LDO : Chapitre 13
LDO : Chapitre 15

Et nous voilà de retour avec le chapitre qui aurait dû sortir hier, désolé 🙂
J’ai eu tellement de boulot que je n’ai pas pu le terminer à temps et comme j’avais un scénario à suivre, je ne voulais pas le bâcler vite fait bien fait.

Sur ce, bonne lecture !

 


 

Chapitre 14

 

 

Ni une, ni deux, grâce à la petite voix qui me disait qu’il ne fallait pas que l’Ancien touche la statuette s’il n’était pas de l’affinité des ténèbres, une petite voix nommée Zhou Xuefang – je m’en rendis compte un peu tard, moi je croyais qu’il s’agissait de mon intuition – je fis un bond en avant et dépassai l’Ancien sur le point de se saisir de l’objet.

Surpris par mon geste, il recula instinctivement de quelques centimètres en levant les sourcils, mais quand il réalisa ce qui se passait, il était trop tard. Mes doigts étaient refermés sur la petite statuette noire.

La sensation était un peu marginale. Je m’attendais à ressentir le contact d’une pierre, ou d’un métal froid ; bien au contraire, j’eus l’impression de toucher de la chair, je sentais même des pulsions vivantes à l’intérieur, comme si un cœur battait. Un cœur ou une âme.

C’était vraiment étrange, mais je n’avais pas le temps de m’extasier sur ma découverte : l’Ancien m’adressa rapidement la parole.

– Osumba ? Jeune homme, mais qu’est-ce qui te prend ? Pourquoi t’es-tu précipité sur cette statuette ?

Mais il était idiot, cet Ancien ? Lui-même était en train de se jeter dessus à peine trois secondes plus tôt, et maintenant, il me demandait ce qu’il me prenait ? Mais il me prenait juste que quelque chose me disait qu’une catastrophe allait s’abattre sur nous si une affinité autre que celle des ténèbres attrapait cet objet.

– Je devais l’attraper pour tous nous protéger.

– Quoi ?

– Je devais l’attraper pour tous n…

– J’ai compris la première fois ! Mais pourquoi ?

– Je ressens que si une affinité non-ténébreuse entre en contact avec cet objet, il va se passer quelque chose de terrible ! Je ne pouvais pas vous laisser l’approcher !

Il me regarda d’un air idiot.

– Et quelle est mon affinité, à ton avis ?

Son affinité ? Mais qu’est-ce que j’en savais ? Pour ce que j’en savais, ça pouvait être n’importe quoi !

– Je n’en sais rien !

– …

Son silence termina de m’énerver. Et pourtant, je ne m’énervais pas facilement ; mais il avait l’air de ne pas comprendre ce que je lui disais, il était vraiment sénile en réalité ? Je lui avais expliqué clairement qu’il ne pouvait pas toucher cette statuette et lui il me demandait de deviner son affinité ? Il se fichait de ce qui pouvait arriver, alors ?

– Je suis de l’affinité des ténèbres, espèce de petit idiot. Et je l’avais ressenti aussi… Je voulais m’en emparer justement pour que tu ne fasses pas l’idiot. Et voilà, … tu as fais l’idiot.

– Comment ? Ténèbres ? Oh… L’idiot ? Mais…

Au moment où j’allais lui demander pourquoi ces mots, le sol se mit à trembler sous nos pieds.

– Tu n’as donc pas senti qu’il fallait retirer cette statuette d’une façon spéciale ? C’est évidemment un appât pour tous ces zombies qui nous attaquent. Et maintenant qu’elle a été ramassée sans précautions, son effet va simplement être amplifié ! Donne-moi ça !

Il tendit la main, un air quelque peu contrarié sur le visage. Sentant que je n’avais pas d’autre choix, je lui tendis l’objet en question. Mais je l’avais clairement énervé, vu ses sourcils froncés et son regard qui me lançait des éclairs.

Je tentai de désamorcer la situation.

– Vous auriez quand même pu dire tout ça avant de vous jeter vers elle.

– Cesse tes enfantillages ! Le village tout entier est menacé, et tu cherches à me mettre la faute sur les épaules ?

– Mais quelle faute ? Je ne sais même pas de quoi vous parlez.

Je haussai les épaules de façon assez nonchalante et incrédule. Je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’il me racontait. Tout ce que je voulais, c’était m’assurer qu’il n’arriverait rien, et maintenant, il me le reprochait.

