MoL : Chapitre 83
MoL : Chapitre 85

Chapitre 84 — Impuissance

 

Zorian s’éveilla confus dans son lit à Cirin. Sa tête était une décharge publique miroitait sous un soleil de plomb, son corps le faisait souffrir et il avait du mal à se souvenir de ce qu’il s’était passé. Perturbé et endolori, il resta allongé pendant quelque temps, perdant et reprenant un brin de conscience à plusieurs reprises.

Graduellement, son esprit reprit forme et il s’inquiéta. Quelque chose n’allait pas. Oui, il se sentait comme un mannequin désarticulé, mais il y avait autre chose, plus que ça. Quelque chose était subtilement décalé à propos de cette situation, une chose qu’il n’arrivait pas à définir.

Oh, c’est vrai, finit-il par réaliser en lui. Kirielle ne m’a pas réveillé en me sautant dessus. J’ai ouvert les yeux de mon propre chef, et il n’y a personne dans ma chambre. C’est impossible, à moins qu’il ne se soit produit quelque chose de terriblement, terriblement mauvais…

Au moment où il le comprit, c’était comme si un engrenage venait de cliqueter et mettre la dernière pièce de puzzle en place. Tout lui revint soudainement. La visite de Quatach-Ichl, le vol de la dague, la bataille finale contre l’ancienne liche et son attaquer perfide, à la toute fin… Les souvenirs grondaient en lui l’un après l’autre et sans fin. Le processus était douloureux et avait quelque chose d’étranger, comme si quelqu’un les lui fourrait de force dans la tête, sans se soucier de son bien-être. Les vagues de douleur et la nausée qui radiaient du fond de son corps s’intensifièrent encore, et il parvint avec grande peine à rouler hors de son lit avant de vomir en quantité sur le sol de sa chambre.

Quelque part, loin, il fut conscient de l’arrivée de Kirielle lorsqu’elle se mit à crier et à retourner sur ses pas en appelant sa mère à l’aide. Il fallut à Zorian toute sa volonté juste pour rester conscient et supporter la douleur. Son âme avait l’air de vouloir se déchirer, et il savait, instinctivement, qu’il aurait été absolument catastrophique de perdre connaissance à ce moment. Zach et lui avaient théorisé depuis longtemps que leurs âmes se synchronisaient avec leurs corps au début de chaque itération, interféraient avec leurs forces vitales et réarrangeaient leurs cerveaux pour prendre en compte tous les souvenirs qu’ils avaient accumulés précédemment… de façon physique. Maintenant, il semblait qu’il avait la confirmation que tout ceci se passait réellement… sauf que dans son état actuel, le processus avait un mal fou à se terminer. Sans les efforts conscients de Zorian pour stabiliser son âme, non seulement la synchronisation aurait-elle ravagé son corps et son esprit, mais probablement été bien plus loin dans le mal, définitivement.

S’il perdait connaissance à ce moment précis, qui savait quand il allait se réveiller ensuite ? Une part de son esprit paniquait à l’idée qu’il pût déjà avoir passé la majeure partie du temps qu’il leur restait dans un coma induit, mais il se força à mettre cette idée de côté pour plus tard. Il n’était vraiment pas temps de s’inquiéter à propos de ça. Pour l’heure, tout ce qui importait, c’était de serrer les dents et gérer la synchronisation en cours pour qu’elle se passât au mieux.

Il ne sut dire combien de temps il passa dans cet état, à trembler en luttant pour rester éveillé, mais sa mère et Kirielle finirent par le faire rouler sur une couverture et le transportèrent dans une chambre d’amis pour lui permettre de récupérer. Il parvint à résister jusqu’à ce que son âme se calmât quelque peu, et lorsqu’il put enfin parler, il découvrit qu’il était bien retourné au premier jour de l’itération. Il avait manqué de le remarquer lorsque Kirielle était venue le chercher, et décida de rester allongé pendant deux heures de plus avant de s’éveiller pour de bon. Mère et sœur étaient secouées face à la sévérité de son état précédent, et refusèrent catégoriquement de le laisser se lever et se promener comme si tout allait bien. Ils firent appel à un soigneur local pour demander un check-up complet de son état, ce qui était ennuyeux mais parfaitement raisonnable de leur point de vue, et il pouvait difficilement s’y opposer de façon juste.

De façon prévisible, le soigneur ne découvrit rien de vraiment problématique. Il n’était pas mage, juste un individu local qui savait reconnaître les maladies communes et donner les potions appropriées en réponse. Il avait échoué à découvrir quoi que ce fût de sérieusement inquiétant chez Zorian, aussi suggéra-t-il de l’observer de près pendant un temps pour s’assurer que ça n’arrive plus. Madame Kazinski se trouva naturellement mécontente face à son inutilité, mais elle semblait malgré tout rassurée par le diagnostic.

Lorsqu’il fut finalement laissé seul, Zorian décida de vérifier par lui-même ce qu’il en était. Il observa son marqueur, tentant sa chance alors qu’il savait qu’il y avait des chances que cela aggrave son état actuel si les dégâts de son âme n’étaient pas encore parfaitement rétablis. Il devait absolument savoir combien d’itération étaient encore disponibles.

