LDO : Chapitre 7

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007     Une bande pas comme les autres

 

– Vénérable doyen, je souhaite me mesurer à Ren Fen. Je dois devenir fort, je dois m’entraîner et je dois acquérir de l’expérience. Echanger quelques coups avec quelqu’un de plus fort que moi ne pourra que m’être utile.

Wang Wei me regarda d’un air amusé et étonné.

– Voilà qui est bien dit, mon garçon. Je ne m’attendais pas à ça. Je pensais que tu voudrais combattre quelqu’un de ton niveau, et voilà que tu montres du courage ? Je me m’attendais vraiment pas à ça. Surtout en repensant à ce que tu nous as fait hier, face à Yu Lin et moi‐même…

Il sourit en coin en disant ça. Ce que j’avais fait ? Mais qu’est-ce que j’avais fait, à part subir leur pression gigantesque, qui m’avait même fait mouill… Oh, merde. C’était de ça qu’il parlait ? Il avait vu. Enfoiré de doyen.

Je fis mine de ne pas avoir relevé son sarcasme.

– Eh bien, merci…

Je ne savais pas quoi dire d’autre, de toute façon. Je vis les lèvres de Ren Fen se soulever légèrement, les yeux amusés, et il se retourna afin d’entrer sur la place. Gao Yun fronça les sourcils, j’étais certain à ce moment qu’elle voulait vraiment combattre contre moi, et son visage crispé montrait à quel point elle était contrariée par mon choix. D’ailleurs, elle prit la parole au moment où j’allais suivre Ren Fen.

– Pourquoi ? Pourquoi lui et pas moi ? Il a déjà fait ses preuves, moi pas !

C’était donc ça. Elle était aussi faible que moi et venait d’arriver récemment, elle n’avait pas encore montré ce qu’elle valait et désirait donc se servir de moi pour ça. Quelle fille malpolie. Ce n’était qu’un combat amical, et je pouvais lire dans ses yeux qu’elle avait prévue de me massacrer pour montrer qu’elle pouvait être quelqu’un…

J’avais bien fait de ne pas la choisir, j’en étais convaincu. Même si elle n’aurait pas forcément pu me battre puisqu’elle n’était pas plus forte que moi, je ne voulais simplement pas lui donner cette occasion.

Sans lui répondre, je m’avançai vers Ren Fen, qui m’attendait patiemment. Gao Yun me lançait des regards électriques, je pouvais presque les sentir dans mon dos.

Il était plus grand que moi, et même avant que je n’entre sur la place, il avait déjà étendu une aura à plusieurs mètres de diamètres autour de lui. Je ne savais pas faire ça et il s’agissait sans doute d’une technique qu’il avait étudiée. C’était une aura plutôt agressive, je pouvais ressentir sa couleur dans mon âme, même si elle était invisible. C’était une aura de foudre, le doute n’était pas permis.

La foudre, hein ?

Le vieux dans mon dantian venait de se réveiller, tout à coup.

Si c’est la foudre, alors peut‐être que tu as une chance… Mais ne t’attends pas à gagner ce combat.

– Ah ? D’accord.

Face à lui, à une dizaine de mètres, je pris mon expression la plus sérieuse, et le regardai droit dans les yeux. Je ne possédais pas de technique, alors que lui avait déjà utilisé l’une des siennes… Il fallait que je m’en remette totalement à Zhou XueFang sur ce coup. J’avais eu les yeux plus gros que le ventre, ça me paraissait évident, je ne pouvais pas gagner.

Il pratique une technique appelée Zone Foudroyante. Si tu entres dans son aura, qui fait un peu moins de cinq mètres de diamètres, tu recevras des dégâts continus, et avec deux niveaux de plus que toi, il y a de fortes chances qu’il te batte même sans avoir besoin de te toucher.

– Qu’est-ce que je peux faire, alors ?

Attention, il approche. Sauve‐toi !

Ren Fen avait effectivement pris son élan et s’était rué vers moi, entouré par un cercle d’une aura qui faisait crépiter légèrement le sol autour de lui. Sans attendre, je me retournai et pris mes jambes à mon cou.

– Awawawawawawa !