– La prochaine fois, vous vous débrouillerez sans moi.

– Toi… ! Dépêchons-nous de remonter ! Une catastrophe est sans doute sur le point d’arriver !

Comme je m’y attendais, hein. Et il avait fait tout un foin pour finir sur la même conclusion que moi. Je pouvais donc en tout état de cause être l’Ancien d’un village, et cette idée me rendait plutôt fier.

Nous fîmes demi-tour et après être remontés par les escaliers maintenant libres de toute puissance étrange, nous nous sommes dépêchés de sortir dans la rue.

Et là, une cacophonie nous attendait. Les gens criaient de tous les côtés, on paniquait à droite, on fuyait à gauche, et finalement, je pouvais voir autant de zombies que d’êtres humains. De plus, quelques cadavres se relevaient déjà pour gonfler leurs rangs.

– Et maintenant ? On fait quoi ?

Je regardai l’Ancien, lui demandant son avis, ou au moins une directive à suivre.

– Je… Je ne sais pas ! Cette statuette a été placée là pour attirer les morts-vivants, et maintenant que nous l’avons retirée de là sans précautions, son pouvoir est décuplé ! J’ai peur que le village soit perdu, maintenant. Nous n’arriverons pas à tous les contenir…

Il se tourna vers moi et me prit par les épaules.

– Fuis. Je vais t’envoyer par-delà les lignes ennemies, au-dehors. Trouve Dai Lin, si elle est toujours en vie, et fuyez. Le plus loin possible. Trouvez un secteur calme et sans danger, essayez de vous poser un peu, et dirigez-vous vers n’importe quel village. Celui-ci ne survivra probablement pas.

– Bon, d’accord. Mais vous ?

– Moi… Je vais combattre. Aussi longtemps que je le pourrai. Si je peux éliminer ne serait-ce que quelques morts-vivants, alors mon sacrifice n’aura pas été vain.

Il voulait se sacrifier ? Combattre jusqu’à la mort ? Après tout, ça le regardait. Chez moi aussi, le chef du village avait des responsabilités, et je pouvais comprendre la situation dans laquelle il se trouvait.

L’Ancien envoya voler un cadavre qui courait droit sur nous la bave aux lèvres, d’un ample mouvement du bras qui libéra une vague d’énergie noire le percutant de plein fouet.

– Allez !

Il fit d’étranges mouvements avec ses mains et d’un seul coup, je me sentis chuter. Mais j’étais au sol pourtant ? Regardant sous mes pieds, je me rendis compte que je tombais à travers mon ombre. Sans avoir le temps de dire quoi que ce soit, en une fraction de seconde, je me retrouvai loin du village, émergeant de l’ombre d’un arbre près de la forêt.

– Alors ça… 

Il fallait que je trouve Dai Lin, maintenant. Elle m’avait aidé, et puis l’Ancien aussi m’avait demandé de lui porter secours. En tant qu’homme, je devais aller à son secours, si elle était encore assez vivante pour être secourue.

– Dai Lin ! Je vais venir à ta rescousse !

Sans trop le vouloir, mon enthousiasme m’avait poussé à le crier tout haut. Je me sentis bête, d’un coup. Comme si elle allait m’entendre et me répondre que…

– Je suis là ! Hé ! Là !

…qu’elle était juste là, haha. Hein ?

– Osumba ! En haut !

Je levai les yeux vers le ciel, et je vis sa tête qui sortait des branchages, plusieurs mètres au-dessus de moi. Alors elle m’avait vraiment entendu ! J’avais été envoyé directement à l’endroit où elle se trouvait ! Etait-ce un hasard, ou volontaire de la part de l’Ancien ? Peu importait, en réalité, ça venait de me faciliter la tâche, grandement même.

Elle bondit au sol et atterrit à côté de moi.

– Alors tu vas bien ? C’est chouette. Je n’aurais pas aimé que tu sois morte.

– Tu te moques de moi ? Tu me prends pour qui ? Evidemment que je n’allais pas faire n’importe quoi ! Après t’avoir envoyé dans les airs, je me suis sauvée, et je me suis cachée.

Alors c’était ça. Moi qui pensais qu’elle avait combattu, peut-être même jusqu’à la mort. Elle était maligne, finalement.

– Mais comment es-tu revenu ? Je t’ai pourtant envoyé par-delà les lignes ennemies… D’ailleurs, pourquoi est-ce qu’autant de morts-vivants sont tout à coup venus se rajouter à ceux qui étaient déjà en train d’assiéger le village ?