Et le marqueur lui annonça qu’il en restait vingt-cinq, ce qui le fit soupirer de soulagement. Il n’en avait pas perdu, semblait-il.

Malheureusement, les bonnes nouvelles s’arrêtaient là. Les dégâts que Quatach-Ichl avait infligés à son âme signifiaient qu’il était actuellement incapable de lancer le moindre sort – tenter le moindre exercice de façonnage du mana provoquerait des vagues de douleur insupportables au travers de tout son corps, en guise de protestation. Bien que cet état fût destiné à disparaître avec le temps, il estima qu’il lui faudrait au moins trois mois avant de retrouver la forme. Peut-être même quatre ou cinq, si les circonstances l’obligeaient à pousser et aggraver les dégâts.

Zorian réalisa soudain qu’il comptait sur la magie pour à peu près tout, depuis un moment. Il avait déjà oublié ce que signifiait qu’être faible, qu’être un adolescent parfaitement normal. Même trouver un plan pour aller de l’avant et qui n’impliquait pas la téléportation devenait une épreuve…

Putain. Il doutait que Zach fût dans un bien meilleur état, sachant qu’il ne lui avait toujours pas rendu visite après tout ce temps, et c’était sans doute le plus grand des désastres. Bien qu’ils n’eussent pas passé des mois dans le coma, leur incapacité à utiliser la magie allait brutalement limiter le spectre de leurs possibilités pendant plusieurs itérations. Ils n’allaient clairement pas oser approcher Lac d’Argent ou Quatach-Ichl avec de tels dégâts persistants, par exemple. De plus, l’ancienne liche pourrait fort bien reconnaître sa marque. Et s’il réalisait que de tels dégâts ne pouvaient qu’avoir été infligés par la détonation de son âme ? Que pourrait-il en penser ? C’était bien trop risqué. Zorian n’avait pas trouvé de fragments étrangers dans son âme, mais il n’était pas une liche millénaire et ne prétendait pas avoir son niveau.

Il soupira. Il avait vraiment sous-estimé leur Némésis.  Il aurait dû se mettre à rager intérieurement par les dégâts considérables que la liche avait réussi à leur imposer, mais en toute honnêteté ? Zorian se surprit lui-même à se trouver impressionné par la brutalité et la décision implacable de Quatach-Ichl. Il ne lui fallut qu’un moment pour décider, après avoir vu les souvenirs de Xvim, que la boucle temporelle était réelle et qu’il devait sacrifier jusqu’à son âme pour les blesser là où ça faisait mal. La plupart des gens se seraient montrés dubitatifs en apprenant une telle chose, ou trop choqués pour penser clairement, mais Quatach-Ichl avait, en vérité, déjà comprit la situation, d’une certaine manière, et il ne lui fallut que trois fois rien pour estimer qu’il ne devait pas hésiter à se sacrifier pour les abattre.

Zorian pouvait comprendre la logique. Sans Zach et Zorian pour fouiner là où il ne fallait pas, Quatach-Ichl était quasiment assuré d’obtenir ce qu’il désirait de l’invasion de Cyoria, et coopérer avec eux avait très peu d’intérêt à ses yeux. La possibilité de trahison mise à part, il était une liche millénaire, quelle utilité aurait-il de pouvoir s’entraîner pendant une ou deux décades de plus ? Pourtant, savoir tout cela et être capable de mettre de côté l’instinct de survie pour produire ce mouvement suicide… Il s’agissait de deux choses bien différentes. Zorian n’avait jamais imaginé qu’une personne pût détoner la surface externe de son âme pour lancer une attaque suicide si explosif, mais même s’il l’avait su, il n’aurait jamais attendu de Quatach-Ichl qu’il décidât de se sacrifier ainsi après moins d’une minute de réflexion. Zorian savait qu’il serait lui-même incapable d’agir si imprudemment s’il se trouvait à la place de la liche, les humains étant généralement obsédés par leur survie à tout prix, et il était parfaitement sidéré qu’une liche, qui représentait malgré tout l’apogée du désir d’immortalité, pût se résoudre à ça si facilement.

Bon. Excepté ça, il réalisa soudain qu’il avait un sérieux problème entre les mains. Nommément, il lui fallait trouver un moyen de convaincre sa mère de le laisser se rendre à Cyoria, pour qu’il puisse vérifier l’état de Zach. De ses souvenirs, la dernière fois qu’il avait échoué à s’éveiller à temps avait été due à l’attaque d’une Aranea, et il avait été forcé de rester à Cirin pour tout le mois afin de calmer sa mère. Cette fois, la situation avait bien pire allure, et il lui fallait la convaincre de lui faire confiance largement plus que ce qu’elle était disposée à lui offrir.

Il pouvait déjà sentir la migraine revenir.