J’avais comme une sensation de déjà‐vu.

Heureusement, la place était grande, et j’étais endurant. Je pouvais tourner en rond sans me laisser attraper. Il était plus fort que moi, mais il devint rapidement évident qu’il ne courait pas aussi vite que moi.

– Lâche ! Reviens ici ! Arrête de courir ! Tu n’iras nulle part !

Il me jetait des insultes et des menaces, sans doute pour essayer de me piquer au vif et éveiller mon désir de bataille. Mais ce qu’il réussissait à éveiller en moi, c’était surtout le désir de me sauver ! Je ne voulais absolument pas entrer dans son aura et me faire électrocuter, et tant que Zhou XueFang réfléchissait à un moyen de le contrattaquer, je ne pouvais que courir.

Pris au jeu et certain qu’il n’allait pas m’attraper de sitôt, je me permis même de m’arrêter pendant deux secondes et de me taper sur les fesses en lui criant :

– Haha, attrape‐moi ! Je suis Osumba la gazelle !

Son visage devint rouge et il accéléra. L’aura qui l’entourait devint moins large, il avait sans doute sacrifié sa taille pour courir plus vite. Mais ce n’était toujours pas suffisant pour me rattraper.

Après quelques minutes de ce petit jeu, je commençais à fatiguer un peu, mais lui, il transpirait à grosses gouttes. Il était devenu évident qu’il utilisait une grande quantité d’énergie afin de maintenir son aura, c’était une technique redoutable mais qui pesait sans doute intensément sur le corps.

Osumba. C’est le moment. Relâche ton Qi, il a l’air affaibli. Tu devrais pouvoir l’arrêter rien qu’avec la pression du Qi.

Ecoutant ses conseils, je fis volte‐face et une explosion de Qi s’échappa de mon corps. Comme un brouillard noir, il s’étendit dans toutes les directions et en me concentrant, je fus capable de le diriger vers Ren Fen, qui arrivait sur moi. Juste avant que le bord de son aura ne m’atteigne, il s’arrêta, repoussé par la pression du Qi du deuxième niveau Terrestre que je lui imposais.

– Alors, tu as enfin décidé de te battre ?

Il haletait et transpirait, mais un sourire naquit au coin de ses lèvres. Il avait gardé quelque chose en réserve ? J’espérais que non.

– Je suis de l’affinité de la foudre, et la lumière est donc mon affinité secondaire. Puisque mon Qi de foudre est du quatrième niveau terrestre, il est bien évident que je suis capable de maîtriser le Qi de lumière du deuxième niveau Terrestre.

En disant ça, l’aura crépitante qui l’entourait disparut instantanément, et de son corps jaillit une pression de Qi, la même que celle que je projetai actuellement, mais de couleur grise, presque blanche. Il me répondait avec du Qi de lumière du même niveau que mon Qi des ténèbres !

– Zhou XueFang, je dois faire quoi, maintenant ? Les Qi sont en train de s’annuler, s’il s’approche et réactive son aura de foudre, c’est fini !

Il va falloir réagir rapidement, mon garçon. Retire ton Qi et invoque la lance de foudre, prends‐le par surprise.

– Mais je vais le tuer ?

Non, c’est un combat amical, quoi qu’on en dise. Wang Wei vous observe, et il t’arrêtera si tu le mets en danger. De plus, même si tu le blesses, tant que tu ne le tues pas instantanément, il peut être guéri facilement.

– Bon…

Je retirai mon Qi, et tout en me laissant à moitié submerger par son Qi de lumière, j’ouvris la main et y invoquai la lance de foudre de Zhou XueFang. Elle apparut en scintillant et en crépitant, et je pus voir la surprise dans les yeux de mon adversaire, qui cessa d’avancer, pris au dépourvu pendant une seconde.

Mais avant que je puisse faire quoi que ce soit, il rétracta également son Qi de lumière et l’aura jaune au sol réapparut, m’enveloppant. Il était si rapide ! Il avait fait ça en moins d’une seconde, je ne pouvais rien y faire. Ça allait faire… mal. Tentant le tout pour le tout, je brandis ma lance et voulus l’envoyer en avant dans sa direction, mais au moment où j’allais la projeter, je sentis une douleur intense et piquante dans tout mon corps.