– Je… L’Ancien m’a fait tomber dans une ombre, et je me suis retrouvé ici. Oh, c’est vrai, l’Ancien. Il a dit que le village était perdu et qu’on devait fuir, toi et moi. Lui, il va être à la hauteur de ses responsabilités et…

– Quoi ?! Fuir ? Abandonner le village ? Mais tu es fou !

– Que puis-je y faire ? Ce sont les mots de l’Ancien. Tu veux désobéir ? Et mourir aussi ?

– …

Je commençais à comprendre un peu leur façon de penser, et évidemment, avancer l’argument de l’ordre de la part de l’Ancien avait fait mouche. Elle ne pouvait pas aller à son encontre et n’en faire qu’à sa tête.

– Allez, Dai Lin, il est temps… J’ai vu ce qu’il se passait là-bas, et les morts se relèvent. Ce village est réellement perdu, tu sais. Il faut y aller, maintenant.

– Mais je…

– Non. L’Ancien a parlé.

Et hop, encore un coup de marteau, pour enfoncer le clou une dernière fois.

– …Très bien. Mais il faudra revenir plus tard pour… pour vérifier…

– On reviendra. Promis.

Nous fîmes demi-tour, sans poser les yeux une dernière fois sur le champ de bataille fumant qu’était devenu son village, au loin. Elle avait les larmes au coin des paupières, je pouvais le voir, et elle se forçait à avancer, alors je ne lui dis rien, de peur de dire une bêtise ou d’aggraver la situation. Il valait mieux qu’elle reste seule avec elle-même pour un moment.

Et nous avons parcouru ainsi un chemin plutôt long, en tout cas, c’était mon avis. Je ne savais pas vers où nous nous dirigions, mais nous y allions de bon train, et en silence.

Je finis par prendre la parole :

– L’Ancien a dit qu’il fallait qu’on trouve un endroit calme, et puis qu’on cherche un autre village ensuite.

– Très bien.

Elle répondit d’un ton froid et distant, comme si elle y avait été forcée et que j’étais la dernière personne avec qui elle voulait discuter. Alors je gardai à nouveau le silence, attendant qu’elle se décide à m’adresser la parole elle-même. Et elle ne le fit pas avant plusieurs heures, plusieurs très longues heures.

Nous avions suivi à la lettre ce qu’avait dit l’Ancien, nous nous étions dirigés au feeling, là où Dai Lin sentait le moins d’ennemis, voire pas du tout. À quelques reprises, nous avons dû tuer une bête spirituelle, mais nous n’avons pas rencontré le moindre mort-vivant en chemin. Sans doute, tous ceux de la région étaient en train d’attaquer le village… Que dis-je, de le raser…

Arrivé au détour d’une petite forêt, Dai Lin se tourna vers moi, finalement.

– À partir de là, tu devrais être en sécurité. Il y a un autre village à quelques dizaines de minutes de marche le long de ce lac. Raconte-leur ce qu’il s’est passé.

– Mais… Et toi ? Tu vas m’accompagner, tu pourras le leur dire.

– Je ne viens pas avec toi. Je t’ai amené ici pour ta sécurité, mais je vais retourner à mon village. Il faut que… Mes parents, ils…

– Je vois. Alors je viens avec toi.

Ma décision fut rapidement prise. Arrivé à un certain point, je me doutais que c’était ce qu’elle avait derrière la tête, et je m’étais déjà promis de l’accompagner si elle désirait y retourner. Après avoir tenté de l’en dissuader, évidemment.

– Quoi ? Tu ne viens pas, non.

– Alors toi non plus, tu n’y vas pas. Si tu pars, je te suivrai. Tu ne pourras pas m’en empêcher. Si tu tentes de me prendre de vitesse, alors je me perdrai et mourrai, par ta faute.

– Toi ! Tu es sérieux ?! Tu me menaces, là ?

– Non. Je t’explique ce qu’il va se passer, rien d’autre…

Pourquoi est-ce qu’ils avaient tous cette fâcheuse tendance à s’énerver et à penser que tout le monde leur manquait constamment de respect ou les menaçait dès qu’un mot ne leur convenait pas ? Ils étaient ridicules, mais je m’y étais fait, après tout.