 

___

 

Il lui fallut deux jours de harcèlement constant et autant de temps à argumenter pour être finalement apte à convaincre la mère Kazinski de le laisser partir. Il s’était imaginé juste sauter dans un train pendant qu’elle ne regardait pas, mais il était sûr qu’elle aurait tout abandonné pour le suivre jusqu’au bout du monde s’il tentait cette folie. Elle pouvait se montrer aussi têtue que ça, oui. Étrangement, ce fut son père qui finit par l’aider en poussant les choses en sa faveur. Il semblait impressionné que Zorian pût se montrer si ferme et désireux de se rendre en cours malgré sa maladie, et décida finalement de convaincre sa femme de l’y laisser aller. Ce fut une expérience surréaliste pour Zorian, qui ne pouvait se remémorer la dernière fois que son père avait pris son parti ou approuvé ses choix. Il ne savait même pas comment réagir à ce sentiment.

Dans tous les cas, sa mère finit par abandonner les charges, bien qu’elle insistât sur l’obligation de prendre Kirielle avec lui. Afin de pouvoir garder un œil sur lui, disait-elle. Il fut amusant de la voir bouche bée et ne sachant que dire lorsqu’il accepta immédiatement.

Le voyage fut un choc désagréable. Dépouillé de la possibilité d’utiliser la magie, pourtant toujours hanté de douleurs fantômes et de tremblements, il lutta pour porter les bagages et ils finirent par se faire saucer sous la pluie pendant un long moment avant de trouver refuge dans une auberge proche. Il loua une petite mais coûteuse chambre pour une nuit, la pluie n’allant pas s’arrêter de sitôt.

Kirielle n’arrêta pas de se plaindre, toute trempée, pendant près d’une heure, et à pleurer comme un bébé, lorsqu’elle vit un gros cafard ramper sur le mur.

Se trouver incapable d’accéder à de vastes réserves magiques était réellement une expérience qu’il ne souhaitait pas revivre.

Le jour suivant, il amena Kirielle chez Imaya. Heureusement, elle ne prit pas offense de leur arrivée, bien que Zorian n’eût rien arrangé au préalable avec Ilsa ce mois-là.

Et il partir à la recherche de Zach.

Il réalisa rapidement qu’il n’allait pas s’agir d’une quête si facile qu’il l’avait imaginé. Zach était, il allait bientôt le découvrir, officiellement porté disparu. Tesen Zveri, le tuteur légal de Zach, organisait une recherche de grande envergure et appelait quiconque susceptible de détenir des informations le concernant à l’aide.

C’était… très familier. Presque nostalgique, vraiment. C’était la même situation qu’il avait vécue pendant les quelques premières itérations, lorsqu’il avait été inclus dans la boucle temporelle.

Il se demanda ce que ça signifiait. Était-ce une espèce de sécurité supplémentaire intrinsèque à la boucle, qui gardait le Contrôleur en sécurité le temps qu’il n’allât mieux ? Ou était-ce juste une situation dans laquelle Tesen avait trouvé un Zach comateux, et avait feint sa disparition ? Personnellement, Zorian pariait sur cette dernière possibilité. Quelques personnes savaient apparemment déjà à quel point la façon de gérer les affaires Noveda était mauvaise depuis que Tesen en avait pris possession, alors si Zach devait tomber dans un coma d’un seul coup, il serait l’un des premiers suspects. Zorian pouvait tout à fait voir le tuteur maléfique apeuré d’être accusé et feindre la disparition de l’adolescent jusqu’à décider que faire, un peu comme Jornak avait fait avec Veyers.

Quoi qu’il en fût, il était relativement facile de prouver quelle option était la bonne. Zach et Zorian possédaient tous deux un marqueur dont la clé était identique, et Zorian connaissait un rituel de traque qui le laisserait trouver son ami avec facilité.

Tout ce qu’il avait à faire désormais, c’était de trouver quelqu’un pour lancer ce sort. Parce qu’il était actuellement incapable de le faire lui-même.

Grands dieux, il détestait ce début de moi, tellement… Tellement…

 

___

 

La pièce était silencieuse. Zorian était suprêmement calme et collecté, observant Xvim droit dans les yeux malgré le visible ennui dans le regard de ce dernier.

— Donc, laissez-moi résumer, monsieur Kazinski, pour voir si j’ai tout bien compris. Vous êtes un voyageur temporel, vous avez combattu une liche millénaire avec Zach dans la version précédente de ce mois, dont je ne peux me souvenir, votre âme s’est vue endommagée et vous ne pouvez, de façon fort pratique, pas me faire la démonstration de vos incroyable talents magiques, et vous désirez mon aide pour sauver Zach des griffes maléfiques de Tesen, son tuteur légal, qui est secrètement derrière sa disparition récente, malgré le fait qu’il ait lui-même organisé une recherche nationale pour le retrouver.

Zorian y réfléchit, pendant une seconde.

— Oui, c’est exactement ce que je dis, acquiesça-t-il.

— Sortez de mon bureau.

 

___

 

 

Ilsa étudia prudemment le tas de papiers en face d’elle, une main sur le menton, l’autre tapotant le bureau dans un rythme constant.