Il m’avait eu, et le monde s’effaça autour de moi. Je perdais connaissance.

En me réveillant, ne sachant pas combien de temps avait passé, je regardai autour de moi. Je n’avais pas dû rester dans cet état bien longtemps, parce que Ren Fen était toujours debout au milieu de la place, et les autres personnes, tous ceux qui nous regardaient, nous regardaient toujours.

Mon adversaire s’approcha de moi en me tendant la main.

– Eh bien, mon ami. On dirait qu’une fois qu’elle se fait rattraper, la gazelle ne peut plus se défendre. Mais dis‐moi, quelle était cette arme ?

– Cette arme ? Ma lance ?

– Oui, cette lance était une arme de foudre. Pourtant… Tu as clairement montré que ton Qi était de l’affinité des ténèbres, et je ne comprends pas cette arme. Est‐ce un artefact ?

Un artefact ? Non, c’était une arme offerte par Zhou XueFang.

– Oui.

C’était plus simple. Je n’avais pas envie de commencer à expliquer des choses qui allaient me valoir des moqueries ou la mort, s’il voulait penser que ma lance était un artefact, il n’avait qu’à le penser.

– Je dois dire que tu cours vite.

– Merci.

– Et que je m’attendais à te vaincre bien plus vite que ça. Ce n’est pas une honte de fuir quand on est plus faible, si on est sûr de pouvoir en tirer parti. Cela dit, tu m’as l’air encore bien inexpérimenté, sinon tu n’aurais pas tenté de m’opposer du Qi des ténèbres, sachant que je pouvais te renvoyer un Qi de lumière.

– Ah. D’accord.

Mais qu’est-ce qu’il racontait ? Il n’avait ouvert que quatre portes Terrestres, et il me parlait comme s’il était un professeur depuis 30 ans. Je crois qu’il prenait juste la grosse tête et qu’il essayait de montrer sa supériorité face au groupes de personnes présentes. Mais je m’en fichais bien, il pouvait dire ce qu’il voulait, de toute façon, une fois de retour sur Terre, je ne les reverrai plus jamais.

– Ben oui, je ne connais rien de ce monde. Je veux juste devenir fort et partir d’ici.

– Devenir fort ? Partir ? Tu veux tenter d’aller voir sur un autre continent, avoue. Je te vois venir.

– En effet… C’était si évident ? J’ai entendu qu’ici, on ne pouvait pas dépasser le stade des Fondations, et ce sera clairement insuffisant pour atteindre mes buts.

Il fallait que je devienne plus fort que fort, et Zhou XueFang ne m’avait même pas dit à quel point. Je savais cependant que j’allais devoir dépasser le stade des Fondations, qui représentait la puissance absolue sur Irus.

– Hahaha, tu as de l’ambition. Moi, Ren Fen, t’apprécie, mon ami. Tu as une couleur bizarre, mais si je me laissais arrêter par ça, je perdrais mon honneur !

– L’honneur ? Quel est le rapport ?

J’étais perplexe. Il racontait des trucs sans queue ni tête, en riant très fort, les mains sur les hanches.

Il me regarda d’un air sévère.

– À partir de ce jour, si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux compter sur moi. Je suis l’un des disciples les plus puissants dans le coin, parmi notre jeune génération.

– Ah ? D’accord.

Il avait l’air de quelqu’un de bien. Il m’avait vaincu à plates coutures et m’avait ensuite tendu la main pour me relever, et voulait même maintenant me considérer comme un ami. Finalement, tout le monde n’était peut‐être pas complètement fou et adepte de la mort et de la violence, par ici.

– D’ailleurs, si quelqu’un vient te chercher des crasses parce que tu as une couleur différente, fais‐le moi savoir, j’irai moi‐même m’occuper de son cas, le peler vivant et lui nouer les tendons des jambes avec la peau du crâne, hahaha !

Finalement, peut‐être qu’il était comme tout le monde dans le coin.

La foule commençait à se disperser, les festivités étant terminées et personne ne désirant continuer à se donner en spectacle.