– Tu ne me suis pas ! Si tu me suis et que tu te perds, alors tu ne t’en prendras qu’à toi-même ! Moi, je t’ai accompagné jusqu’ici !

Oh. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle tourne les choses de cette façon. Du coup, je ne pouvais plus lui dire que je mourrais à cause d’elle, maintenant. Il fallait que je trouve quelque chose. Quelque chose… Quelque chose d’immédiat et de radical, quelque chose qui l’empêcherait de me fausser compa…

Une ampoule s’alluma dans ma tête. Sans doute était-elle défectueuse comme si elle clignotait, unique luminaire d’un vieux bâtiment désaffecté, mais elle était là, et je ne pris pas le temps de réfléchir aux conséquences de mes actes. Il fallait agir avant qu’elle ne se sauve.

Le Bagua du Taiji s’ouvrit autour de moi, créant ce tourbillon ténébreux et laissant apparaitre tant d’inscriptions incompréhensibles au sol. Face à moi, le pilier du Paradis se forma quasi-immédiatement, et juste au-dessus, animé par ma propre volonté, un gaz noir vint envelopper Dai Lin, prise au dépourvu.

Il ne fallut pas longtemps pour que tout se termine, au mieux, j’aurais dit… le temps qu’un bâton d’encens ne brûle. Ou peut-être deux. En fait, ça dépend de la taille du bâton… Et de sa composition, ainsi que du taux d’humidité de l’air, je suppose… Oh, bref, le temps que j’essaye de m’expliquer, ma technique avait pris fin, et elle était désormais aussi noire que moi.

Avec ça, j’étais persuadé qu’elle ne me laisserait pas filer, sinon elle ne pourrait jamais retrouver sa couleur naturelle. Et s’il y avait bien un truc que j’avais remarqué depuis que j’étais arrivé dans ce monde étrange, c’était que leur couleur, ils y tenaient !

– Et maintenant, tu vas me laisser mourir ? Héhéhé…

– Hein ? Pourquoi ? Qu’est-ce que tu as…

Avant de finir sa phrase, elle aperçut ses mains et en resta bouche bée. Elle les frotta, les gratta, les mordit, mais rien n’y fit, c’était sa couleur de peau. Elle était comme moi.

– Voilà ! Maintenant, je suis le seul à pouvoir te rendre ta couleur naturelle ! Et je ne sais pas comment on fait ! Alors tu ferais mieux de m’aider à chercher, au lieu de vouloir aller te suicider inutilement sur un champ de bataille où tout est déjà perdu.

– Tu… Tu as changé ma couleur de peau ?

Elle était restée bloquée sur ce point. Je pouvais comprendre, évidemment.

– Oui. Tu es charmante. Tu ferais fureur dans mon village à moi. Bon, tes fesses ne sont pas tout à fait au point pour le moment, mais…

Je ne sentis pas la gifle qui s’abattit sur ma joue. Je me rendis compte que quelque chose n’allait pas quand je sentis un mélange d’herbe et de sang dans ma bouche, accompagné d’une douleur vive qui me lançait jusque dans mon dos. Ouvrant les yeux que je ne me souvenais pas avoir fermé, je vis le sol de bien plus près que je ne m’y attendais. J’étais presque encastré la face dans la terre, et la première chose que je parvins à articuler dans ma tête fut un bête « Mais quoi ? »

– Toi, tu remets en question mon physique ?

Bon, ok. Un point pour elle. Son physique était très important à ses yeux, et j’appris à mes dépends que ses critères n’étaient pas les mêmes que les miens. Si nous aimions les femmes aux grosses fesses pour des raisons d’accouchement, les gens de ce monde n’étaient apparemment pas du même avis, et tenaient à rester maigrelets pour une raison obscure.

– Oh. Je vois. Bon, désolé. Je ne savais pas que tes fesses étaient aussi importantes à tes…

Je perdis conscience pour de bon. En tout cas, c’est ce qu’il me sembla, parce que lorsque je rouvris les yeux, j’étais allongé le dos sur l’herbe, et mon visage me faisait souffrir comme si je venais de me prendre un arbre dans la face en plein sprint. Je me relevai difficilement, et aperçus Dai Lin qui montait la garde, comme si je dormais et que c’était son tour de garde. Mais… Mais… J’étais perdu.

Pourquoi avais-je tout à coup perdu connaissance ?

– Ah, ça y est ! Tu es enfin debout !

Des éclairs meurtriers traversaient ses yeux alors qu’elle me parlait.