Zorian attendit patiemment qu’elle finît de lire. Si cela ne fonctionnait pas, il devrait alors prendre un risque et chercher de l’aide sur le marché noir. Traiter avec des criminels tout en étant techniquement impuissant était un énorme pari, mais il ne pouvait pas y faire grand-chose. Il devait découvrir ce qu’il en était de Zach.

— Alors, tout ce que j’ai à faire, c’est lancer ce sort pour vous, et vous en donner les résultats ? finit-elle par demander, le regard légèrement suspicieux.

— C’est exact, confirma Zorian.

— Cela ressemble à un sort de pistage, nota-t-elle.

— Parce que c’est un sort de pistage.

Elle leva un sourcil.

— Oserais-je demander ce qu’il est supposé pister ? tenta-t-elle.

— C’est quelque peu personnel, dit-il, en faisant de son mieux pour avoir l’air désespéré et déprimé. J’ai peur que mon ami ait disparu. S’il vous plaît, miss Zileti, vous savez que je ne suis pas un élément perturbateur, et je ne demande pas grand-chose. Ce… Ce serait réellement d’une importance capitale à mes yeux !

Ilsa renifla froidement dans sa direction.

— Hmpf. Il va falloir travailler votre jeu d’acteur, monsieur Kazinski, lui annonça-t-elle. Ceci mis à part… Professeur Chao m’a averti d’une étrange petite visite de votre part, récemment.

Ugh. Zorian était vraiment mécontent que Xvim n’eût pas voulu croire à ce qu’il lui disait. Apparemment, être un dieu en magie avait lourdement à voir avec le fait de le convaincre. Bon, le convaincre rapidement, en tout cas. Il pourrait probablement user la réticence de son mentor avec du temps et des efforts, mais il ne voulait pas attendre si longtemps pour résoudre ce problème.

— Cet ami pourrait-il être Zach Noveda, peut-être ? tenta Ilsa après un bref silence.

— Il se pourrait, fit Zorian en haussant les épaules.

— Zorian… soupira le professeur en croisant ses doigts devant elle. Mis à part le fait que je n’ai jamais vraiment entendu que vous étiez proche de monsieur Noveda par le passé… et si vous aviez raison ? Et si Zach avait réellement été enlevé par son tuteur et emmené quelque part ? Je lance le sort pour vous, je vous donner sa localisation. Qu’en faites-vous ? Comment un étudiant dans une académie de magie pourrait-il espérer gérer les gardes et les mesures de sécurité forcément présents à cet endroit, et sauver Zach ?

Zorian débattit intérieurement sur les mérites de lui expliquer que son plan était de simplement embaucher des mercenaires du marché noir pour effectuer ce qu’il ne pouvait faire lui-même, mais décida finalement de ne rien en faire. Il n’avait aucune vraie excuse quant à la façon dont il trouverait l’argent nécessaire à leur solde, ou comment il pourrait juger lesquels seraient dignes de confiance ou capables de l’aider.

— Vous n’avez pas à vous inquiéter pour ça, lui dit-il simplement en souriant de façon rassurante. J’essaye juste de retrouver un ami. Je suis sûr que ce ne sera pas si difficile.

Elle répondit par une expression pas amusée du tout. Ouais, il aurait juste dû commencer par aller sur le marché noir, tout compte fait…

Mais à l’opposé de ses attentes, elle ne le jeta pas simplement dehors.

— Donnez-moi deux jours, ok ? finit-elle par décider. Il faut que j’en parle avec la direction de l’Académie.

— Huh ? S’étonna Zorian, surpris. Je ne suis pas sûr de comprendre. Pourquoi devriez-vous faire remonter cette histoire si haut ? C’est juste un sort de pistage…

— Et vous laisser prendre la grosse tête et disparaître également ? Je ne pense pas, monsieur Kazinski, objecta Ilsa sur un ton ferme. Si j’accepte de vous aider, autant y aller à fond. Vous savez… Monsieur Noveda est un étudiant de notre institution, et il est parfaitement dans nos droits de tenter de le retrouver s’il disparaît.

Elle repoussa le tas de papiers vers lui, et y tapota deux fois, pour se donner plus d’emphase.

— Maintenant… conclut-elle, expliquez-moi de quelle façon ce sort fonctionne exactement, et en quoi pensez-vous qu’il va permettre de retrouver monsieur Noveda lorsque tant de professionnels ont échoué.

 

___

 

Il était fascinant de voir à quelle vitesse l’Académie pouvait se mobiliser lorsqu’elle s’intéressait vraiment à un sujet. Peut-être parce que la Maison Noveda possédait un allié secret dans ses rangs, ou encore parce que ses dirigeants voyaient la situation comme une chance de gagner une réputation bien méritée, mais ils assemblèrent réellement une équipe destinée à se rendre sur les lieux que Zorian leur indiqueraient.

Il mentirait en disant qu’il n’était pas un peu intimidé par l’attention soudainement dirigée sur lui. D’une part, il n’était pas totalement certain que le sort allait fonctionner. Il en était personnellement convaincu, mais il était toujours possible que la disparition de Zach était bel et bien une sécurité de la boucle temporelle et qu’il ne pourrait être retrouvé, peu importaient les efforts. Et il allait être très embarrassé si cela se produisait.