Ren Fen m’accompagna, ou plutôt, c’est moi qui l’accompagnais, parce que je ne savais pas trop où aller et lui oui.

– Où allons‐nous ?

Il avait voulu que je marche un peu avec lui.

– Nulle part en particulier. J’avais envie de marcher un peu avec toi, rien de plus.

– Ah. Alors, marchons.

– Tu te bats vraiment pas mal… Quand il s’agit de fuir. Mais tu manques clairement d’expérience. Fuir ne te fera jamais gagner un combat, après tout.

– Mais tu voulais que je fasse quoi ? Je n’allais pas non plus poser le pied sur ta zone électrique.

– Tu ne maîtrises pas de technique ?

Il me prit un peu au dépourvu en me posant cette question. Je ne savais pas si je pouvais parler du Bagua du Taiji, puisque c’était une technique surpuissante et quelque peu spéciale.

Mais je décidai de sauter le pas. Après tout, que pouvait‐il y faire ?

– J’ai bien appris une technique, mais elle ne me sert à rien. Elle est incomplète.

– Incomplète ? Comment ça ?

Il haussa les sourcils, visiblement étonné. En lui disant ce que j’avais dit, s’il avait su de quoi je lui parlais, alors il aurait sans doute directement fait le rapprochement. Je pouvais donc lui expliquer.

– Je possède une technique qui s’appelle Bagua du Taiji. Je ne peux plus cultiver d’autre technique, mais en contrepartie, je peux trouver des runes qui m’accorderont des pouvoirs spéciaux instantanément.

Il réfléchit un instant en silence, avant de se tourner vers moi et de me prendre par les épaules.

– Osumba. Je crois que je sais ce que sont ces runes. L’une d’entre elles, en tout cas. Et si c’est vraiment le cas… Viens. Allons chez moi.

Nous filâmes en courant jusque dans une zone reculée où étaient érigées de petites habitations en pierre blanche. L’une d’entre elle était sa maison. Une fois à l’intérieur, il m’offrit une chaise toute simple, et s’assit sur une table en bois, avant de reprendre.

– Explique‐moi en détail ton problème de runes.

– Ah ! Là, je peux. Avec cette technique, il est dit que je dois bâtir des piliers – et ne me demande pas ce que ça signifie – et que pour cela, je dois trouver des runes. Et… Et, voilà. C’est tout ce que je sais.

C’était vraiment à peu près tout ce que j’en savais.

Mais Ren Fen fronçait les sourcils en se tenant le menton dans la main.

– Des piliers, hein… Peut‐être que, vraiment…

Il commençait à me courir sur le manioc à se parler à lui‐même.

– Peut‐être que quoi ? Arrête d’être si mystérieux !

– Dans ma famille, lorsqu’on atteint un certain âge, on devient un doyen protecteur. Et… Ce qu’on est censé protéger, c’est… En réalité, c’est un temple qui s’appelle « Le Temple du Pilier de la Montagne. »

– Un pilier ? Pilier de la Montagne… Je crois que ça me dit quelque chose, en effet.

– Il est dit que ce temple contient un trésor, que personne n’a été capable de découvrir pendant les centaines d’années qui se sont écoulées depuis que nous le gardons. Si mon intuition est bonne, … Tout devrait être lié.

– Ou pas. C’est quand même un sacré hasard, si c’est le cas. Tu ne crois pas ? Je viens d’acquérir cette technique, et parmi tous les disciples de la Ligue des Assassins, tu me dis que je viens de tomber précisément sur celui dont la famille garderait une rune ?

J’étais sincèrement perplexe. Le monde était vaste, et c’était sans doute un hasard. En tout cas, même si ce devait être vrai, je préférais ne pas trop y croire, parce qu’avec ma chance, j’allais être déçu. Après tout, j’avais perdu mon javelot, que j’avais fabriqué moi‐même, j’étais quand même un des types les plus malchanceux du monde.

– Si j’en ai l’occasion, j’irai voir, dans ce cas.

C’était tout ce que je pouvais dire. Je ne savais même pas si j’allais avoir le droit d’entrer dans ce temple. Ils le gardaient, après tout. D’ailleurs, ils le gardaient de quoi ? Qui voudrait attaquer un endroit dont le trésor est invisible aux yeux de tous ?