– Oui. Mais je ne comptais pas dormir, tu sais, je ne sais pas ce qui…

Je ne terminai pas ma phrase face à la main qui se levait devant moi. Je venais de comprendre. Il ne me fallut pas une fois, mais deux ; les fesses, les siennes en tout cas, étaient un sujet tabou, et je l’avais abordé une fois, même deux fois de trop. Elle m’avait étalé sous le coup de la colère, ou de l’impulsivité peut-être.

– Tu as vu ce que tu m’as fait ? Tu as vu ?!

C’était une vraie question, est-ce qu’il fallait que je réponde ? Je pris le risque face à son regard interrogateur et accusateur.

– Ben, oui, j’ai vu. Je sais ce que j’ai fait.

– Je suis si sombre de peau ! Je vais être traitée comme une paria, comme une étrangère, comme une erreur de la nature !

– Ah, merci pour moi. Je ne suis pas une erreur de la nature. Je suis Osumba.

– Et comment vas-tu faire pour me rendre ma couleur normale ? Je ne tiens pas à rester comme ça.

Elle était froide, elle était distance, et elle était acerbe. Elle était bien consciente que je l’avais fait exprès afin de l’empêcher de partir seule et de me laisser dans la nature. Mais quelque chose clochait…

– Tu voulais retourner au village pour y mourir, hein ? Avec tes proches ? 

– Qu… Hein ? Euh… Non…

– Allez, je le vois bien. Et puis, pourquoi d’autre ? Tu comptais réussir là où des dizaines de guerriers ont échoué ?

– Non, je… Peut-être que…

– Et dans ce cas, quelle importance peut bien avoir ta couleur ? Une fois morte, tu t’en fous, hein ?

Elle sourcilla légèrement, interloquée par ma question, mais garda le silence.

– Tu… Tu n’y avais même pas pensé ?!

J’étais choqué. J’avais soulevé un problème qu’elle avait omis de prendre en compte. J’étais plus intelligent qu’elle, c’était sûr. Dans mon for intérieur, je m’en enorgueillis.

– Ce n’est pas ça ! Je ne peux pas mourir ainsi ! Et si quelqu’un trouve mon corps ?! Il ne saura pas qui je suis, ou pire, il pourrait me prendre pour un monstre !

– Alors c’est donc ça… Quoi qu’il en soit, maintenant, il va bien falloir que tu m’aides à trouver une solution pour inverser cette technique.

– Tu… Je… Je croyais que tu savais comment faire !

– Ben, non. C’est d’ailleurs pour ça que je suis là, tu sais.

Elle me fixa pendant un moment, sans dire un mot. Finalement, elle reprit la parole.

– Si je t’aide, tu me rendras ma couleur lorsque tu sauras comment faire, n’est-ce pas ?

– Bien sûr.

Je me dépêchai de la rassurer. Après tout, elle n’était pas animée de mauvaises intentions, et moi, je lui avais fait ça. Il faut dire que je me sentais coupable, quand je voyais comment elle se sentais alors.

– Promis ?

Elle en avait même les larmes aux yeux !

– Promis ! Maintenant, allons-y ! Il faut que nous partions à la recherche de runes, je suis certain que c’est la seule façon de faire !

Par contre, je ne savais absolument pas où aller pour ça. Sans doute, nous rendre dans un autre village était une bonne idée. Ou au moins le début d’une idée. Plutôt que nous promener sans but dans la nature, un autre Ancien pourrait peut-être savoir des choses. Des archives pourraient peut-être contenir une réponse. En tout cas, il fallait essayer.

– Allons dans ce village.

– Non.

– Non ? Mais il est juste là, tu as dit, à quelques dizaines de minu…

– Il sera inutile d’aller leur demander. Nous faisons régulièrement du commerce avec eux, et je les connais bien. Suffisamment pour savoir qu’ils ne vont pas pouvoir t’aider.

– Comment peux-tu en être si sûre ? Tu ne sais même pas ce que je recherche. Tu es incapable de voir ou de ressentir les runes, après tout. Si ça se trouve, peut-être qu’il y en a une dans ce village.

Au moment où elle allait répondre, la bouche déjà ouverte, un froissement se fit entendre dans des buissons. En nous retournant instinctivement dans la direction du bruit, nous vîmes débouler un cheval, affolé, qui nous dépassa en furie avant de disparaitre derrière une colline.