Heureusement, le sort fonctionna à la perfection. Zach était à l’extérieur de Cyoria, dans l’une des plus petites propriétés privées, et une dont Tesen n’était pas propriétaire, mais connectée à sa famille si l’on y regardait de plus près. Le groupe assemblé par l’Académie se rua immédiatement sur place, produisirent des autorisations officielles relevant des autorités de la ville lorsqu’ils furent interrogés sur la raison de leur présence, et purent entrer sans être retenus. Il y avait des gardes, bien sûr, mais ils n’étaient apparemment pas payés suffisamment pour affronter une force en supériorité numérique appartenant à une institution renommée, et décidèrent très rapidement de ne pas s’en mêler. Le sous-sol secret dans lequel Zach était retenu était vraiment bien scellé et camouflé, mais comme Zorian était présent pour servir de détecteur vivant, le découvrir fut d’une facilité déconcertante.

Zach était dans un coma induit par les dégâts infligés à son âme, exactement comme Zorian s’y attendait. À cause de son incapacité à lancer le moindre sort, y compris des sorts de diagnostic, il ne pouvait pas s’assurer de la raison pour laquelle Zach avait fini dans un état pire que le sien, mais il avait ses doutes. Le contrôle de Zach sur son âme n’était pas aussi poussé que celui de Zorian, et il n’était en outre pas aussi discipliné mentalement. S’il s’était éveillé plus tôt comme Zorian et avait dû se battre pour rester éveillé afin d’empêcher son âme de devenir folle…

Bon. Même Zorian trouvait que c’était un combat très compliqué à mener.

Dans tous les cas, Zorin avait maintenant un nouveau problème sur les bras. Bien qu’il eût été d’une importance capitale dans la traque de Zach, il ne pouvait maintenant accéder à son corps inconscient ! La découverte de l’adolescent provoqua une ruée des médias qui n’allait pas diminuer de sitôt, et il fut transféré dans un hôpital luxueux, sous garde stricte. Zorian n’était pas un membre de la famille et ne possédait pas d’autre lien avec l’héritier Noveda… De nombreuses personnes se mirent à s’interroger sur son implication dans tout ça. L’Académie était de son côté, pour l’instant, mais Ilsa lui conseilla de laisser faire les choses, la situation étant délicate à gérer. Tesen tentait de s’éloigner de l’affaire, niant amèrement avoir un lien avec le coma de Zach ou son emprisonnement hors de Cyoria, et sa faction poussait vigoureusement afin que Zorian fût arrêté et interrogé avec insistance.

Peu importait. Même si Zorian avait pu voir Zach, qu’aurait-il fait de son corps inconscient ? Avant de lui rendre visite à l’hôpital, il devait découvrir comment accélérer sa guérison. Qui savait combien de temps il faudrait à Zach pour s’éveiller, s’il était laissé seul à la merci de sa capacité naturelle de récupération ? Heureusement, il y avait bien une chose qu’il pouvait faire avec ses capacités actuelles.

Sudomir, comme de nombreux nécromanciens, finissait souvent par endommager son âme, de diverses façons possibles, lorsqu’il pratiquait son art. Aussi avait-il investi une quantité phénoménale de ressources afin de trouver des méthodes visant à accélérer sa récupération, et Zorian s’était assuré de voler la plupart d’entre elles durant leurs interrogatoires. Un paquet de ces solutions étaient de purs exercices magiques personnels qui n’étaient utiles qu’à un mage de l’âme, ou des rituels complexes qu’il était incapable de lancer en l’état actuel des choses. Seulement, un petit nombre sortaient du lot sous la forme de potions, pouvant être administrées à autrui.

Et l’alchimie ne nécessitant pas de mise en forme du mana, son handicap actuel ne l’empêchait pas le moins du monde de s’y adonner. Tant qu’il était capable de trouver les ingrédients nécessaires, il serait capable de créer ladite potion.

Trouver les ressources qui étaient à la base d’une potion si exotique était tout sauf simple, bien entendu. La plupart n’étaient même pas vendues sur le marché, et même si elles l’avaient été, Zorian ne disposait pas de suffisamment de fonds pour se les procurer. Il avait songé à faire main basse sur les caches des envahisseurs une fois encore, mais son manque de magie lui aurait fait prendre des risques bien plus importants qu’à l’accoutumée. De plus, il avait déjà attiré suffisamment d’attention sur sa personne, et sortir pour une petite promenade nocturne n’était sans doute pas des plus malins. Aussi finit-il par amasser les fonds d’une autre manière – il acheta quelques matériaux bruts avec l’argent qu’il possédait, en fit naître quelques potions rares et délicates, les vendit, et recommença pendant une semaine complète, temps qu’il lui fallut pour acheter ce qu’il désirait réellement, puis prit une semaine de plus afin de poursuivre lesdites ressources en passant principalement par le marché noir. Suite à quoi, il put finalement finir les potions nécessaires.

