il. Maintenant, vous allez me découper ce cervelet pour le détacher.

Il montra l’exemple afin que tout le monde pût s’exécuter de la même manière. Au bout d’un moment, il demanda si quelqu’un savait quel était le nom de telle ou telle partie du bordel, mais merde, j’étais une architecte, pas une scientifique. Tout ça me passait au-dessus de la tête.

— Vous pouvez voir que le cortex cérébral, clama-t-il pendant que nous étions au travail, le cortex cérébral possède des bosses et des creux. Plus un cerveau en possède, plus le sujet est intelligent. Mais concernant les VM, malheureusement, penser n’est pas une option. La surface de leur cerveau est presque entièrement lisse et très fine. Maintenant, vous allez peler cette pellicule comme une orange afin de découvrir ce qui se cache dessous…

Et rebelote. Encore des explications que je parvenais à suivre mais auxquelles je ne comprenais rien, techniquement parlant.

Je saisis le scalpel à ma disposition et me mis à faire comme il disait, un peu perdue dans mes pensées.

Un liquide verdâtre jaillit et faillit m’asperger le visage. Je reculai juste à temps d’un bond réflexe. Et à voir les autres élèves, tous avaient apparemment été aussi surpris que moi.

— Ceci, mes chers élèves, est ce qu’on appelle la fontaine VM. Elle signifie que le sujet possède un niveau d’infection de 18 à 20. Si vous tirez un jour sur un VM et que ce liquide vert sort de sa tête, vous pouvez être sûrs d’en avoir cueilli un bien mûr. Maintenant, passons au thalamus, cette partie qui…

Et encore. Bordel, c’était vraiment ce monde que je m’étais créé ? Je n’étais pas une scientifique ! Arrête avec tes mots savants !

Une fois le morceau en question retiré, le docteur expliqua.

— Le thalamus humain est perché au sommet de tout ce qui contrôle la faim, la soif, la défécation et la copulation. Normalement, il n’est pas plus gros qu’une noisette. Mais vous pouvez voir que celui d’un VM est aussi énorme qu’un pamplemousse lorsqu’il est totalement infecté. Ce qui, bien entendu, explique pourquoi un VM est totalement incontrôlable : des instincts dévergondés associés à une incapacité de réfléchir, et vous avez un cannibale ambulant. Et c’est également pour cette raison que pour le tuer, il vous faudra viser entre les deux yeux.

La classe arrivait enfin à son terme, et j’en avais déjà trop découpé. Je ne voulais plus jamais voir de cerveau de toute ma vie. Aussi longue fût-elle.

Wuying…

La persona, encore. Mais cette fois, je la sentais, éveillée. Peut-être pour peu de temps, je devais en profiter.

— Tu es consciente ? chuchotai-je.

Oui. Je ne sais pas si je pourrai tenir longtemps, cela dit. Que se passe-t-il ? Où sommes-nous ?

— Sur un plan que je viens de créer grâce à la compétence de…

Je comprends.

— Pouvons-nous en sortir ? J’en suis incapable ! Je ne peux pas m’attarder ici. Friderik…

Nous sommes coincées pour l’instant. Le système n’a pas accès à ce plan… Pas encore. Je sens qu’il est en train d’y percer pour en prendre le contrôle, comme il l’a fait pour tous les autres, mais…

— Mais ?

Non, rien. Nous pourrons sortir dès qu’il aura assez d’influence pour te le permettre.

— Je ne dépends plus de lui, tu le sais ? Joc…

Joc a piraté le système. Il s’en sert à ses fins, pour t’aider. Lorsque le système aura la main mise sur ce plan, Joc également.

— Oh ! Alors…

Il y a un problème, cela dit. Et je…

Elle arriva sans doute à court de temps, parce que je la sentis perdre conscience à nouveau. Eh bien, ce serait pour la fois suivante.

Pour l’heure, le cours de la matinée passé, il était temps d’aller manger quelque chose. J’avais… faim.

Raka
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14 thoughts on “DMS : Chapitre 149

  1. Salut Raka, avec tout ça est-ce que le MoL du jour est toujours prévu ? (car je n’en voit pas l’apparition)des bisous.

  2. Merci pour ce DMS. Belle longueur de texte. Tu fais ça pour conclure cet arc plus vite ?

    Du coup + 3 pubs. N’oublie pas de mettre le lien à chaque début de chapitre comme ça je clic dessus avant la lecture.

    1. C’est ce que je fais.
      Merci à toi !
      Des petits gestes qui rapportent à peine, mais si tout le monde le fait, quelques euros s’accumulent assez vite 🙂
      Ca paye le café, ça fait plaisir 😀

      Et oui, je fais ça pour conclure l’arc plus rapidement. En vérité, je pourrais le tirer sur 150 chapitres facilement, mais… ça casserait totalement le rythme de l’histoire.
      Alors je vais le séparer en plusieurs parties, qui seront insérées çà et là. Tout est déjà réécrit dans le scénario ! Pour le moment, il devrait durer quelque chose comme dix chapitres maximum et revenir plus tard, de façon régulière.

      1. Il me reste un peu d’argent en cette fin de mois et j’apprécie beaucoup ton oeuvre alors voila de quoi te payé les cafés.
        En parlant du café “La caféine boosterait notre capacité à résoudre des problèmes, mais pas notre créativité” . Du coup tu pourras facilement résoudre les nœuds de ton histoire mais ça sera pas évident de les trouver ^^
        Merci encore une fois à toi pour me donner du plaisir à lire chaque semaine

  3. Salut Raka ! Merci pour le chapitre déjà, et puis plus largement merci pour l’histoire, ça tue bravo ! Le système des compétences aléatoires, la façon dont tu la construis, l’intrigue, les personnages, tout fonctionne on a envie de lire la suite, vraiment c’est top ! Je poste pas souvent de messages mais quand un truc est bien fait ça mérite qu’on le dise, alors voilà je le dis haha
    Je me posais une question d’ailleurs (peut être que tu y as déjà répondu et que je suis passé à côté sorry), tu sais déjà combien de chapitres fera ton roman ou pas ? Le nombre d’arcs oui j’imagine de ce que j’ai compris mais je suppose que la quantité de… bon “narration” on va dire n’est pas fixée, si ? Surtout avec le système de listes qui t’impose de t’adapter constamment aux imprévus.
    Enfin bref c’est pas important, ça me trottait juste dans la tête ^^
    Encore bravo en tout cas, courage pour la suite, sache que t’as un fan de plus 😉

    1. Merci pour ces mots doux 🙂

      C’est (avec les dons haha) le plus beau truc qui donne envie de pousser toujours plus loin ! Ca fait chaud au coeur.

      Pour le nombre de chapitres, oui, A PRIORI, il y en aura entre 800 et 1200.

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