– Tu l’auras bien assez tôt, mon ami. Je dois partir en mission de reconnaissance dans le cadre d’un contrat, et la mission se déroule dans une petite ville non loin des terres de ma famille. Je demanderai au doyen de te laisser m’accompagner. Je suis bien vu, après tout, il devrait accepter.

– Une mission de reconnaissance ? C’est quoi ?

– La Ligue a reçu un gros contrat, et nous devons assassiner un homme très influent. Seulement, il est prudent, se cache, utilise des doublures, et fait toujours très attention à son entourage et à tout ce qu’il fait. Nous devons obtenir des informations en tout premier lieu, sans nous faire voir, et sans attirer les soupçons. C’est là que j’entre en scène.

– Ah. D’accord.

Ren Fen m’aimait vraiment bien, ou quoi ? Il ne me devait rien, et il ne me connaissait pas. Et pourtant, il voulait faire tout ça pour moi. Finalement, j’allais peut‐être me faire mon premier vrai ami dans ce monde remplis de fous furieux.

– Quoi qu’il en soit, Osumba, fais attention à cette fille, Gao Yun. Elle n’en a pas l’air comme ça, mais elle est la fille d’un noble de la famille Gao, et quelque chose me dit qu’elle n’a jamais été habituée à ce qu’on lui refuse ce qu’elle désire. J’ai vu son regard quand tu as choisi de m’affronter, elle a pris ça pour un affront et elle ne va certainement pas laisser passer ça.

– Elle n’a qu’à venir. On discutera.

– Haha ! Comme tu es simple ! On va s’entendre. Je vais prendre soin de toi, tu verras.

Décidément, ce n’était pas clair. Qu’est-ce qu’il voulait, au final ?

– Pourquoi es‐tu si amical avec moi, alors qu’on ne se connait pas ? Tu es même prêt à m’amener à un temple qui est sous la protection de ta famille…

Il me regarda d’un air sérieux, avant de sauter de la table et de se rapprocher.

– Tu t’es vu ? Est‐ce que tu t’es vu ?

– Hein ? Euh… Oui ?

– Tu es tout noir, tu présentes toutes les caractéristiques d’un contrôlé, sans parler du fait que tu te fonds dans les ombres, tu… Tu sais quoi ? Tu as un avenir assuré dans la Ligue des Assassins. Tu n’imagines pas toutes les situations que tu pourras dénouer, alors que d’autres en seront incapables. Je peux te le garantir, tu iras loin. Et le jour où tu seras allé aussi loin que je l’imagine…

Il fit une légère pause, avant de me sourire.

– Tu seras toujours mon frère ! Haha !

Et c’était moi le simple d’esprit ? Il avait un système de pensée très direct. Bon, au moins, il n’avait pas l’air animé de mauvaises intentions. J’allais bien voir si ce qu’il disait était vrai, plus tard.

Soudain, il retourna vers la porte en me faisant signe de silence.

Il plaqua son oreille contre la porte en bois, et écouta quelque chose que je ne pouvais pas entendre. Mais son regard sérieux me garantissait que lui, il entendait bien…

– Il y a des gens qui discutent devant la maison. Ils semblent t’attendre.

Il me chuchota ça sur un ton méfiant. À croire que les gens qui m’attendaient me voulaient du mal. Comme si on pouvait m’en vouloir alors que personne ne me connaissait. C’était ridicule.

– Le nouveau ! Sors de là !

Face à un hurlement qui m’était adressé, je dus bien me rendre à l’évidence, ils étaient là pour moi. Mais qu’avais-je à craindre ? Ils ne pouvaient pas me vouloir grand mal, et puis mon nouveau frère était à mes côtés, et il était un génie de la jeune génération.

D’ailleurs, il ouvrit la porte en haussant les épaules dans ma direction. Après tout, si ces types dehors avaient voulu me tendre une embuscade, il aurait eu raison de se méfier. Mais là, ils m’avaient clairement appelé, ils voulaient donc sans doute se présenter et me souhaiter la bienvenue. Oui, c’était ce qu’il y avait de plus probable quand on y réfléchissait. Même Ren Fen devait penser qu’on ne risquait rien, alors je pouvais lui faire confiance.