Le résultat vint sous la forme de trois différentes bouteilles, l’une contenant un liquide blanc et laiteux, une autre un sirop rouge sang qui avait l’air de bouillonner en permanence, et la dernière une pilule d’un noir d’encre qui flottait au milieu de la fiole comme si elle ne pesait rien.

Il empocha les trois et partit en direction de l’hôpital dans lequel Zach était soigné. Il n’était toujours pas autorisé à lui rendre visite, mais qui s’en préoccupait ? Grâce à l’utilisation stratégique de bombes soporifiques et autres potions handicapantes, il parvint à arriver à la chambre où sommeillait son ami, après quoi il lui fourra de force les trois remèdes dans la bouche, l’un après l’autre.

Il quitta les lieux aussitôt après. Il faudrait un moment aux potions pour démontrer un quelconque effet, et il était de bon ton de ne pas se trouver dans la chambre lorsque les gens allaient trouver la piste de corps inconscients qu’il avait laissés dans son sillage.

 

___

 

La nouvelle de la seconde attaque sur Zach, ayant eu lieu à l’hôpital, souleva une nouvelle vague de controverse et plusieurs annonces officielles de la part de l’hôpital et des autorités, jurant que l’auteur du crime serait retrouvé et arrêté. En considérant que pas même les pires détracteurs de Zorian ne semblaient vouloir lui imputer ce méfait, il doutait fort que cette promesse allait être un jour respectée. Un détail amusant, cela dit, voulait que l’hôpital eût déclaré avoir déjà attrapé le criminel sur le fait, ce qui expliquait que Zach ne fût pas blessé dans l’attaque.

Tout en patientant pour voir si les résultats de son intervention allaient produire des résultats, Zorian rechercha du côté d’Alanic, pour découvrir ce qui lui était arrivé, car le prêtre était l’une des forces les plus fiables en matière de magie de l’âme. Malheureusement, Zorian étant incapable de se téléporter et occupé avec l’affaire de Zach, il n’était pas intervenu pour sauver Alanic des assassins de Sudomir, et le temps qu’il vérifiât la situation, le prêtre était déjà mort. Frustrant. Cela le fit s’interroger sur la façon dont ces assassins étaient même capables de l’abattre, de tuer un combattant du calibre d’Alanic. Enquêter sur ce cas révéla qu’il se faisait essentiellement attaquer pendant son sommeil, sans même réaliser ce qui arrivait vraiment. C’était… logique, ouais. Si Zorian sauvait Lukav, Sudomira paniquait et attaquait Alanic prématurément, tentant de le tuer par la force brute avant que son ami ne pût le contacter pour l’avertir. Si le meurtre de Lukav se passait bien, Sudomir agissait selon ses plans habituels, avec précaution.

Dans tous les cas, le traitement de Zach produisit les résultats escomptés. Quatre jours après l’intrusion, l’héritier Noveda s’éveilla. Peu après ça, il demanda à voir Zorian, ce qui empêcha plus ou moins l’hôpital de l’empêcher de se rendre auprès de son ami.

— Comment te sens-tu ? demanda Zorian.

— Comme une merde, grogna Zach en regardant Zorian d’un air suspicieux. J’ai entendu que tu es celui qui m’a pisté après que mon trou de balle de tuteur ait juste fourré mon corps inconscient dans une cave. Je suppose que je devrais te remercier pour ça, mais… Comment peux-tu être en si bonne forme ? Tu n’as pas été pris dans l’explosion, ou quoi ?

— Tu sais que nous sommes probablement écoutés, n’est-ce pas ? nota Zorian.

— Et ? Monte une barrière privée, et fin du problème, lui dit Zach.

— Je ne peux pas, soupira Zorian. Je ne peux lancer aucun sort en ce moment.

Zach resta silencieux pendant quelques secondes.

— Ah, dit-il finalement. Je suppose que tu ne vas pas aussi bien que tu sembles paraître. Tu ne souhaites peut-être pas entendre ça, mais ça me fait plaisir. Genre, tu sais, je préfère qu’on souffre ça à deux plutôt que d’avoir à y passer tout seul.

— Enfoiré, lui répondit Zorian, bien qu’il s’eût agi d’une remarque plus amicale qu’autre chose.

— Ouais, ouais… Mais sérieusement, pourquoi es-tu déjà capable de marcher librement, alors que je ne peux même pas me lever sans dégueuler aux quatre coins de la pièce ?

— Je n’en suis pas sûr, mais… Te souviens-tu peut-être t’être réveillé dans ta chambre, l’espace d’un instant, avant de sombrer à nouveau à cause de la douleur ?

Zach grimaça.

— C’est un peu compliqué, de se souvenir de ça. Peut-être ?

— Hm… Eh bien, nous allons devoir continuer à parler de ça quand tu seras sorti de l’hôpital, trancha Zorian. Peux-tu estimer le temps qu’il te faudra pour récupérer totalement ?

— Je n’en sais rien, fit Zach en fronçant les sourcils. Cinq mois ? Quelque chose comme ça.

Zorian soupira de soulagement. Bien que la condition de Zach fût pire que la sienne, il semblait que ce n’était pas si grave…

— Y a-t-il quelque chose d’urgent dont tu aies besoin ? lui proposa-t-il alors. Comme tu peux l’imaginer, ma capacité à acquérir des choses est quelque peu limitée en ce moment, mais je ferai de mon mieux.