– …

Nous nous regardions bouche bée. Finalement, je pris la parole.

– Pourquoi est-ce qu’il y a un cheval ici ? Et de quoi est-ce qu’il avait peur ? Je… Je crois qu’il faudrait qu’on bouge, là.

Un cheval… Le terme était léger, car ce n’était pas tout à fait ça. Il s’agissait d’un monstre dont l’apparence s’en rapprochait terriblement, à la seule différence que sa peau blanche était recouverte de zébrures argentées et que son front était orné d’une corne spiralée de plus de trente centimètres de long.

Dai Lin me répondit, sans vraiment s’adresser à moi.

– Pourquoi est-ce qu’elle fuit ?

Elle m’attrapa sans me demander mon avis, et d’un bond, nous nous retrouvâmes dans une branche haute d’un arbre.

Elle baissa les yeux dans la direction d’où avait surgi la bête quelques secondes plus tôt, et presqu’aussitôt, un autre bruit se fit entendre. Du même buisson bondit alors un mort-vivant – je savais les reconnaître au premier coup d’œil maintenant – rapide et athlétique. Il avait été humain sans doute. Ne nous remarquant pas, il se précipita sur les traces de la bête affolée par-delà la petite colline derrière laquelle elle avait disparu.

– Elle se faisait poursuivre par un mort-vivant ? Mais pourquoi ? Une fois qu’ils ne voient plus leur proie, ils abandonnent la poursuite et l’oublient, en règle générale… Qu’est-ce qui fait qu’il la traque ainsi… ?

Elle était dubitative et perdue dans ses pensées.

Quant à moi, il fallait que je la pousse désormais à bouger. On allait faire quoi si d’autres zombies arrivaient, et nous remarquaient ? Après tout, si quelqu’un avait placé cette statuette pour les attirer, il était possible que d’autres villages étaient également visés, et nous étions juste à côté de l’un d’entre eux…

– Dai Lin, allez…

 


 

Et maintenant, comme d’habitude, on va aborder quelques points concernant les choix précédents.

Tout d’abord, le choix a été TRES TRES majoritaire concernant les votes précédents.

66 personnes ont décidé qu’il allait se jeter sur la statuette.
9 personnes voulaient qu’il se jette sur l’Ancien pour l’empêcher d’attraper la statuette. Dans ce cas, il se serait simplement fait jeter à terre sans autre forme de procès. La statuette aurait été ramassée par l’Ancien, avec précaution, et le village n’aurait pas été submergé. Ils auraient, quelque part, été capables de survivre et nos deux amis n’auraient pas eu besoin de partir.
11 personnes désiraient qu’il crie pour attirer l’attention de l’Ancien. S’il avait fait ça, un champ de protection se serait mis en place autour de l’autel, la statuette serait devenue impossible à attraper, et le village aurait été perdu suite à l’afflux incessant de zombies dans le futur. Il serait devenu une zone condamnée. Par contre, sans les renforts, tout le monde aurait été capable de s’enfuir pour aller voir ailleurs.
7 personnes voulaient qu’il observe l’Ancien attraper la statuette. Dans ce cas, de la même façon que s’est s’était jeté sur lui, l’Ancien l’aurait retirée avec soin ; cela dit, le fait qu’Osumba reste silencieux et le regarde faire l’aurait inquiété et il se serait mis à le suspecter : en effet son arrivée coïncidait un peu trop avec toute cette histoire d’invasion. Il l’aurait finalement traité d’espion, et l’aurait chassé du village sans le tuer uniquement parce que Dai Lin aurait plaidé sa cause.
1 personne voulait qu’il essaye de s’enfuir. Au moment où la statuette était retirée, il aurait été capable de remonter, mais il n’aurait rien vu de tout ça. L’Ancien l’aurait d’ailleurs traité par la suite de lâche et aurait retiré toutes ses promesses d’aide et de logement. Osumba serait devenu un type habitant dans la rue.


 

Bon. Rapidement, les votes de cette semaine maintenant :
Je vous rappelle que vous devez vous connecter pour pouvoir voter, et je vous laisse un jour de plus, jusqu’à samedi soir 23h donc.

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Raka
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8 thoughts on “LDO : Chapitre 14

  1. Haha, j’aurai jamais pu envisager que le vioque il ai l’affinité des ténèbres, bien trouvé !
    Les choix apportent toujours des répercutions intéressante, merci pour tout 🙂

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