Dehors, un groupe de 6 individus, tous habillés de cette robe qui était apparemment le costume officiel de la Ligue, en tout cas de ses disciples. Ils avaient tous des visages repoussants, mais vraiment. Entre les verrues, les cicatrices, les boursouflures, les dents en moins, j’ai même vu une oreille tranchée de façon assez grossière, un œil manquant, des cheveux épars sur une tête déformée.

Mais qu’est-ce que c’était ce groupe d’handicapés ?! Ce type, là, il était même bossu ! Et ils avaient tous l’air d’avoir la vingtaine, ils n’étaient pas des vieux ! Avec des gueules pareilles, je commençais à craindre pour ma sécurité, à nouveau. Ils n’avaient vraiment pas l’air commodes…

Le type avec une grande cicatrice en travers du visage, qui traversait un œil, la bouche et le menton, m’adressa la parole. Je remarquai qu’il avait tout un côté du visage paralysé, quand il parlait, sa bouche faisait des mouvements étranges, comme s’il n’arrivait pas à mâcher.

– Osumba ! C’est toi, le nouveau ! Je m’appelle Kong Jia. Avant toute chose, je souhaite la bienvenue dans la Ligue des Assassins à cette nouvelle recrue.

– Euh, moi ? Merci ?

Ren Fen me glissa à l’oreille.

– Je connais ces types. On ne les voit pas souvent, mais ils ont une certaine réputation… Ils sont de la génération juste au‐dessus de nous, la plupart ont entre 20 et 25 ans. Ce type, là, Kong Jia, est un cultivateur du 5ème niveau Terrestre. Il n’est pas aussi doué que moi, mais il est plus vieux et a eu plus de temps pour cultiver…

Kong Jia ne le laissa pas continuer ses explications et reprit :

– Nous sommes un groupe composé de personnes que personne ne veut voir, dont personne ne veut entendre parler. Nous sommes le Groupe des Repoussants. Tu nous as vu ? Haha ! Ne nous trouves‐tu pas repoussants ? Hein, notre nom est mérité, n’est-ce pas ?

– Eh ?

Je ne savais pas quoi lui dire. Ils étaient tous en train de rire, comme s’il venait de raconter la meilleure blague du monde, mais je ne comprenais pas ce qu’il pouvait y avoir de drôle, il venait de s’insulter lui‐même, non ?

Quoi qu’il en soit, il n’attendit pas que je réponde, et continua :

– Et toi, regarde‐toi ! Avec ton apparence naturelle de contrôlé, tu vas t’attirer tous les malheurs du monde là où tu passes ! Crois‐moi. Ce ne sera pas facile, on sait de quoi on parle, hein les gars ? Hahaha !

Ce mec… On aurait juste dit un type bourré. Mais quelque chose me disait qu’il agissait ainsi naturellement, sans avoir besoin d’alcool.

– Ecoute, Osumba. Rejoins‐nous ! Rejoins notre Groupe des Repoussants, et nous prendront soin de toi, tu peux être sûr que personne dans la Ligue n’osera penser à te faire le moindre mal. De notre côté, nous assurerons ta protection, et toi, avec l’avenir que tu ne manqueras pas d’avoir, tu nous apporteras enfin la gloire et la notoriété que nous recherchons depuis des années !

Il cessa de sourire et me regarda le plus sérieusement du monde.

– Qu’en dis‐tu ?

Il m’avait pris au dépourvu ! Je ne pouvais pas lui répondre comme ça, je ne connaissais pas ces types, et je n’avais pas envie de faire partie d’une bande de clochards à moitié défigurés ! J’étais en parfaite santé, moi, et mon visage était parfait aussi !

– Euh… Euh… Je ne sais pas ?

– Haaa, je peux comprendre, tu ne nous connais pas. Cela dit, je ne te forcerai pas, même si je me permets d’insister. Tu es une jeune pousse pleine de promesses et d’espoir, et nous aimerions vraiment que tu nous rejoignes…. Ecoute, si tu prends ta décision, tu pourras toujours venir dans la Tour des Repoussants, tout le monde sait où elle se trouve puisque personne ne veut s’en approcher. C’est là que nous vivons. Nous t’accueillerons à bras ouvert. Enfin, pour ceux qui ont encore leurs bras, hahaha ! Hein les gars !