— Tout ce dont j’ai besoin, c’est de sortir de ce foutu hôpital, grommela Zach. Mais je ne pense pas que ça arrive avant la fin de ce mois, si je me fie à ce que j’ai entendu, et pas plus toi que moi n’avons les capacités de leur forcer la main actuellement.

Et il avait raison. Il passa le reste du mois coincé dans cette chambre, tandis que Zorian devait esquiver les questions de plus en plus pressantes et personnelles sur son implication dans « l’affaire Zach ».

Heureusement, avant que les choses ne pussent vraiment finir hors de contrôle, le festival arriva et le mois se termina.

 

___

 

Les cinq itérations suivantes furent plutôt axées sur la détente. Leurs âmes si lourdement endommagées et leurs magies handicapées, Zach et Zorian ne purent rien faire de particulièrement dangereux ou stressant, à moins de vouloir ralentir le rythme de leur récupération totale – ou pire, rendre les dégâts permanents.

Fût-il Zach ou Zorian, ils n’eurent d’autre choix que de patienter le temps nécessaire à la guérison de leurs âmes, et ils laissèrent tomber toute folie, décidant de prendre le temps de s’amuser et de travailler sur d’autres choses plus faciles. Une part de Zorian était totalement atterrée de devoir s’arrêter ainsi avec le temps qui filait sans retour, mais se forcer ne leur ferait rien gagner tout en leur faisant prendre d’énormes risques, aussi fit-il de son mieux pour se réprimer.

Etonnamment, voir son âme endommagée fut en réalité une bénédiction pour Zorian et sa perception de l’âme, ainsi que la magie de l’âme en général. Cela lui permit de cartographier son âme avec une précision bien plus grande que ce qu’il avait pu faire jusqu’alors. Sa compréhension du fonctionnement d’une âme fit un bond en avant ; il y avait des choses qu’il n’avait pas pu étudier et qui étaient faciles à déduire en comparant une âme en bonne santé avec la même, couverte de dégâts. Il savait, depuis les interrogatoires de Sudomir, que les nécromanciens mutilaient parfois l’âme d’autres personne pour cette raison précise et afin d’améliorer leurs propres compréhensions de l’anatomie d’une âme, mais l’on ne pouvait jamais étudier l’âme d’autrui aussi bien que la sienne, et Zorian en profita au possible. Pour autant qu’il le sût, aucun mage n’était assez idiot pour endommager sa propre âme au niveau de ce qu’avaient subi celles de Zach et de Zorian. Leur opportunité actuelle était vraiment un miracle.

Bien que Zach commençât d’un niveau plus bas, ses compétences en matière de perception de l’âme firent un bond en avant pendant cette période, car il n’avait rien d’autre à faire qu’investir un temps incroyable dans cette étude. Encore plus que Zorian lui-même. Le fait qu’il eût terminé dans un état pire que celui de son ami l’avait convaincu d’y mettre tous les efforts nécessaires.

Mis à part la magie de l’âme, tous deux travaillèrent sur des exercices de façonnage basiques et jouèrent de façon poussée avec l’alchimie, seule discipline magique qui ne demandait pas d’utiliser la magie.

Ils ne tentèrent pas d’informer qui que ce fût de la boucle temporelle durant cette période. La plupart des notes et autres informations avaient été entrées dans la mémoire de l’orbe, et ils ne pouvaient y accéder pour l’heure. Ils interagirent avec un bon nombre de personnes avec qui ils avaient travaillé, mais principalement pour passer le temps.

Ils passèrent un mois entier à aller en classe comme de bons élèves, se rendant aussi humainement utiles que possible à chaque élève et chaque professeur qu’ils croisaient. Ils passèrent un mois à se transformer en plusieurs animaux à l’aide de potions et explorèrent la ville et ses environs à l’aide de sens étranges et de perceptions qui ne l’étaient pas moins. Ils voyagèrent tout autour d’Eldemar, s’y rendant en train, rien que pour visiter.

Et quand le dernier de ces mois de détente arriva sur sa fin, Zorian réalisa qu’il ne le regrettait pas. Bien qu’ils eussent perdu leur temps, même s’il n’allait leur rester que dix-neuf itérations jusqu’à l’effondrement, il était en paix.

— Nous devons vraiment tout donner dans les itérations à venir, annonça Zorian à Zach, un beau jour. Dix-neuf mois, ce n’est pas énorme, et nous ne savons pas si un truc pareil va arriver encore une fois. Si on se fait blesser de la sorte avec quelques mois en rab, ce serait la fin de tout. Tu penses qu’on devrait toujours jouer avec le feu après ça ?

— Oh que oui, putain, dit fermement Zach. Je veux dire, ouais, il nous a bien eu, cette fois, mais nous n’avons toujours pas trouvé de façon correcte de nous introduire dans le trésor royal sans son aide. D’ailleurs, tandis qu’il a fini par nous avoir en beauté, il nous a également appris un moyen radical de nous occuper de lui avec facilité.