Sur cet éclat de rire, rapidement soutenu par tout son groupe, il tourna les talons et ils quittèrent les lieux comme ils étaient arrivés : sans que je comprenne ce qui venait de se passer.

Ren Fen se tourna vers moi, et me prit les épaules pour m’affirmer d’une façon résolue :

– Ne va pas avec eux. Je t’en prie.

– Pourquoi ?

Sa mine sérieuse me prenait au dépourvu, pourquoi ne pouvais‐je pas ?

– Pourquoi ne puis‐je pas ? J’aime me faire des amis.

– Personne n’est ami avec ces gars‐là. Je vais être honnête avec toi. Ils possèdent des ressources de cultivation que d’autres n’ont pas, parce que le doyen a pitié d’eux – ils sont dans cet état à cause de la Ligue, après tout. Ce sont tous des survivants de missions ou d’attaques qui ont mal tourné. En les rejoignant, nul doute que tu pourras progresser rapidement. Mais en contrepartie, tu vas te couper directement l’herbe sous le pied, car ce groupe n’est plus envoyé en mission, et se contente de sa vie de parasite. Tu ne pourras donc plus que rêver de progresser au sein de la Ligue.

– Oh, donc c’est un bénéfice à court terme ?

– Exactement, un bénéfice à court terme, et puis plus rien ensuite.

Hein ? Quelque chose me choqua. J’avais vraiment compris du premier coup ce qu’il venait de me dire en utilisant plus de cinquante mots ?! Est‐ce que la cultivation rendait plus intelligent ? J’allais pouvoir devenir un génie, dans ce cas ?

– Hmmm… J’y réfléchirai, dans ce cas.

Est‐ce que je comptais vraiment profiter d’eux rapidement et gagner en puissance, pour ensuite stagner ? À ce moment, j’allais devoir quitter la Ligue. Je ne pourrais plus rien en tirer. Mais le pouvais‐je ?

Si je refusais de les rejoindre, alors je pourrais gravir les échelons de la Ligue, et gagner à terme des ressources plus importantes, mais le chemin serait bien plus long…

– Hmm… Je n’aime pas réfléchir.

 


 

Alors ? Alors ?
Je vais faire court parce que c’est un peu compliqué là tout de suite, j’éditerai cette note plus tard.

 

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Raka

Raka

Mélange satyrique de Daria et Docteur House, élevé à grands coups de Fluide Glacial pendant un peu trop longtemps, le cynisme n'est égalé que par l'excès d'humour noir et de sarcasme quotidien dont je fais preuve.
Mais on s'en fout, pas vrai ?
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11 Commentaires

  1. Couic

    Merci pour les chapitres =). Bon j’ai décidé de voter pour qu’il ne rejoigne pas les mal‐aimés. Ce qui lui manque c’est de l’expérience en combat et situation réel, et si il ne fait pas de mission il n’en aura aucune.

    Répondre
    1. Shirosuu

      J’ai voté non pour la même raison, et merci pour le chapitre raka !

      Répondre
    2. TesaYuuTesaYuu

      Moi aussi j’ai voté pareil ^^ vive l’expériance !!
      Merci pour le chapitre

      Répondre
  2. TaliaTalia

    Merci pour le chapitre

    Répondre
  3. Higanbana

    Merci pour ce chapitre

    J’ai également voté pour qu’il ne les rejoignent pas.

    Répondre
  4. noname.exenoname.exe

    Merci pour le chapitre
    Le chapitre porte vachement bien son nom

    Répondre
  5. Danicool

    merci pour le chapitre 🙂

    Répondre
  6. nounoudroid

    merci pour le chapitre

    Répondre
  7. gutsguts

    Merci pour le chapitre

    Répondre
  8. Soumsoum

    Merci pour ce chat pitre 😉

    Répondre
  9. Aximili

    Merci pour le chapitre !

    Répondre

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