— Oh ? s’intéressa Zorian. Et ce serait ?

— Tu vois, je pense que nous avons trop réfléchi aux choses, expliqua Zach. Au lieu de tenter d’attirer Quatach-Ichl dans un piège et l’inonder de golems et de mage alliés, nous aurions dû nous reposer sur notre propre puissance pour l’abattre. Enfin… Ta puissance, en l’occurrence. Je parle de magie mentale, bien sûr.

— Magie mentale ? s’étonna Zorian, un peu choqué. Mais avec son Esprit Vide actif…

— Xvim en avait un également et ça n’a pas arrêté ce tocard, rappela rapidement Zach. Ce serait tendu, mais si nous faisons les choses avec le bon timing et que je dispose d’un moment pour me concentrer, je suis certain que nous pouvons le frapper d’un désenchantement suffisamment puissant pour le dévêtir de sa protection mentale. Juste pour un souffle, mais ce serait suffisant pour toi, n’est-ce pas ?

— Je suis presque sûr que Quatach-Ichl possède d’autres mesures de défense concernant son esprit, essaya prudemment Zorian. Le fait qu’il fût capable de fouiller l’esprit de Xvim si rapidement au milieu d’un combat montre qu’il est doué. Très doué. Pourtant… Je ne pense pas qu’il soit un psychique, et la brève altercation mentale que j’ai eue avec lui ne m’a pas impressionné. Je suppose que je pourrais le faire, oui.

— Non, ça va fonctionner, insista Zach. Ta magie mentale est terrifiante, et je parie que ça fait des siècles qu’il n’a pas eu affaire à un mage mental naturel le prenant pour cible. Je veux dire, un mage qu’il ne peut pas tuer en moins d’une seconde. Tant que nous pouvons l’empêcher de te massacrer avant que tu finisses de subvertir son esprit, ça fonctionnera à merveille.

— Tu dis ça comme s’il s’agissait du truc le plus simple au monde, soupira Zorian. Mais tu as raison, c’est vraiment une idée intéressante. Certainement meilleure que sauvagement chercher une solution aléatoire comme on l’a fait jusqu’à présent. Je le suspecte d’avoir fait en sorte que son âme se rende à son phylactère si ses défenses se brisent, cela dit. C’est ce qui me fait le plus peur.

— Et ça veut dire que nous aurions ce que nous désirons, sans même combattre son esprit. Nous ne voulons que la couronne, lui foutre une raclé, ce n’est qu’un agréable bonus.

Zorian supposa qu’il avait raison.

 

___

 

Le mois suivant, ils décidèrent de retourner au travail et de mettre leurs plans sur les rails. Leurs âmes étaient totalement guéries, et renforcées par cette expérience malheureuse, et ils n’avaient pas de temps à perdre. Aussi établirent-ils rapidement un contact avec Koth et Xlotic, récupérèrent l’orbe, volèrent la Perle d’Aranhal, et se rendirent en direction de Blantyrre avec leur nouvelle acquisition.

Ce serait un long et dangereux voyage. Blantyrre était le continent le plus vaste du monde, mais séparé par un océan extravagant du port humain le plus proche. Simplement s’assurer qu’ils gardaient le bon cap était déjà un problème en soi, les étendues d’eau infinies ne leur donnant que très peu de données sur leur direction générale, et aucun d’eux n’étant un navigateur vétéran. En plus de ça, le chemin le plus court, qu’ils étaient plus ou moins forcé d’emprunter, passait un peu trop près à leur goût d’une île peuplée de dragons, par centaines. Elle avait été baptisée, par une personne à l’imagination débordante, Ile des Dragons.

Les dragons n’étaient en règle générale pas très amicaux avec les humains, et ceux de cette île-là étaient spécialement belligérants. Non seulement tuaient-ils les humains qui tentaient de débarquer sur l’île elle-même, mais patrouillaient activement ses environs à la recherche de navires de passage. S’ils en repéraient le moindre, ils demandaient des droits de passage exorbitants en échange des vies de l’équipage. Le navire volant de Zach et Zorian était très voyant, et les dragons étaient connus pour être capricieux dans le meilleur des cas. Il était sage de se préparer au combat, juste au cas où, et un dragon était toujours une horreur à affronter.

En plus de ça, quelques monstres marins étaient également célèbres pour leur capacité à attaquer les navires volants en leur envoyant des jets d’eau et d’énergie du moment qu’ils osaient les survoler. Cela n’arrivait pas souvent, et la Perle d’Aranhal flottait à une altitude importante, mais ça signifiait que Zach et Zorian ne pouvaient jamais vraiment se reposer et devaient rester sur le qui-vive en permanence, en attente de problèmes potentiels.

Pourtant, les choses allaient à nouveau de l’avant, en direction des choses importantes. Ils allaient à nouveau tenter de voler la dague et la couronne… et se préparaient à localiser le bâton impérial.

Pendant ce temps, ils étaient également sur le point d’établir le contact avec Quatach-Ichl. Il était temps de négocier un marché…

Raka
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